Au Canada, le terme « peuples de l’Arctique » est utilisé en général pour désigner la population indigène inuite qui a bénéficié de l’occupation quasi exclusive de l’Arctique pendant des milliers d’années. L’Arctique comprend les zones intérieures et côtières au nord de la limite forestière. Dans les zones près de la limite forestière, les Inuits et les autres peuples autochtones ont traditionnellement occupé des environnements similaires (quoique rarement au même moment) et ont chassé et pêché les mêmes espèces de gibier. Néanmoins, les termes Inuit, qui est lui-même un terme générique, et peuples de l’Arctique sont souvent utilisés de manière interchangeable. L’Arctique est l’une des six zones culturelles dans ce qui constitue aujourd’hui le Canada. À la différence des provinces et des pays, ces zones culturelles ne possèdent pas de frontières strictes et réfèrent plutôt à des zones de manière plus générale.

Géographie

L'été, les régions de l'Arctique jouissent de la lumière du jour pendant de longues heures et d'un climat modéré. Les hivers sont longs et froids et, dans les secteurs les plus au nord, le soleil disparaît complètement durant un certain temps au cœur de l'hiver. On peut y observer une couverture végétale continue, particulièrement dans les endroits bien irrigués, mais ce sont les affleurements rocheux et les zones arides dénudées qui prédominent. L'Arctique est tout à fait dépourvu d'arbres, mais des plantes frutescentes y poussent, dont plusieurs variétés à baies comestibles. La topographie est variée, allant des basses terres parsemées de lacs aux régions alpines recouvertes de glaciers.

Langues et principales et groupes de tribus

Au Canada, on compte huit principaux groupes inuits : du Labrador, d'Ungava, de l'île Baffin, d’Iglulik, duCaribou, de Netsilik, du Cuivre (ou Kitlinermiut) et Inuvialuit. Parfois appelés les Inuits de l'Arctique occidental, les Inuvialuits sont venus dans l’ouest de l’Arctique canadien de l'Alaska au début du XXe siècle, remplaçant et dépassant largement les Siglits dont la population a été décimée par plusieurs épidémies de grippe et de variole. Quant aux Sadlermiuts établis dans le nord-ouest de la baie d'Hudson, ils sont morts de maladies étrangères au début du siècle après être entrés en contact avec les Blancs (voir Épidémie; Autochtones, santé des).

On fait souvent référence à la terre, l’eau et la glace que les Inuits occupent dans les régions arctiques du Canada, de l’Alaska et du Groenland comme étant l’Inuit Nunangat. En 2011, on compte près de 60 000 Inuits au Canada, dont 73 % vivent dans l’Inuit Nunangat.

Les Inuits du Canada parlent traditionnellement l'inuktitut, qui se décline en plusieurs dialectes différents (voir Autochtones, langues des). Toutefois, avec l'amélioration des moyens de transport et la diffusion d'émissions de radio et de télévision en langue inuite, les différences linguistiques s'atténuent (voir Communications dans le Nord; Autochtones, médias des) Les Inuits n'avaient pas de langue écrite. Ils adoptent largement l'écriture après l'arrivée des missionnaires et depuis 1920, le taux d'alphabétisme chez les adultes atteint presque 100 %. En 2006, environ 83 % des Inuits vivant dans l’Arctique rapportent qu’ils peuvent soutenir une conversation en inuktitut.

Organisation sociale

Les groupes inuits comptent traditionnellement entre 500 et 1000 membres. L'unité sociale et politique la plus importante est la bande régionale. Plusieurs bandes régionales forment ensemble un groupe tribal plus grand, à l'intérieur duquel interviennent les mariages et dont tous les membres parlent le même dialecte. Au cours des mois d'hiver, les bandes régionales se rassemblent durant de courtes périodes dans des campements pour la chasse au phoque.

Pendant le reste de l'année, les Inuits vivent en bandes plus petites, souvent formées de deux à cinq familles. Chaque ménage comprend généralement un couple marié et ses enfants, mais peut aussi accueillir des parents âgés ou célibataires. Les ménages participent à plusieurs activités économiques et sociales, et le partage sur une grande échelle demeure une caractéristique prédominante de la vie sociale des Inuits. La plupart des familles qui choisissent de vivre ensemble sont apparentées et la direction du groupe est généralement assumée par le membre actif le plus âgé.

Structure familiale

Le mariage est très répandu chez les Inuits et est habituellement contracté au début de l'âge adulte. Il est de coutume pour un jeune couple de vivre à proximité des parents de l'un des époux. Plusieurs ménages adoptent des enfants, un signe de l'importance accordée aux enfants. L'adoption, les fiançailles, les célébrations de la naissance à l'occasion desquelles un adulte s'engage envers le nouveau-né qui reçoit son nom sont autant d'occasions où les enfants jouent un rôle important dans l'établissement des précieuses relations entre familles. La famille forme une unité économique importante, fondée sur la répartition des responsabilités entre tous les membres d'un ménage, y compris les enfants et les vieillards.

Plusieurs rituels à signification sociale entourent la naissance à laquelle assiste, outre la sage-femme, un autre adulte dans le rôle de parrain rituel du nouveau-né, qui sera responsable de l'éducation morale de l'enfant dans la société inuite. Tout au long de la vie, on s'adresse à lui en des termes spéciaux, et le garçon est tenu de remettre à cet adulte le premier animal qu'il tue et la fille, la première pièce de vêtement qu'elle confectionne. Le nom donné à la naissance revêt un sens précis car, chez les Inuits, le nom confère à celui qui le porte une part de son identité et de son caractère.

Les fiançailles des enfants peuvent avoir lieu en tout temps, même avant leur naissance. Les jeunes promis l'un à l'autre s'adressent la parole en observant un rituel particulier et leurs familles tiennent compte dans leurs rapports mutuels de ces liens futurs. Plusieurs rituels sont associés à la chasse, bien qu'ils deviennent moins courants. Pour prédire l'avenir, on recourt à des os d'animaux ou à des ballots cérémoniels et on tient des cérémonies pendant lesquelles le sujet entre en transe pour prédire l'avenir. Le mariage, une institution remarquablement stable chez les Inuits, est habituellement précédé d'une période d'union à l'essai. On relève certains cas de polygamie, le fait d’avoir plusieurs femmes, et, plus rarement, de polyandrie, le fait d’avoir plusieurs maris, mais ils constituent l'exception.

Mode de subsistance traditionnel

La chasse aux mammifères marins, surtout les phoques, est la base économique de la plupart des groupes inuits. Durant l'été et l'automne, plusieurs groupes chassent le caribou ou se déplacent vers leurs régions côtières de prédilection pour pêcher et chasser diverses espèces de gibier. La pêche et la cueillette (œufs d'oiseaux, crustacés et baies) constituent d'importantes activités saisonnières, tout comme la chasse à l'ours blanc et à la baleine. La nourriture fraîche revêt une grande valeur, les gens préservent et entreposent les aliments pour consommation future. Le séchage et la mise en cache froide sont pratiques courantes, mais on utilise aussi plusieurs techniques spéciales de conservation, dont l'entreposage dans l'huile.

La technologie traditionnelle se développe autour des matériaux disponibles sur place : os, corne, andouillers, ivoire, pierre et peaux d'animaux. Dans certaines régions, les gens fabriquent des paniers avec de l'herbe ou des fanons (le matériel utilisé par les baleines pour filtrer le krill et le plancton) ou remplacent le bois ou le cuivre par les andouillers ou les os et les peaux d'oiseaux ou de poissons par les peaux d'animaux. Un bon nombre de leurs inventions sont considérées comme des chefs d'oeuvre de technologie pour leur ingéniosité et la solidité de leur conception comme l’igloo (igluviak), la pointe de harpon à cheville et le kayak.

Il va de soi que les lieux des campements sont choisis en fonction des ressources en nourriture disponibles selon les saisons. La composition des campements peut varier périodiquement suivant les besoins et les désirs d'ordre social de se rapprocher de parents vivant ailleurs. Plusieurs techniques de chasse sont plus efficaces lorsque menées de concert par plusieurs chasseurs, comme celles de la chasse au phoque en hiver.

Transport et habitations

Tous les Inuits se servent de traîneaux et d'embarcations de peaux, bien qu'on note des variantes régionales dans leur conception et leur utilisation. Historiquement, on a recours aux chiens pour la chasse, ceux-ci servent à repérer les trous de respiration des phoques dans la glace de mer, à chasser les bœufs musqués, à tenir les ours à distance. L'été, on s'en sert comme bêtes de somme. Les hommes utilisent des kayaks à une place pour chasser le phoque ou le caribou dans les lacs et rivières. En Alaska, on se sert d'énormes umiaks recouverts de peau pour chasser la baleine, bien que dans l'Arctique canadien (et au Groenland) les femmes utilisent surtout de telles embarcations pour le transport des biens du ménage lors d'un déplacement.

La tente, souvent tendue sur un court piquet, est généralement fabriquée de peaux de phoque, et retenue au sol par des pierres. Chez les Inuits du Caribou, la tente est souvent de forme conique et faite de peaux de caribou. Lorsqu'on ne dispose pas de neige pour fabriquer des igloos ou lorsqu'on est trop éloigné des endroits où se trouvent des maisons aux murs de pierre ou de terre, les tentes servent d’abris temporaires.

Les igloos sont de conceptions diverses. Dans les campements d'hiver, la principale pièce de séjour peut être assez vaste, près de 4 m de diamètre et jusqu'à 3 m de hauteur. De plus, les igloos comportent des pièces d'entreposage, un couloir d'entrée et des pièces habitables supplémentaires de chaque côté. Dans certaines régions, on isole les murs avec des peaux de caribou. La plupart des igloos sont dotés d'une surface de couchage en neige durcie et d'une fenêtre (faite de glace transparente tirée d'un lac) pratiquée dans le toit. Des igloos plus petits et plus simples sont encore utilisés lors des déplacements d'hiver. Dans l'Arctique occidental, on construit des habitations permanentes d'hiver à l'aide de bois de grève. Les fenêtres de ces habitations sont faites de parchemins de peau d'animal translucide.

Vêtements

Les Inuits sont très habiles pour fabriquer des chaussures et des vêtements à partir de peaux d'animaux. Les parkas, les moufles et les bottes sont faits selon un modèle de base, mais les motifs et la technique gardent certaines caractéristiques régionales. La plupart des groupes inuits, fabriquent des chaussures avec de la peau de phoque à la fois pour l'hiver et pour le printemps et l'été. Dans ce dernier cas, elles sont parfaitement imperméables. Dans certaines régions, on se sert plutôt de peau de caribou, tout particulièrement pour les bottes d'hiver.

Le parka est traditionnellement doublé de deux vestes en fourrure de caribou, l'une à l'intérieur et l'autre à l'extérieur. Dans certains groupes, on porte les parkas en peau de phoque du printemps à l'automne, et ceux en peau de caribou, l'hiver. Les vêtements des femmes sont souvent plus élaborés que ceux des hommes, le parka à queue et tablier étant muni d'un gros capuchon. Les femmes portent leurs enfants dans un sac sur le dos et non dans le capuchon. Elles ont peu de parures, mais pratiquent le tatouage facial et sur les bras.

Religion et mythologie

Avant l'arrivée des missionnaires, les chefs religieux des Inuits étaient les chamans dont la formation était longue et ardue. Les chamans étaient les intermédiaires entre les Inuits et les différentes forces spirituelles qui influencent les affaires humaines. La vie des Inuits exigeait la stricte observance de diverses interdictions et de règles de conduite, et le rôle du chaman était d'identifier les pécheurs et de déterminer la forme d'expiation appropriée (voir Autochtones, religion des). Les premiers missionnaires jouent un rôle semblable, mais ils introduisent plusieurs nouvelles règles et interdictions et imposent une pénitence à ceux qui ont péché. Au XXe siècle, de nombreux Inuits embrassent le christianisme en réponse aux efforts intensifs des missionnaires et un grand nombre de communautés sont maintenant desservies par des ecclésiastiques ou des catéchistes inuits.

La mythologie inuite, un système basé sur les traditions orales et utilisé pour expliquer et enseigner la vie quotidienne, connaît un retour en force comme vecteur de la vitalité culturelle. Des programmes existent pour soutenir les traditions orales et encourager l’interaction avec les histoires traditionnelles par l’entremise des jeunes et des aînés. L'éducation des jeunes Inuits est fondée sur l'exemple donné par les adultes avec qui ils vivent en rapport étroit. Bon nombre des croyances et des valeurs de la société s'illustrent implicitement par le comportement. Ainsi, le constant partage de la nourriture et d'autres biens est une manifestation de la valeur de la générosité et de la coopération et un rejet de l'avarice, de la gourmandise et de l'égoïsme. Les aînés donnent plus de poids à cette morale en l'illustrant par des histoires qu'ils prennent plaisir à raconter, particulièrement aux enfants.

Art et culture

L'instrument de musique traditionnel est le tambour, qui mesure jusqu'à 1 m de diamètre et qui est fait d'une membrane de peau tendue sur un cerceau de bois. Chez les Inuits de l'Arctique occidental, plusieurs joueurs de tambour assis accompagnent habituellement un ou plusieurs danseurs tandis que, dans d'autres régions de l'Arctique, le tambourineur joue seul, debout, en chantant et en se balançant au rythme du tambour. À la suite des contacts avec le monde extérieur, on utilise de plus en plus d'autres instruments tels que le concertina, l'accordéon, le violon, l'harmonica, la guimbarde et, plus récemment, la guitare. La danse carrée, souvent exécutée en figures complexes, parfois sans meneur, est demeurée très populaire. Le chant guttural est pratiqué dans certains groupes, habituellement par deux femmes qui émettent une vaste gamme de sons provenant du fond de la gorge et de la poitrine. Cet art est toujours pratiqué dans l’Arctique.

Les arts décoratifs fabriqués de façon artisanale sont associés à la confection de vêtements en peaux cousues ou à des inscriptions sur les ustensiles. Les innovations récentes dans l'art inuit, comme les sculptures en stéatite, les gravures et les plaques murales, tirent leur origine d'ouvrages traditionnels et font parfois appel à de nouveaux matériaux ou à de nouvelles techniques. On continue aussi de créer des jeux de ficelles et d'autres jeux qui développent la mémoire, la dextérité manuelle et la patience. Plusieurs Inuits participent à des épreuves physiques qui évaluent leur capacité à donner des coups de pied en hauteur (avec des variantes à un ou deux pieds), de sauter à genoux et bien d’autres prouesses démontrant leur force et leur dextérité. Plusieurs de ces jeux font partie des Jeux d’hiver de l’Arctique qui ont lieu tous les deux ans dans un nouveau lieu de l’Arctique, dont l’Alaska et le Groenland. Les Jeux attirent des compétiteurs de l’Inuit Nunangat (dont l’Alaska et le Groenland) et ceux des régions arctiques d’Europe.

Contact

Il existe dans l’Arctique des signes de colonisation par des voyageurs norois au XIVe siècle. Cependant, les premiers contacts suivis avec des étrangers ont lieu à la fin du XVIIIe siècle entre des missionnaires moraves et des Inuits du Labrador. Des liens commerciaux passagers sont créés dans quelques autres endroits de l'Arctique, mais la plupart des contacts n'ont lieu que près d'un siècle plus tard. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, des explorateurs et des chasseurs commerciaux de baleines apportent diverses marchandises aux Inuits, mais des postes de traite plus ou moins permanents ne sont installés dans les régions arctiques qu'après la fin de la chasse commerciale à la baleine, à l'époque de la Deuxième Guerre mondiale.

Les Inuits sont largement ignorés par le gouvernement fédéral jusqu’en 1939, époque où on considère qu’ils sont de la responsabilité du gouvernement. Après la guerre, les activités du gouvernement s’intensifient. En effet, celui-ci construit des écoles, des postes de soins infirmiers, des aéroports et des installations de communication et lance des programmes de construction de logements dans les nouveaux hameaux et établissements. Ces impositions sont à la source de nombreuses tensions culturelles puisque plusieurs Inuits sont délocalisés de force dans des endroits qu’ils ne connaissent pas ou ils se font attribuer une plaque d’identification au lieu d’un nom pour faciliter l’administration au gouvernement.

Changements culturels

Les contacts avec le monde extérieur entraînent bien des changements dans la culture et la société inuites. L'adoption rapide des outils en fer, des armes à feu, des tissus et des bateaux en bois modifie ou remplace certains articles d'usage courant. La propagation du christianisme se traduit par la perte de plusieurs pratiques et idéologies religieuses traditionnelles, et la loi canadienne se superpose au droit coutumier pour ce qui est du mariage, du règlement de différends et de la gestion de la faune (voir Autochtones, droits des). Même la langue évolue : l’inuktitut écrit, par exemple, utilise les chiffres arabes, les mêmes chiffres que l’anglais et le français, à côté de l’écriture syllabique.

Bien des éléments utilisés traditionnellement par les Inuits sont toujours utilisés par tous les peuples de l’Arctique. Parmi ceux-ci, mentionnons les harpons servant à la chasse aux mammifères marins, les bottes en peau de phoque et les parkas en peau de caribou pour la chasse d'hiver, les igloos, les traîneaux utilisés pour voyager en hiver, les techniques de préparation des peaux et la confection de vêtements en peau. De même, des éléments importants du système de valeurs des Inuits ont aussi résisté au changement : le mode traditionnel d'éducation des enfants, la protection de l'environnement, la survivance de la langue et de la culture inuites et le respect de l'autonomie de l'individu (voir Coopératives inuites).

Vie contemporaine

Au début des années 70, une organisation nationale, l'Inuit Tapirisat du Canada, est mise sur pied pour protéger les droits individuels et culturels des Inuits. L'organisation crée plusieurs organismes en réponse aux besoins exprimés. On charge, par exemple, la Commission de la langue inuite de trouver des moyens d'accroître l'utilisation de l'inuktitut dans les activités gouvernementales, le secteur de l'éducation et les communications. On crée aussi un Bureau des revendications territoriales pour mener des recherches et des négociations sur les revendications territoriales des Inuits.

Plusieurs de ces questions, comme la protection de l'environnement arctique, sont de portée internationale. C'est pourquoi on forme une organisation inuite internationale, la Conférence circumpolaire inuite, dotée de comités chargés de renforcer les communications et les initiatives artistiques et culturelles dans toute la communauté inuite ainsi que la coopération internationale dans la protection de l'environnement. Cette organisation est affiliée à de nombreux organismes internationaux, y compris les Nations unies, ce qui garantit que les préoccupations des Inuits sont entendues dans le monde entier.

Malgré les progrès des Inuits dans plusieurs domaines, plusieurs sont encore confrontés à des défis de taille. Parmi ceux-ci, notons la surpopulation, la pénurie alimentaire, les maladies chroniques et le haut taux de suicide chez les jeunes.