William A. White

William Andrew White, pasteur baptiste et aumônier militaire (né le 16 juin 1874 à King and Queen Court House, en Virginie; mort le 9 septembre 1936 à Halifax, en Nouvelle-Écosse). William White était un membre important de la communauté noire de Nouvelle-Écosse. Il a été aumônier du 2e Bataillon de construction, faisant de lui l’un des rares officiers noirs du Corps expéditionnaire canadien pendant la Première Guerre mondiale.



(avec la permission d'Anthony Sherwood)

Jeunesse

Les parents de William White sont tous deux d’anciens esclaves. Il naît pendant la période de reconstruction, après la guerre de Sécession. Dans les années 1890, William se rend à Baltimore, dans le Maryland, où il se joint à l’Union Baptist Church. Il déménage ensuite à Washington, DC, où il fréquente le Wayland Seminary. À Wayland, il rencontre Mary Blackadar, une diplômée de l’Université Acadia à Wolfville, en Nouvelle-Écosse. Celle-ci contacte l’Université Acadia et la Convention baptiste des provinces maritimes au nom de William White, qui est admis à l’université en 1899.

Pasteur baptiste

William White vient au Canada en 1900 pour étudier la religion à l’Université Acadia. Il obtient son diplôme d’Acadia en 1903 avec un baccalauréat ès arts en théologie (ou étude des croyances religieuses). Il est seulement le deuxième Noir à obtenir un diplôme de l’université. Après être devenu pasteur, William White travaille comme missionnaire, visitant des communautés et des églises noires dans toute la Nouvelle-Écosse. Il fonde aussi une deuxième église baptiste à New Glasgow. Puis, le 9 mai 1905, il devient ministre de la Zion United Baptist Church à Truro.

William White s’intègre rapidement à l’église et à la communauté. En 1906, il épouse Izie Dora White (aucun lien de parenté) de la localité voisine de Mill Village. Ils auront 13 enfants ensemble. William White devient un pasteur très populaire. Un moment fort de son passage à Zion United est la cérémonie officielle où sont brûlés les documents de l’hypothèque de l’église, en décembre 1910.

Service militaire

Durant la Première Guerre mondiale, on dissuade les Canadiens noirs de se joindre au Corps expéditionnaire canadien. Cependant, suite aux pressions de dirigeants de la communauté noire et au soutien de Canadiens blancs, le gouvernement permet la création d’une unité noire, distincte, en juillet 1916. Il s’agit toutefois d’une unité de soutien, non de combat.

Le rôle du 2e Bataillon de construction est de construire et réparer des tranchées, des routes, des ponts et des chemins de fer, entre autres tâches. Bien que le bataillon soit séparé, tous ses officiers sont blancs à l’exception du révérend White, qui devient l’aumônier de l’unité. Ceci fait de lui un des très rares officiers noirs du corps expéditionnaire canadien et de l’Empire britannique.. Toutefois, en tant qu’aumônier, William White est capitaine honoraire, et non un officier commissionné.


2e Bataillon de construction
(avec la permission du Musée de Windsor/P6110)


Le 2e Bataillon de construction s’embarque pour l’Angleterre en mars 1917. Ses effectifs étant insuffisants de 300 soldats, l’unité est réorganisée en tant que compagnie. En mai, le 2e Bataillon est déployé en France, où il sert près de la ville de Lajoux, dans les montagnes du Jura, près de la frontière suisse. Il y est attaché au District n° 5, Corps forestier canadien.

Certains soldats de la compagnie soutiennent quatre compagnies forestières en bûchant, en coupant et en transportant du bois. À l’époque, le bois est un matériau important pour construire des tranchées, des caillebotis, des plateformes de pièces d’artillerie, des boîtes de munitions et d’autres éléments. Une centaine d’autres membres de l’unité assurent l’entretien des routes de la région. De temps à autre, de petits groupes de soldats sont détachés de l’unité pour servir sur les lignes de front ou à proximité.

William White travaille fort et se soucie toujours du bien-être de ses soldats. Mais même en uniforme, les soldats noirs sont traités comme des citoyens de seconde classe. La compagnie est généralement la dernière à recevoir les approvisionnements, et parfois, ses soldats ne reçoivent pas le remplacement habituel de chaussettes et sous-vêtements. White signale que des unités voisines refusent de l’accepter comme aumônier, bien qu’elles n’en aient pas à leur disposition.

Après la guerre, White s’embarque pour Halifax avec le n° 2 en janvier 1919. L’unité est officiellement démantelée en septembre 1920.

Vie après la guerre

De retour au pays, William White devient pasteur de la Cornwallis Street Baptist Church à Halifax (rebaptisée New Horizons Baptist Church en mai 2018). En 1926, il devient secrétaire de la Halifax and Dartmouth Ministerial Association. Trois ans plus tard, il est élu modérateur de l’African United Baptist Association. Il conserve ce poste jusqu’en 1931.

Au début des années 1930, White lance une populaire série de diffusions radiophoniques de ses services religieux. Les émissions sont diffusées dans tout le Canada et le nord des États-Unis. Pendant la Crise des années 1930, il met sur pied un programme pour recueillir 2 500 $ par année afin de créer des écoles de commerces dans les églises noires.

En 1936, l’Université Acadia décerne à William White un doctorat honorifique en Divinité. La même année, il est réélu modérateur de l’African United Baptist Association.

William White meurt le 9 septembre 1936 à la suite d’une pneumonie.

Famille

Plusieurs des enfants de William White, ainsi que leurs descendants, sont devenus des personnes notables, notamment :

  • Sa fille Portia White, chanteuse d’opéra célèbre dans le monde entier;
  • Son fils William Andrew White III, C., compositeur, militant pour la justice sociale et premier Canadien noir à se présenter pour un poste politique fédéral;
  • Son fils Jack White, un chef syndical, et l’un des deux premiers Canadiens noirs à se présenter à un poste politique en Ontario;
  • Son petit fils Donald Oliver, R., premier Canadien noir nommé au Sénat;
  • Sa petite fille Sheila White, consultante en médias, militante et candidat politique;
  • Son petit fils Chris White, musicien folk;
  • Son petit fils Lorne White, enseignant, acteur et chanteur;
  • Son arrière petit fils George Elliott Clarke, O.C., N.S., poète, dramaturge, professeur et poète officiel d’université;
  • Son petit neveu Anthony Sherwood, acteur et réalisateur de documentaires.

Postérité

Selon les historiens, William White a atteint un « statut presque mythique » en tant que « leader universellement reconnu » de la communauté noire de Nouvelle-Écosse, au début des années 1900. Il est considéré comme « une des plus remarquables personnalités du 20e siècle en Nouvelle-Écosse » et l’une des « personnes les plus importantes de l’histoire du Canada noir atlantique ». Deux documentaires ont été réalisés à son sujet : Captain of Souls: Rev. William White (1999) et Honour Before Glory (2001).