Les Compagnies Loblaw limitée

Les Compagnies Loblaw limitée sont une filiale de George Weston limitée. L’entreprise détient des supermarchés, des pharmacies, des magasins de boissons et des magasins de vêtements. En 2018, elle exploitait plus de 240 magasins, ce qui en faisait le plus grand détaillant de produits alimentaires et pharmaceutiques au Canada. Il s’agit d’une société cotée dont le siège social est à Brampton, en Ontario. Son titre se négocie à la Bourse de Toronto sous le symbole L.



Chaînes de vente au détail Loblaw

Loblaws, Zehrs, Your Independent Grocer, Provigo, Atlantic Superstore, Fortinos, Dominion, Independent City Market, Freshmart, Valu‑mart, ARZ Fine Foods, Real Canadian Wholesale Club, T&T Supermarket, Real Canadian Liquorstore, Real Canadian Superstore, No Frills, Maxi, Extra Foods, Pharmaprix et Shoppers Drug Mart.

Marques Loblaw

No Name (sans nom), President’s Choice (Le Choix du Président), Life Brand et Joe Fresh.

Mots clés

Société de portefeuille : société créée pour acheter et détenir des actions dans d’autres sociétés en vue d’en prendre le contrôle

Avoirs : actions, biens et autres actifs financiers détenus par une entreprise

Frais généraux : frais d’exploitation d’une entreprise, à l’exclusion des coûts de main‑d’œuvre, notamment les frais de location et de commercialisation

Action : titre de propriété sur une partie du capital d’une société

Actionnaire : personne morale ou physique détenant des actions

Filiale : société détenue par une autre société, généralement appelée société mère


Le logo de Loblaws

Photo prise le 2 janvier 2015.

(avec la permission de thejaan/flickr, CC)

Fondateur

Entre 1910 et 1919, Theodore Pringle Loblaw, qui travaille de longue date dans le secteur de l’épicerie, dirige les magasins Loblaw implantés à Toronto. Il s’agit d’une chaîne traditionnelle de magasins proposant une gamme complète de produits alimentaires. Après la vente des magasins Loblaw à un futur concurrent, les supermarchés Dominion limitée, Theodore Loblaw occupe, pendant un an, le poste de gestionnaire des marchandises pour la United Farmers’ Co‑operative Company (UFCC), une coopérative affiliée à un parti politique, les Fermiers unis de l’Ontario.

Theodore Loblaw réintègre toutefois le secteur de l’épicerie alors qu’il se trouve encore à l’UFCC. Avec son associé, John Milton Cork, il ouvre le premier magasin Loblaw Groceterias dans le quartier Junction à Toronto en 1919. Le concept de « groceteria » s’inspire des cafétérias et des nouveaux magasins en libre‑service aux États‑Unis, tels que la chaîne Piggly Wiggly. La clientèle peut choisir ses propres produits emballés, à son propre rythme, plutôt que d’attendre qu’un commis soit disponible. Les achats, directement emportés et non pas livrés à domicile, sont payés comptant sur place et ne font plus l’objet, comme c’était l’usage, d’un état récapitulatif mensuel envoyé à la clientèle.

Premier magasin Loblaw Groceterias Limited, 2923, rue Dundas Ouest, Toronto (Ontario), vers1919.

    (Wikimedia Commons/domaine public)


    Un tel processus, à l’origine d’une réduction sensible des frais généraux par rapport à la concurrence, permet à la chaîne des Loblaw Groceterias de connaître une croissance rapide. En 1929, elle compte 87 magasins en Ontario. En juin 1928, la compagnie investit 1,5 million de dollars pour l’ouverture, à Toronto, d’un siège social de style art déco destiné à soutenir cette croissance. On y trouve des bureaux, des espaces de stockage, des boulangeries, des installations d’emballage de produits alimentaires, un atelier de torréfaction du café, et une liaison ferroviaire avec les principaux itinéraires de distribution. Ce nouvel ensemble abrite également des installations de loisirs pour le personnel, notamment une salle de quilles et une salle de spectacle. La société s’étend également aux États‑Unis, ouvrant des magasins dans l’ouest de l’État de New York en 1924 et à Chicago en 1928.

    Après avoir été jeté à bas d’un cheval en 1928, Theodore Loblaw contracte une pneumonie qui est à deux doigts de l’emporter. La maladie l’incite à réévaluer sa stratégie en matière d’avoirs financiers. En 1929, il annule un projet de fusion avec les supermarchés Dominion. Cette même année, alors que le marché boursier s’effondre, sa santé s’améliore. La société vend une partie de ses avoirs américains en 1932.

    George Weston limitée

    À la mort de Theodore Pringle Loblaw, en 1933, John Milton Cork devient président de l’entreprise. Il dirige Loblaw Groceterias jusqu’en 1947. Cette même année, l’entreprise de boulangerie George Weston limitée, dirigée par W. Garfield Weston, lance un programme d’achat d’actions de Loblaw Groceterias. En 1953, ces achats aboutissent à une participation majoritaire.

    En 1956, George Weston crée Loblaw Companies Limited dans le cadre d’une réorganisation de ses activités. La filiale, nouvellement créée, prend en charge le secteur épicerie du groupe Weston. Au cours des 14 premières années de gestion Weston, les magasins Loblaw Companies enregistrent une forte croissance, notamment par le biais de plusieurs acquisitions d’une valeur de plus de 200 millions de dollars. L’entreprise achète des distributeurs alimentaires et des chaînes de vente au détail, notamment Power Supermarkets en 1953, Pickering Farms en 1954, O.K. Economy Stores et National Grocers en 1955, Kelly Douglas and Company en 1958, Atlantic Wholesalers et Dionne en 1959, et Zehr’s Markets en 1963. Loblaw prend également une participation majoritaire dans la chaîne de pharmacies G. Tamblyn et dans les magasins à bas prix multirayons Sayvette. Aux États‑Unis, Loblaw Groceterias achète la chaîne de magasins Loblaw Inc. à George Weston Ltd. en 1953. En 1955, George Weston Ltd. acquiert National Tea.

    W. Garfield Weston

    W. Garfield Weston annonce la croissance des revenus de George Weston limitée à l’assemblée annuelle de la société, le 27avril 1961.

      (avec la permission des Weston Company Archives, George Weston Ltée)


      Au cours de cette période, Loblaw cache aux investisseurs l’étendue de ses participations dans d’autres distributeurs et détaillants de produits alimentaires. À l’automne 1966, un comité mixte spécial de la Chambre des communes et du Sénat sur le crédit à la consommation et le coût de la vie demande ces renseignements à l’entreprise. En décembre 1966, plusieurs journaux publient un organigramme complexe des différentes participations de Loblaw.

      Renaissance des années 1970

      À la fin des années 1960, Loblaw commence à perdre son avantage sur ses concurrents comme Dominion et Steinberg’s. Les magasins appartenant à Loblaw sont plus petits que ceux des autres chaînes et présentent une apparence désuète. Le montant des ventes au mètre carré est alors en baisse. Les conseils et les orientations de la direction de Loblaw à ses filiales sont limités. À la fin des années 1970, à l’occasion d’une guerre des prix qui touche le secteur de l’épicerie en Ontario, la part de Loblaw dans les ventes totales d’épiceries, dans son fief de Toronto, passe de 30 % à 15 %. Dans un contexte où les dettes de l’entreprise s’accumulent, le spectre de la faillite se profile à l’horizon.

      Pour redresser l’entreprise, Garfield Weston nomme, en février 1972, son plus jeune fils, W. Galen Weston, comme chef de la direction de Loblaw Companies limitée. Galen Weston supervise directement une analyse, qui va durer un an, des nombreuses sociétés constituant la galaxie Loblaw. À la suite de cette étude, le groupe lance un projet majeur de renouvellement. Entre 1973 et 1975, il ferme près des deux tiers de ses magasins, dont pratiquement 50 % de ses implantations ontariennes. Il procède à une refonte de son image en changeant, du jaune au brun, la couleur de l’extérieur de ses magasins et en adoptant le logo emblématique « L » rouge et orange. Le designer Don Watt donne aux intérieurs des magasins et aux produits de la marque maison une apparence renouvelée plus originale et plus jeune. Loblaw adopte un nouveau slogan, « More than the price is right » ([chez Loblaw], il n’y a pas que le prix qui soit avantageux) et embauche William Shatner comme interprète des publicités de la marque à la télévision.

      Cette initiative de redressement est couronnée de succès. Des magasins rénovés voient leurs ventes doubler, voire tripler. Après la fermeture de Sayvette et la vente de G. Tamblyn à la chaîne britannique de pharmacies Boots the Chemists, en 1977, Loblaw met encore davantage l’accent sur son activité de vente de produits d’épicerie.

      No Name (gamme « sans nom ») et President’s Choice (Le Choix du Président)

      Loblaw réorganise sa haute direction en 1976. Deux hommes, embauchés par Galen Weston après qu’il soit devenu chef de la direction, sont amenés à jouer un rôle essentiel au sein de la nouvelle direction de l’entreprise. Richard Currie devient président de Loblaw Companies limitée, un poste qu’il conservera jusqu’en 2000. Dave Nichol occupe, quant à lui, les fonctions de président de Loblaws Ltd. (la division des supermarchés de l’Ontario) pour être bientôt remplacé, à ce poste, par William Shatner qui incarne l’image de l’entreprise pour le grand public.

      En mars 1978, Loblaw lance la gamme de produits génériques No Name (sans nom). Ces articles de base sont vendus au meilleur prix, dans un emballage noir et jaune, simple et sans fioritures, conçu par Don Watt. Toutefois, par rapport aux piètres emballages au rabais des quelques autres marques génériques présentes sur le marché, les produits No Name apparaissent presque raffinés. Plus tard cette année‑là, Loblaw ouvre son premier magasin No Frills à Toronto. Grâce à un décor réduit à sa plus simple expression, à la facturation des sacs et à l’obligation qu’a la clientèle d’emballer elle‑même ses achats, No Frills réussit à maintenir un très faible niveau de frais généraux. Ces économies sont répercutées, au plus grand profit des consommateurs, sur les prix des produits.

      Pour attirer les clients qui recherchent des produits de qualité supérieure à des prix restant abordables, la gamme President’s Choice (Le Choix du Président) est lancée en 1984. L’année suivante, Dave Nichol devient président de Loblaw International Merchants. Cette division est chargée de l’élaboration de nouveaux produits. Jusqu’à son départ de l’entreprise en 1993, il est également le visage d’un dépliant humoristique, rédigé par l’ancien critique gastronomique du Toronto Star Jim White, intitulé Insider’s Report (Trouvailles le Choix du Président). Ce journal réussit à susciter une forte attente vis‑à‑vis des derniers produits attendus à la marque du distributeur. Les biscuits au chocolat Le Choix du Président connaîtront ainsi un immense succès. Introduits en 1988, ils deviennent, dès 1991, les biscuits les plus vendus au Canada.

      Tous ces efforts conjugués permettent aux supermarchés Loblaws de devenir la chaîne de distribution alimentaire la plus rentable au Canada. Toutefois, si le succès est au rendez‑vous au pays, l’entreprise continue à se débattre avec de nombreuses difficultés aux États‑Unis. Progressivement, elle réduit ses activités au sud de la frontière, avant d’abandonner complètement ce marché lorsqu’elle se défait de sa participation restante dans National Tea en 1995.

      21e siècle

      En 2006, alors que Loblaw est aux prises avec des problèmes de chaîne logistique et qu’il enregistre ses premières pertes en près de deux décennies, Galen G. Weston (fils de W. Galen Weston) devient directeur général des Compagnies Loblaw Limitée. Galen G. Weston, en collaboration avec le président Allan Leighton, recentre les activités de l’entreprise sur la vente alimentaire. Ils diminuent la vente d’articles d’usage courant, tout en faisant évoluer certains secteurs spécialisés tels que la gamme de vêtements Joe Fresh, lancée en 2006 (voir Joe Mimran). En 2007, Loblaw retrouve sa rentabilité.

      En mars 2014, George Weston Limited finalise l’acquisition de la chaîne de pharmacies canadiennes Shoppers Drug Mart pour 12,4 milliards de dollars. La chaîne devient une entité distincte de Loblaw et commence à offrir les produits Le Choix du Président et Sans nom, ainsi qu’une plus grande sélection d’aliments frais dans certaines succursales. L’acquisition aide Loblaw à obtenir des profits deux fois plus élevés au quatrième trimestre de 2014 que ceux enregistrés au même moment l’année précédente. En février 2018, Loblaw fusionne le programme de fidélisation Shoppers Optimum (Pharmaprix Optimum) avec le programme PC Plus, pour donner naissance à PC Optimum. Ce nouveau programme est ensuite déployé dans les stations‑services Esso et Mobil.

      Loblaws au centre commercial Bayview Village à Toronto. Photo prise le 8avril 2014.

        (avec la permission de Raysonho/Wikimédia, CC)


        En 2018, Loblaw vend sa division Choice Properties à George Weston Limited. Cette restructuration fait de la fiducie immobilière la troisième filiale de la société mère. Choice Properties possède, gère et met en valeur des propriétés commerciales et de détail partout au pays. Celles‑ci comprennent des magasins exploités sous diverses bannières Loblaw.

        Scandale de la fixation des prix du pain

        Le 19 décembre 2017, George Weston Ltd. et les Compagnies Loblaw Limitée avouent l’implication des deux entreprises dans un stratagème de fixation des prix du pain entre 2001 et 2015. Selon George Weston Ltd., l’accord de fixation des prix a été conclu entre tous les acteurs de l’industrie, et les différentes entreprises coordonnaient ensemble des hausses de prix régulières.

        Aux yeux du Bureau canadien de la concurrence (voir Politique de la concurrence), la fixation des prix est une forme de fraude contre les consommateurs qui survient lorsque deux entreprises ou plus qui œuvrent dans un libre marché décident d’un commun accord d’augmenter, de baisser ou de fixer le prix d’un bien en particulier. Puisque les entreprises modifient leur prix pour demeurer en compétition avec les autres, la fixation de prix est souvent difficile à détecter. Par conséquent, le Bureau de la concurrence s’appuie habituellement sur l’aveu d’une entreprise.

        Dans ce cas‑ci, Weston et Loblaw se dévoilent en 2015, moment où les entreprises assurent avoir entendu parler du stratagème pour la première fois, et coopèrent avec le Bureau en échange de leur immunité qui les protège des amendes ou d’autres sanctions, y compris l’emprisonnement. Loblaw offre alors à ses clients des cartes cadeaux de 25 $ afin d’apaiser leur colère. Vers la fin de l’année 2017, deux recours collectifs d’un milliard de dollars chacun sont intentés à l’endroit de Weston, de Loblaw et de plusieurs autres entreprises soupçonnées d’implication dans le stratagème.


        Liens externes