Synopsis

À Toronto, en 1895, le détective William Murdoch (Yannick Bisson), de la station de gendarmerie no°4 de Toronto, met à profit les plus récentes techniques scientifiques, telles que l’analyse d’empreintes digitales ou la balistique, afin de résoudre les meurtres les plus complexes de la ville. William Murdoch et ses collègues, soit son patron sceptique, l’inspecteur Brackenreid (Thomas Craig), la médecin légiste (et sa future épouse), Dre Julia Ogden (Hélène Joy), son bras droit naïf, George Crabtree (Johnny Harris), sa pathologiste, Dre Emily Grace (Georgina Reilly), et l’assistante du Dr Ogden, Rebecca James (Mouna Traoré), résolvent des crimes en se servant des découvertes scientifiques de la fin du 19e et du début du 20e siècle.

La série présente des costumes et des décors historiquement conformes, ainsi que des intrigues inspirées de faits vécus tout en proposant une perspective moderne sur, par exemple, l’égalité raciale ou les droits de la femme. Bon nombre de personnages historiques romancés apparaissent en outre dans la série, tels que Nikola Tesla, Alexander Graham Bell, sir Arthur Conan Doyle, sir Winston Churchill et sir Wilfrid Laurier. L’émission met également au premier plan les avancées scientifiques et sociales de l’ère victorienne. Nommons parmi celles-ci le courant électrique alternatif, le téléphone et le droit de vote pour les femmes. Chaque épisode est basé sur un mystère à résoudre, mais emploie également des éléments comiques, d’aventures, fantastiques et romantiques.

Contexte de production

Le personnage de William Murdoch s’inspire d’un vrai détective torontois du nom de John Wilson Murray, qui devient le premier « détectif du gouvernement » de la ville en 1875. Ce dernier emploie à l’époque des techniques telles que l’analyse d’empreintes digitales (appelées autrefois « dermatoglyphes ») et d’échantillons sanguins pour résoudre les affaires qui lui sont proposées. Ses enquêtes le font voyager à travers la province, et il se rend jusqu’en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

En 2004 et 2005, Except the Dying, Under the Dragon’s Tail et Poor Tom is Cold,trois romans de Maureen Jennings, sont adaptés par Shaftesbury en trois téléfilms diffusés sur City TV, avec Peter Outerbridge dans le rôle du détective Murdoch. Tournés à Winnipeg, les films proposent un portrait sombre et brut du crime à Toronto pendant l’ère victorienne, soulignant le contraste entre la société digne et guindée et la misère de ses bas-fonds. La productrice Christina Jennings (qui n’est pas apparentée à l’auteure), de la compagnie de production torontoise Shaftesbury, est d’avis que l’histoire ferait une bonne série télévisée. En 2007, Shaftesbury commence donc la production de Les Enquêtes de Murdoch pour City. Peter Outerbridge ayant entre-temps décroché le rôle principal de la série de science-fiction ReGenesis, c’est Yannick Bisson qui hérite de celui de Murdoch.

Chaque épisode est inspiré, à degrés divers, de faits vécus. Les auteurs de la série effectuent des recherches sur les grands événements internationaux de chaque année où se situe l’histoire, en quête de découvertes scientifiques ou de nouvelles qui pourraient alimenter leurs intrigues. Ils s’inspirent en outre de vrais crimes. Les scénarios varient largement : de l’exact au farfelu, de l’intrigue politique ou d’affaires aux Martiens et aux zombies, mais toujours en demeurant dans le contexte de l’ère victorienne. Puisqu’il ne reste plus suffisamment d’architecture d’époque à Toronto pour les besoins de la production, beaucoup de scènes sont filmées à Hamilton, à Cambridge ou à Guelph, et des images générées par ordinateur servent à l’occasion à recréer de manière réaliste le Toronto de l’ère victorienne.

Historique et cotes de la série

La première de Les Enquêtes de Murdoch est diffusée le 24 janvier 2008 sur City TV. Elle passe également au Royaume-Uni sur Alibi, une chaîne dédiée aux séries policières. Des diffuseurs de la Finlande, de la France, de la Chine et d’autres pays s’intéressent à la série les uns après les autres. En plus de son succès grandissant sur le marché international, Les Enquêtes de Murdoch attire de plus en plus de téléspectateurs dévoués au Canada. Malgré que la série change constamment de créneau horaire, elle rejoint en moyenne 500 000 spectateurs par épisode lorsqu’elle atteint sa 4e saison.

Alors que la cinquième saison est en production, toutefois, City TV annonce qu’il s’agira de la dernière de la série. Claire Freeland, directrice du contenu original et du développement chez Rogers Media, déclare : « De notre point de vue, cela fait partie du cycle normal de la télévision… [Nous] sommes à la recherche de la prochaine émission qui nous donnera cinq belles années. »

En l’espace de deux mois, la CBC décide de reprendre la diffusion de la série, toujours produite par Shaftesbury. Selon Trevor Walton, directeur général du contenu scénarisé et commandé de la CBC, « Il s’agit d’une excellente émission dramatique canadienne, et le public est au rendez-vous depuis de nombreuses saisons. Lorsque nous avons entendu dire que la série serait probablement interrompue, nous avons eu très envie de l’intégrer au programme de la CBC, auquel elle paraissait être un ajout idéal. » C’est également en 2013 que la série commence à être diffusée aux États-Unis sur la chaîne artistique Ovation sous le titre The Artful Detective.À ce moment, Les Enquêtes de Murdoch est diffusée dans près de 110 pays et territoires.

Les Enquêtes de Murdoch obtient un immense succès sur la CBC. Il s’agit de l’émission la mieux cotée après le hockey. En 2015, son public augmente pour atteindre un peu moins de 900 000 spectateurs par épisode, et est officiellement en 2016 la série télévisée de fiction la mieux cotée au Canada, avec une moyenne de 1,3 million de téléspectateurs. La série est également la plus populaire de la chaîne Alibi, au Royaume-Uni, et attire 3,5 millions de spectateurs en France. Elle semble toutefois moins appréciée du public des États-Unis.

Accueil de la critique et exposition des adeptes

La série reçoit des critiques mitigées. John Doyle, du Globe and Mail, écrit que l’émission « est un divertissement charmant, à la fois satisfaisant et peu exigeant, qui pourtant n’a clairement pas été conçue pour un public futile ». Ed Conroy, du BlogTO, décrit la série comme « une émission policière spirituelle au style semblable à Downton Abbey, mais à la manière de Les Experts mêlée à Doctor Who, avec une pincée de MacGyver pour faire bonne mesure ». Vinay Menon, du Toronto Star, en revanche, n’est pas convaincu de l’exactitude historique de l’émission ni de la crédibilité des méthodes de Murdoch. « Résoudre un meurtre? écrit-il. Je ne suis pas sûr que le détective Murdoch soit en mesure de compléter un mot croisé. » Il poursuit en affirmant que le véritable mystère de la série, c’est : « Comment ne pas regarder l’émission sans invectiver sa télévision? »

La série s’attire malgré tout nombre d’adeptes loyaux, avec plus de 118 000 mentions « J’aime » sur Facebook et plus de 85 000 abonnés sur Twitter. En 2012, des adeptes de la série inaugurent l’exposition Murdoch Mysteries Experience, destinée aux membres de la Murdoch Mysteries Appreciation Society. On dénote 46 personnes qui y prennent part. En 2015, ce sont 250 adeptes de toutes origines qui se déplacent pour venir voir l’exposition, et 2 500 autres participent à un événement d’une durée de 2 jours, comprenant entre autres une visite guidée des plateaux de tournage et une séance rencontre avec les acteurs de la série.

Apparitions de célébrités et épisodes spéciaux

Plusieurs invités de marque apparaissent dans la série, parmi lesquels le premier ministreStephen Harper, Victor Garber, William Shatner, ainsi que Brendan Coyle et Samantha Bond de l’émission Downton Abbey. Bien que l’histoire se déroule surtout à Toronto, il arrive que l’on se déplace à travers le pays. Le premier épisode de la cinquième saison est filmé à Dawson sous le thème de la ruée vers l’or. Afin de profiter de subventions de l’Ouest canadien, la série comprend un épisode dans lequel Murdoch résout un meurtre à Drumheller, en Alberta. L’un des épisodes de la série est en outre tourné sur l’un des derniers navires édouardiens fonctionnels, le SS Keewatin. Des images générées par ordinateur sont utilisées pour donner l’impression qu’il « navigue » sur le lac Ontario. La série se déplace ensuite sur la côte est, à Terre-Neuve, pour un épisode conjoint avec la série de la CBC Republic of Doyle. Les Enquêtes de Murdoch se déplace aussi à l’international, notamment en 2010 pour un épisode se déroulant à Bristol, en Angleterre.

Tandis que la série gagne en popularité, ses producteurs cherchent de nouveaux moyens de faire vivre aux adeptes des expériences d’immersion. En 2016, Les Enquêtes de Murdoch s’allie à Secret City Adventures pour créer un jeu d’évasion à thématique Murdoch à la George Brown House. Shaftesbury produit également des jeux d’enquête en ligne inspirés de la série, comme The Infernal Device. Ces deux expériences utilisent à la fois des clips vidéo et du jeu en direct pour permettre aux adeptes de se mettre dans la peau d’un détective et d’aider l’équipe de Murdoch à résoudre une affaire.

Héritage

Les Enquêtes de Murdoch prouve que la reprise à saveur domestique d’une formule à succès peut s’avérer une réussite, tant au pays qu’à l’international. En 11 saisons, la série cumule 25 nominations aux prix Gémeaux, 13 nominations aux prix Écrans canadiens et 10 nominations pour le prix de la Guilde canadienne des réalisateurs. Du fait de son impact national et international, attirant des millions de téléspectateurs dans plus d’une centaine de pays, Les Enquêtes de Murdoch est nommée l’une des 50 séries les plus influentes par la compagnie de recherche suisse The Wit.

Dans sa tentative d’agrandir la place des femmes derrière les caméras, la CBC annonce qu’elle s’engage à confier à plus de réalisatrices la production de Les Enquêtes de Murdoch comme d’autres séries télévisées. À partir de 2016, la moitié ou plus des réalisateurs de la série seraient des femmes, ou des femmes réaliseraient la moitié (ou plus) des épisodes. En novembre 2017, la CBC commence la diffusion de Frankie Drake Mysteries, une série policière aux rôles essentiellement féminins produite par Shaftesbury et se déroulant à Toronto dans les années 1920.

Prix

Prix Gémeaux

  • Meilleure interprétation pour un acteur invité, Séries télévisées (Gavin Crawford) (2008)
  • Meilleure bande de son originale pour une émission ou une série (Robert Carli) (2008, 2009)

Prix Écrans canadiens

  • Meilleur maquillage (Debi Drennan) (2015)
  • Meilleure conception de costumes (Alex Reda) (2015)
  • Meilleure réalisation dans une série dramatique ou une minisérie (Michael McGowan) (2017)
  • Meilleur scénario dans une émission dramatique (Peter Mitchell) (2017)

Autres

  • Excellence du montage sonore, Télévision (Mark Beck, Jonas Kuhnemann, Richard Calistan, Joseph Doane), Prix de la Guilde canadienne des réalisateurs (2010)