Mouvement de tempérance au Canada

Le mouvement de tempérance était une campagne politique et sociale internationale du 19e siècle et du début du 20e siècle. Le mouvement était basé sur la conviction que l’alcool était responsable de nombreux maux de la société. Il faisait appel à la modération ou à l’abstinence totale d’alcool. Il a mené à la prohibition légale de l’alcool dans de nombreuses régions du Canada. Le Canada Temperance Act (Scott Act) de 1878 a offert aux gouvernements municipaux « l’option locale » de bannir la vente d’alcool. En 1915 et 1916, toutes les provinces, sauf le Québec, ont interdit la vente d’alcool à titre de mesure patriotique durant la Première Guerre mondiale. La plupart des lois provinciales ont été abrogées dans les années 1920 pour permettre aux gouvernements de contrôler les ventes d’alcool. Les sociétés de tempérance ont par la suite été vivement critiquées pour avoir nui à l’activité économique, et pour avoir encouragé la consommation d’alcool et le crime organisé.  

Le mouvement de tempérance était une campagne politique et sociale internationale du 19e siècle et du début du 20e siècle. Le mouvement était basé sur la conviction que l’alcool était responsable de nombreux maux de la société. Il faisait appel à la modération ou à l’abstinence totale d’alcool. Il a mené à la prohibition légale de l’alcool dans de nombreuses régions du Canada. Le Canada Temperance Act (Scott Act) de 1878 a offert aux gouvernements municipaux « l’option locale » de bannir la vente d’alcool. En 1915 et 1916, toutes les provinces, sauf le Québec, ont interdit la vente d’alcool à titre de mesure patriotique durant la Première Guerre mondiale. La plupart des lois provinciales ont été abrogées dans les années 1920 pour permettre aux gouvernements de contrôler les ventes d’alcool. Les sociétés de tempérance ont par la suite été vivement critiquées pour avoir nui à l’activité économique, et pour avoir encouragé la consommation d’alcool et le crime organisé.  


École du dimanche, groupe de l'

Groupe de l'école du dimanche presbytérienne Hillhurst, à Calgary, vers 1912-1916.
(avec la permission du Glenbow Museum/NA-1639-1)


Sociétés de tempérance

Les premières sociétés canadiennes de tempérance apparaissent vers 1827 dans le comté de Pictou, en Nouvelle-Écosse, et à Montréal. Initialement, ces groupes tolèrent la consommation modérée de bière et de vin. Cette concession s’est poursuivie au Québec, mais elle fait rapidement place à des appels à la prohibition totale d’alcool dans le reste du pays. Ces groupes qui encouragent la tempérance, l’abstinence et la prohibition sont tous communément appelés groupes de tempérance.

Les militants pour la tempérance ainsi que leurs alliés croient que l’alcool, surtout les spiritueux, constitue un obstacle au succès économique, à la cohésion sociale et à la pureté morale et religieuse. La lutte pour la tempérance est liée à d’autres efforts de réformes de l’époque, comme le mouvement du droit de vote des femmes. Elle est également motivée en partie par les croyances du mouvement Social Gospel. Vers 1848, l’organisation des Sons of Temperance, une société fraternelle et prohibitionniste, arrive au Canada en provenance des États-Unis. Il existe d’autres organisations du même genre, comme les Royal Templars of Temperance et le International Order of Good Templars. La plus importante société féminine de tempérance est la Woman’s Christian Temperance Union, un groupe américain. Sa contrepartie canadienne est fondée en 1874 par Letitia Youmans , de Picton, en Ontario. C’est l’une des rares organisations au sein desquelles les femmes peuvent jouer un rôle politique.

En 1875, les centaines de sociétés, d’organisations et de groupes religieux prohibitionnistes se réunissent à Montréal pour former une fédération, qu’ils nomment le Dominion Prohibitory Council. Un an plus tard, la fédération est renommée Dominion Alliance for the Total Suppression of the Liquor Traffic. Elle devient la principale force organisée des campagnes de prohibition au Canada. Cette alliance protestante à prédominance anglaise décourage la participation des francophones et des catholiques. Les catholiques, plus particulièrement les catholiques francophones, considèrent la prohibition comme une mesure extrême. La Ligue antialcoolique est formée en 1906, en tant que contrepartie de la Dominion Alliance. Elle soutient la restriction légale du commerce d’alcool, mais non la prohibition totale.

Rapport annuel de la WCTU

Rapport annuel de la WCTU avec la signature de Nellie McClung, 1890-1891.
(avec la permission des Archives du Manitoba, section Images fixes. Dossiers de la Womenду»s Christian Temperance Union, P4627)


Prohibition par vote

La juridiction sur le commerce d’alcool est partagée par les gouvernements (voir Répartition des pouvoirs). Les provinces peuvent interdire la vente au détail. Le gouvernement fédéral peut interdire la fabrication d’alcool, ainsi que le commerce de détail, le commerce de gros, et le commerce interprovincial.

Cependant, aucun des niveaux de gouvernements n’est enthousiaste à l’idée de la prohibition, car elle entraîne une perte des recettes fiscales et du soutien des partis. Les deux niveaux proposent une loi de compromis connue sous le nom « d’option locale ». Les gouvernements municipaux ont l’autorisation d’organiser des votes populaires pour créer des lois sur les questions litigieuses dans leurs régions. Ce processus est inscrit dans le Canada Temperance Act de 1878, aussi connu sous le nom de Scott Act. Il donne aux gouvernements municipaux le droit de tenir des votes pour interdire la vente d’alcool. Un effet non calculé de cette tactique est que les prohibitionnistes acquièrent de l’expérience politique en organisant des campagnes d’option locale et de référendums. Les prohibitionnistes remportent une importante victoire en 1901, lorsque le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard interdit la vente d’alcool au détail.

Pétition de 1893 de la Woman’s Christian Temperance Union

Pétition de 1893 de la Woman’s Christian Temperance Union (avec la permission des Archives du Manitoba, documents parlementaires LA 0009, GR0247, 32 Pétition d’A.M. Blakely et al. [de la Woman’s Christian Temperance Union] pour l’émancipation de la femme, 1893, G 7173).
Archives du Manitoba | Archives du Manitoba


Prohibition en tant que mesure de guerre

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, le mouvement de tempérance est presque à son apogée. La consommation d’alcool est relativement faible, même si elle avait commencé à augmenter après un demi-siècle de déclin; l’organisation et le financement du mouvement sont substantiels; et les gouvernements municipaux bannissent largement l’alcool par le biais des votes d’option locale. Au début de la guerre, la Dominion Alliance fait campagne avec succès pour la prohibition en tant que mesure patriotique, afin de préserver du temps et de l’argent en vue de soutenir l’effort de guerre. En 1915 et en 1916, toutes les provinces sauf le Québec interdisent la vente d’alcool. Le Québec interdit la vente au détail d’alcool distillé en 1919, mais seulement brièvement.

La prohibition en tant que mesure de guerre est de courte durée. L’interdiction fédérale de fabriquer, d’importer et de vendre de l’alcool expire peu de temps après la fin de la guerre. La plupart des lois provinciales sont abrogées dans les années 1920 pour permettre aux gouvernements de contrôler les ventes d’alcool. L’Île-du-Prince-Édouard est la dernière province à résister. Elle interdit la vente d’alcool jusqu’en 1948.

Pendant ce temps, les producteurs canadiens d’alcool trouvent aux États-Unis un marché important. Ce pays est sous prohibition fédérale de 1920 à 1933. Une loi enracinée dans l’ère de la prohibition, la Loi sur l’importation des boissons enivrantes de 1928, demeure intacte jusqu’en 2012. Elle est alors amendée par le Parlement fédéral pour permettre aux consommateurs de transporter des quantités limitées d’alcool pour un usage personnel lorsqu’ils traversent les frontières provinciales.

Chute du mouvement

Il existe plusieurs théories pour expliquer le déclin du mouvement de tempérance et l’échec des lois sur la prohibition. Ils ont été critiqués pour avoir nui à l’activité économique, pour avoir encouragé la consommation d’alcool (opposé de l’effet escompté), et pour avoir favorisé le crime organisé. Il est peut-être plus probable que des changements au sein de la société canadienne et dans le mouvement de tempérance aient en fait mené à sa chute.

Les travailleurs autonomes canadiens qui considèrent la tempérance comme une aide à la réussite économique constituent un pourcentage de plus en plus faible de la population. Ils sont remplacés par des travailleurs urbains salariés. Au sein du mouvement, la prohibition fournit l’occasion d’étudier attentivement les problèmes urbains. Ceci mène beaucoup de gens à conclure que ces problèmes sont dus davantage au système politique et économique qu’à l’alcool. Beaucoup quittent le mouvement pour s’adonner à d’autres formes d’activisme.

On croyait que le fait d’accorder le droit de vote aux femmes (voir Droit de vote des femmes) soutiendrait la prohibition, les femmes étant perçues comme favorables à la cause. Cependant, lors des référendums des années 1920, au cours desquels les femmes ont le droit de vote, le soutien pour la prohibition est en baisse constante. Le mouvement de tempérance est la créature d’une société qui s’effaçait déjà lorsque les victoires pour la prohibition ont été remportées.

Voir aussi : Letitia Youmans; Amelia Yeomans; Louise McKinney; Edith Jessie Archibald.