Roméo Dallaire

Roméo Antonius Dallaire, OC, CMM, GOQ, militaire, défenseur de la paix, humanitaire, sénateur de 2005 à 2014 (né le 25 juin 1946 à Denekamp, aux Pays-Bas). Roméo Dallaire a servi avec distinction dans les Forces armées canadiennes. En 1994, il dirige la mission de maintien de la paix de l’Organisation des Nations Unies (ONU) au Rwanda, où il est témoin du génocide. Il est tellement affecté par cette expérience qu’il se porte à la défense des victimes des guerres et conflits à l’échelle mondiale. Son témoignage sur le génocide rwandais, Shake Hands With the Devil: The Failure of Humanity in Rwanda (2003; trad. J’ai serré la main du diable : La faillite de l’humanité au Rwanda, 2003) a remporté le prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Études et essais. Roméo Dallaire est fait Officier de l’Ordre du Canada en 2002 et Grand officier de l’Ordre national du Québec en 2005. De 2005 à 2014, il siège aussi au Sénat du Canada. En 2021, il est intronisé à l’Allée des célébrités canadiennes.

Roméo Antonius Dallaire, OC, CMM, GOQ, militaire, défenseur de la paix, humanitaire, sénateur de 2005 à 2014 (né le 25 juin 1946 à Denekamp, aux Pays-Bas). Roméo Dallaire a servi avec distinction dans les Forces armées canadiennes. En 1994, il dirige la mission de maintien de la paix de l’Organisation des Nations Unies (ONU) au Rwanda, où il est témoin du génocide. Il est tellement affecté par cette expérience qu’il se porte à la défense des victimes des guerres et conflits à l’échelle mondiale. Son témoignage sur le génocide rwandais, Shake Hands With the Devil: The Failure of Humanity in Rwanda (2003; trad. J’ai serré la main du diable : La faillite de l’humanité au Rwanda, 2003) a remporté le prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Études et essais. Roméo Dallaire est fait Officier de l’Ordre du Canada en 2002 et Grand officier de l’Ordre national du Québec en 2005. De 2005 à 2014, il siège aussi au Sénat du Canada. En 2021, il est intronisé à l’Allée des célébrités canadiennes.


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Jeunesse et début de carrière

Roméo Dallaire grandit dans l’est de Montréal. Il s’enrôle dans les Cadets de l’Armée en 1960, puis joint les Forces armées canadiennes en 1964. Il étudie au Collège militaire royal de Saint-Jean (CMR) et obtient un baccalauréat en sciences au Collège militaire royal du Canada, à Kingston. Il entreprend sa carrière militaire durant la Guerre froide et est affecté à la en 1970.

Carrière d’officier et de général

En 1986, Roméo Dallaire atteint le grade de colonel et est nommé directeur du programme d’équipement et de recherche de l’armée. Il supervise les systèmes de financement et de réquisition. Les propositions contenues dans le livre blanc qui en résulte, jugées inabordables, sont rejetées par le gouvernement en 1987. Ce résultat laisse présager les expériences que Roméo Dallaire vivra au cours de sa mission au Rwanda.

Devenu brigadier-général, il prend les commandes du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada à la BFC Valcartier au début des années 1990. La guerre du golfe Persique bat alors son plein et les Forces armées canadiennes vivent une période de plus grand engagement dans les missions internationales de maintien de la paix.

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Mission au Rwanda

En 1993, l’ONU examine la possibilité d’intervenir au Rwanda. Cette petite nation africaine densément peuplée est alors en train de négocier la fin d’une guerre civile entre le gouvernement et le Front patriotique rwandais (FPR). Les rebelles se trouvent derrière une zone démilitarisée contrôlée par des observateurs militaires neutres de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Le président de l’Ouganda demande à l’ONU de constituer un petit effectif afin de contrôler la frontière. L’objectif est de s’assurer que ni soldats ni armes n’entrent au Rwanda pour renforcer le FPR. (Voir Casques bleus canadiens au Rwanda.)

Roméo Dallaire est alors nommé commandant en chef de la Mission d’observation des Nations Unies Ouganda-Rwanda (MONUOR). Il s’agit d’une opération modeste. Dallaire, mandaté par l’ONU sur la base d’un contrat civil, est posté du côté ougandais de la frontière. Il est soutenu par un seul officier canadien, le major Brent Beardsley, et 81 observateurs militaires non armés. Peu de soutien leur est fourni. En effet, Dallaire demande 5 000 soldats de l’ONU, mais n’en reçoit que 2 600, un nombre qui sera rapidement réduit à 500.

Aucune de leurs expériences passées n’a préparé les Canadiens à ce qui se produit au Rwanda. Roméo Dallaire prévient ses supérieurs, aux quartiers généraux de l’ONU à New York, du massacre imminent de l’ethnie tutsie par des nationalistes extrémistes hutus. Il demande la permission d’agir afin de prévenir la multiplication de la violence et des massacres. Cependant, l’ONU leur interdit, à lui et aux soldats de l’ONU, d’agir avec plus de force contre l’escalade de violence. Le génocide se produit rapidement à très grande échelle. Durant les 100 jours qui séparent le 6 avril du 16 juillet, on estime à 800 000 le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants tués brutalement, dont plusieurs à coups de machette. Les victimes sont des Hutus modérés et des Tutsis.

La mission de l’ONU fait face à un défi majeur : elle tente d’utiliser les tactiques classiques du maintien de la paix, notamment la maîtrise des conflits par la diplomatie, et de ne recourir aux armes qu’à des fins d’autodéfense. Les directives traditionnelles de maintien de la paix s’avèrent terriblement inadaptées. Dans les règles d’engagement de la mission, Dallaire finit par obtenir le pouvoir d’utiliser la force, y compris la force létale, pour prévenir des « crimes contre l’humanité ». Il s’agit d’une percée importante, mais qui survient trop tard. Il s’agit d’un autre génocide qui n’aura pas été arrêté à temps.


Après le Rwanda

Roméo Dallaire est traumatisé par les horreurs du Rwanda. Il est en particulier affecté par le sort des enfants et l’apparente futilité de sa mission. À son retour au Canada, il souffre d’un trouble de stress post-traumatique, de dépression et d’insomnie. Il fait face à des pensées suicidaires, tente plusieurs fois de mettre fin à ses jours, s’isole de sa famille et de ses amis, et boit beaucoup. Malgré tout, il poursuit et termine sa carrière militaire en occupant des postes importants, dont celui de commandant du secteur du Québec de la Force terrestre, de sous-ministre adjoint (Ressources humaines - Militaires) et de conseiller spécial auprès du chef d’état-major de la Défense (Perfectionnement professionnel des officiers).

Depuis sa retraite des Forces armées canadiennes en avril 2000, Dallaire travaille à sensibiliser les Canadiens aux effets de la guerre. Il est nommé conseiller spécial auprès de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) sur les questions touchant les enfants victimes de la guerre dans le monde. Il est fellow au Carr Center for Human Rights Policy de l’Université Harvard et présente des recommandations au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international sur la non-prolifération des armes portatives. Par ailleurs, il se consacre également à éradiquer le recours aux enfants soldats dans les zones de conflits à l’échelle mondiale.


Livres

Roméo Dallaire raconte ses expériences au Rwanda dans le livre Shake Hands With the Devil: The Failure of Humanity in Rwanda (2003; trad. J’ai serré la main du diable : La faillite de l’humanité au Rwanda, 2003), grâce auquel il reçoit le prix Shaughnessy Cohen pour une œuvre politique de la Société d’encouragement aux écrivains du Canada en 2003 et le prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Études et essais en 2004. En plus d’avoir remporté de nombreux prix littéraires internationaux, le récit est aussi à l’origine du documentaire Shake Hands with the Devil: The Journey of Roméo Dallaire (J’ai serré la main du diable – Le retour de Roméo Dallaire au Rwanda), réalisé par Peter Raymont et sorti en 2004, qui remporte le prix de la catégorie World Cinema Documentary au festival du film de Sundance. Le livre fait également l’objet d’une adaptation cinématographique : Shake Hands with the Devil (J’ai serré la main du diable), qui met en vedette Roy Dupuis dans le rôle de Roméo Dallaire et est sorti en salle en 2007.

Le deuxième livre de Roméo Dallaire, They Fight Like Soldiers, They Die Like Children: The Global Quest to Eradicate the Use of Child Soldiers (2010; trad. Ils se battent comme des soldats, ils meurent comme des enfants : Pour en finir avec le recours aux enfants soldats, 2010) est suivi par son autobiographie Waiting for First Light: My Ongoing Battle with PTSD (2016; trad. Premières lueurs : Mon combat contre le trouble de stress post-traumatique, 2017), coécrit avec Jessica Dee Humphreys.


Honneurs

Roméo Dallaire reçoit de nombreux honneurs, dont la Croix du service méritoire, le prix Vimy, la médaille de la Légion du Mérite des États-Unis, la médaille Pearson pour la paix ainsi que de nombreux doctorats honoris causa. En 1987, il est fait officier de l’Ordre du Mérite militaire, dont il devient commandeur en 1996. En 2002, il devient Officier de l’Ordre du Canada. En 2005, le premier ministre Paul Martin le nomme membre du Sénat du Canada. La même année, il est fait Grand officier de l’Ordre national du Québec.

En mai 2014, Dallaire annonce sa démission du Sénat (qui prendra effet le 17 juin 2014), afin de se consacrer davantage à des causes humanitaires d’envergure internationale, notamment à sa mission personnelle qui vise « à arrêter et à prévenir le recrutement et le recours aux enfants à des fins de violence ». Il prévoit travailler en étroite collaboration avec le Secrétaire général des Nations Unies sur la prévention des génocides et au sein de la Commission internationale des droits de l’homme sur la question des crimes contre l’humanité.

En 2021, Roméo est intronisé à l’Allée des célébrités canadiennes dans la catégorie Humanitaire.

Voir aussi Casques bleus canadiens au Rwanda; Le Canada et le maintien de la paix.


Les oeuvres sélectionnées de
Roméo Dallaire

Lecture supplémentaire

  • Roméo Dallaire et Brent Beardsley, J'ai serré la main du diable : la faillite de l'humanité au Rwanda (2003).