Industrie de la fourrure

L'industrie canadienne de la fourrure se compose d'entreprises qui achètent des peaux aux trappeurs, aux négociants ou aux sociétés de commercialisation de la fourrure (comme lors des ventes aux enchères de la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON ).

Fourrure, industrie de la

L'industrie canadienne de la fourrure se compose d'entreprises qui achètent des peaux aux trappeurs, aux négociants ou aux sociétés de commercialisation de la fourrure (comme lors des ventes aux enchères de la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON ). Elles les expédient ensuite chez les apprêteurs et les teinturiers de Toronto avant de les assortir, de les tailler et de les assembler pour confectionner des vêtements. La majorité des manufacturiers font des manteaux et se spécialisent la plupart du temps dans deux ou trois sortes de fourrures. Avant leur achèvement, les manteaux doivent être nettoyés par un procédé particulier, dont certaines entreprises se font une spécialité. Certains de ces nettoyeurs possèdent des pièces réfrigérées pour l'entreposage durant l'été, bien que beaucoup de détaillants possèdent aussi leurs propres pièces. Les entreprises de fourrures sont généralement petites : en 1986, 279 des 280 entreprises emploient moins de 50 personnes et une seule d'entre elles en emploie plus de 100. La même année, on compte 3700 fourreurs, dont 2950 au Québec, 675 en Ontario et 75 au Manitoba. La majorité des entreprises de fourrure sont canadiennes et très peu appartiennent à des étrangers, sauf quelques-unes appartenant surtout à des Américains dans le commerce de détail, et certains investissements japonais dans la fabrication.

Pendant 100 ans, on a recours à des techniques manuelles séculaires pour la confection des vêtements de fourrure, même si de nouvelles technologies sont apparu au cours de la dernière décennie. Ces innovations comprennent des machines de coupe, un guide pour insérer la fourrure dans les machines à coudre, une invention allemande pour la finition des manteaux, par exemple la pose de la doublure, ainsi que des machines allemandes et japonaise qui coupent et cousent la peau de vison en bandes allongées. Presque toute la recherche-développement se fait en Allemagne et au Japon, mais au Canada il se fait beaucoup d'innovations en matière d'apprêtage, de teinture et de coupe.

Le Canada est reconnu mondialement comme le producteur des plus belles fourrures au monde. En 1534, Jacques CARTIER rencontre sur les rives du Saint-Laurent des chefs amérindiens qui portent des vêtements d'apparats faits de peaux de castor et d'ours cousues à la main. Les Européens de l'Ouest passant l'hiver au Canada trouvent essentiel de tanner et de coudre en vêtements les peaux obtenues par le trappage ou le troc. Ces vêtements n'ont guère l'allure de manteaux, faute d'une coupe précise. Puis un modeste commerce de vêtements de fourrure sur mesure se crée, afin de répondre aux demandes des voyageurs et des négociants qui désirent des vêtements mieux coupés. Les peaux exportées servent principalement à la fabrication de chapeaux pour hommes, mais la fourrure s'attire petit à petit la faveur des femmes en Europe et au Canada.

Cette demande crée un marché pour les fourreurs qui dessinent, confectionnent et entreposent des vêtements de fourrure. La Compagnie de la baie d'Hudson (CBH) fondée en 1670 pour exploiter les peaux de la Terre de Rupert, se lance graduellement dans la confection des vêtements de fourrure. De 1880 à 1920, beaucoup d'immigrants ukrainiens, polonais, et autrichiens, ainsi que des jeunes Anglais et Écossais qui avaient acquis de l'expérience dans la couture en Europe, prennent les magasins de fourrures et les ateliers d'assaut. Les premiers fourreurs sont anglo-saxons, mais en 1930, des immigrants juifs avaient déjà développé une industrie de fabrication en gros pour desservir le commerce du vêtement sur mesure et celui du commerce de détail en pleine expansion.

En 1933, alors que la CRISE DES ANNÉES 30 provoque un chaos financier, des manufacturiers fondent la Fur Trade Credit Association of Canada qui devient plus tard l'Association canadienne du commerce de la fourrure. Les détaillants fondent le Conseil des détaillants en fourrures. Chaque année, au mois de mai, l'Association canadienne du commerce de la fourrure et des organisateurs de foires commerciales parrainent de grandes foires de la fourrure et des expositions internationales à Toronto et à Montréal, où les détaillants commandent les manteaux pour les ventes du mois d'août. Pendant les années 50 et 60 arrivent de nombreux fourreurs grecs expérimentés, qui proviennent en majorité de la petite ville de Kastoria, dont toute la population travaille dans la confection d'articles en fourrure depuis 2000 ans. Les fourreurs grecs se rassemblent à Montréal, à Toronto et à New York, et acquièrent beaucoup d'influence dans le domaine de la fabrication canadienne de fourrure. Ils ont fondé leur propre association à Toronto.

Les travailleurs du secteur de la fabrication de fourrures peuvent faire leur apprentissage en entreprise ou recevoir une formation au George Brown College à Toronto pour devenir coupeurs (ceux qui coupent les peaux sur patron avec un tranchet pointu), opérateurs (ceux qui cousent les pièces), brodeurs (ceux qui attachent ou agrafent les peaux cousues aux contours du patron) et finisseurs (ceux qui ferment le manteau et posent la doublure, les boutons, etc.). Comme une grande partie du travail se fait à la main, l'industrie de la fourrure consomme relativement peu d'énergie. La fabrication de fourrures synthétiques nécessite une plus grande consommation d'énergie et cause de la pollution chimique.

L'industrie canadienne de la fourrure est un exportateur important de peaux et de vêtements. Ses plus gros clients sont les États-Unis, l'Europe de l'Ouest et, depuis peu, le Japon, un marché en rapide expansion. Selon Statistique Canada, dans l'industrie de la fourrure, les ventes en gros sont passées de 51 millions de dollars en 1970 à 170 millions de dollars en 1978 (dont 81 millions de dollars en exportations) et à près de 320 millions de dollars en 1992 (dont 207 millions de dollars en exportations). En 1919, on comptait 107 manufactures, 642 en 1949, mais seulement 200 en 1986. Entre 1949 et 1986, le nombre d'employés passe de 6700 à 2350. L'industrie de la fourrure ne bénéficie d'aucune protection douanière, mais les droits d'importation aux États-Unis ont baissé. En 1986, le prix des peaux brutes déjà très élevé, atteint de nouveaux records partout dans le monde. Toutefois comme la demande a diminué, surtout à cause des groupes de pression, on assiste à une baisse sensible des prix de la fourrure dans les années 90.