Forrester, Maureen

Maureen Kathleen Stewart Forrester, C. C., O.Ont, O.Q., chanteuse d’opéra et de récital, enseignante, administratrice des arts (née le 25 juillet 1930 à Montréal, au Québec ; décédée le 16 juin 2010 à Toronto, en Ontario). Maureen Forrester compte parmi les plus grandes et célèbres chanteuses classiques au Canada. Elle est renommée pour son exceptionnel contralto aux accents de trompette et ses interprétations musicales pleines d’une profonde émotion. Seule musicienne intronisée au Panthéon de la musique canadienne avec Glenn Gould, elle était admirée aussi bien au pays qu’à l’étranger pour ses récitals, ses enregistrements et ses représentations d’opéra. Elle a aussi été présidente du Conseil des arts du Canada, directrice de du Maurier Arts et chancelière de l’Université Wilfrid Laurier. Elle a reçu le Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle, le Prix Molson, le Diplôme d’honneur de la Conférence canadienne des arts et la Médaille du Conseil canadien de la musique, ainsi que de nombreux autres prix.



Maureen Forrester
La magnifique voix de contralto de Maureen Forrester lui a valu de nombreuses distinctions au cours de sa carrière exceptionnelle (photo de Sussi Dorrell). Pour entendre un extrait de son interprétation de l' « Ombra mai fu » de Handel, cliquez sur le bouton « Son » (enregistré avec le Vienna Radio Orchestra/avec la permission de la Société Radio-Canada).

Jeunesse et formation

Maureen Forrester grandit dans un quartier ouvrier de Montréal. Elle est la plus jeune des quatre enfants d’une famille d’ascendance écossaise et irlandaise. Elle étudie le piano pendant son enfance et, encouragée par sa mère, se joint à plusieurs chœurs d’église de Montréal, puis devient soliste. Deux organistes, Warner Norman de l’Église unie St. James et Doris Killam de l’Église presbytérienne Stanley, lui procurent une formation vocale et l’initient à la théorie musicale et à la littérature musicale. Elle chante aussi à l’église Erskine and American United à Montréal.

Maureen Forrester abandonne l’école à l’âge de 13 ans pour contribuer à subvenir aux besoins de sa famille. Elle paie ses études musicales avec son salaire de secrétaire, avec l’aide du Montréal Social Club. Elle chante (comme mezzo soprano et alto) dans de nombreux concerts locaux et commence des études de chant à 16 ans avec Sally Martin à Montréal, qui reconnaît bientôt le potentiel de sa voix basse. Maureen poursuit ses cours de chant à 18 ans avec Frank Rowe, un ténor d’oratorio et d’opéra britannique à la retraite. Ses études auprès de Bernard Diamant, qu’elle considère comme son plus important professeur, commencent officiellement en 1950 et se poursuivent sur une base occasionnelle durant les années 1960. Maureen Forrester étudie aussi avec Michael Raucheisen à Berlin en 1955. Elle est première finaliste du concours

Opportunity Knocks au printemps 1951, et se présente aussi à Singing Stars of Tomorrow et Nos Futures Étoiles.

Début de carrière professionnelle, de 1951 à 1954

Maureen Forrester fait ses débuts professionnels le 8 décembre 1951 avec la Chorale Elgar de Montréal dans The Music Makers d’Elgar dans la citadelle de l’Armée du Salut. Son premier récital solo (principalement des lieder allemands — chants classiques chantés en allemand) a lieu le 29 mars 1953 au YWCA de Montréal, accompagné par John Newmark au piano. (La collaboration de Maureen Forrester et John Newmark sera durable et comprendra de nombreuses tournées mondiales.) 

Ses premières expériences en opéra sont des rôles mineurs avec l’Opera Guild of Montreal. Elle interprète une couturière dans Louise de Gustave Charpentier en janvier 1953 et l’aubergiste (un rôle pour mezzo-soprano) dans Boris Godunov en janvier 1954. Elle est ensuite engagée pour donner un récital pour le Ladies » Morning Musical Club, qui lui accorde par la suite une bourse. Les dépenses de lancement d’une carrière dont beaucoup croient qu’elle sera longue et fructueuse, sont assumées pendant bien des années par J.W. McConnell, alors éditeur du Montreal Star, qui a découvert les talents de la jeune chanteuse grâce à son critique musical, Eric McLean.

Maureen Forrester fait ses débuts avec l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) en décembre 1953 dans la Neuvième Symphonie de Beethoven, sous la direction d’Otto Klemperer. Elle chante aussi à la radio et la télévision de CBC, fait une tournée au Québec et dans le nord de l’Ontario avec les Jeunesses Musicales du Canada (JMC) en 1953-1954, et fait ses débuts avec le Toronto Symphony Orchestra (TSO) dans le Messie de Haendel, le 28 décembre 1954.

Carrière professionnelle, de 1955 à 1965

Maureen Forrester se produit pour la première fois en Europe à la salle Gaveau, à Paris, le 14 février 1955, accompagnée par John Newmark. La tournée européenne qui suit, organisée par les JMC, doit durer deux mois et demi, mais elle connaît un tel succès que Forrester et Newmark continuent à y donner des récitals et des oratorios jusqu’au printemps 1955. Ils jouent également pour la BBC et le radiodiffuseur public allemand, Westdeutscher Rundfunk. La tournée canadienne subséquente de Maureen Forrester comprend la première de Five Songs for Dark Voice de Harry Somers au Festival de Stratford le 11 août 1956. Le festival a commandé la pièce spécialement pour Maureen Forrester.

Quelques mois plus tard, elle fait ses débuts à New York avec un récital à Town Hall le 12 novembre 1956. Ce récital reçoit un très bon accueil et fait d’elle une artiste très en demande. Peu après, à la demande du chef Bruno Walter, elle chante dans la Deuxième Symphonie (la « Résurrection ») de Gustav Mahler avec l’Orchestre philharmonique de New York à Carnegie Hall les 14, 15 et 17 février 1957. (Elle chantera à nouveau cette œuvre à l’occasion du 10 000e concert de l’orchestre en mars 1982.) Maureen Forrester développe rapidement une affinité remarquable avec la musique de Mahler, bien qu’elle était auparavant peu familière avec elle. Elle chante Das Lied von der Erde de Malher avec Bruno Walter et l’Orchestre philharmonique de New York au printemps 1960. 

En plus d’une programmation exigeante de récitals, d’oratorios et de radiodiffusion au Canada en 1957, elle se produit avec le Philarmonique de Berlin, ainsi qu’avec sir Thomas Beecham et le Royal Philharmonic à Londres, en Angleterre. Au Festival international de Vancouver de 1958, elle chante la Rhapsodie pour alto de Brahms avec la Chorale Bach de Vancouver sous la direction de Bruno Walter (et à nouveau, trois jours plus tard, en présence de la princesse Margaret), et chante pour la première fois la Rhapsodie de Printemps de Jean Coulthard.

Bien que surtout connue en tant que chanteuse de récital et d’oratorio pendant cette période, Maureen Forrester fait aussi quelques apparitions dans des opéras. Par exemple, elle incarne Cornelia dans une version de concert de Giulio Cesare de Haendel à l’American Opera Society le 18 novembre 1958.

Maureen Forrester chante au Festival Pablo Casals en 1960, 1961 et 1963. Ses interprétations de la Rhapsodie pour alto et du Salve Regina de Scarlatti, qui vient d’être redécouvert, sont filmées par l’Office national du film pour le documentaire court métrage Festival in Puerto Rico (1961). Le 30 juillet 1961, elle joue pour la première fois au Canada le Salve Regina au Festival de Stratford. Le 26 août, elle joue pour la première fois Bar Mitzvah Israel de Darius Milhaud au First Israel Music Festival à Tel Aviv. En décembre de la même année, elle entreprend une tournée de huit concerts en Union soviétique, l’une des premières réalisées dans ce pays par un Canadien durant la Guerre froide.

Maureen Forrester fait ses débuts en opéra à Toronto au O’Keefe Centre le 28 mai 1962, jouant Orphée dans Orphée et Eurydice sous la direction de Nicholas Goldschmidt. Elle fait aussi une tournée en Australie à la fin de 1962. Elle vit deux ans dans le Connecticut, puis déménage à Toronto en 1963. Elle continue à se produire en Europe et aux États-Unis ; en 1963, elle chante dans une production de la télévision de NBC de la Passion selon Saint-Mathieu de Bach. Elle chante son premier opéra intégral aux États-Unis avec le New York City Opera le 27 septembre 1966, lorsqu’elle interprète à nouveau Cornelia dans Giulio Cesare de Haendel (la représentation précédente était une version de concert).

Carrière professionnelle, de 1966 à 1982

Au milieu des années 1960, Maureen Forrester commence à enseigner le chant en plus de donner des récitals. Elle donne sa première classe de maître au Royal Conservatory of Music de Toronto durant les étés 1965 et 1966. Aussi en 1966, elle devient présidente du département de chant de la Philadelphia Music Academy. 

En 1965, Maureen Forrester et Lois Marshall se joignent au Bach Aria Group, basé aux États-Unis, amenant à trois le nombre de chanteurs canadiens dans l’ensemble (avec le baryton-basse Norman Farrow, un des membres originaux). Maureen Forrester chante avec le groupe jusqu’en 1974. En 1971, elle retourne à Toronto pour enseigner à temps partiel à l’Université de Toronto, où l’une de ses élèves est Mary Lou Fallis. En 1975, elle apparaît, avec Glenn Gould, Edith Butler et Gilles Vigneault, dans le documentaire de l’ONF Musicanada.

Le 10 février 1975, elle fait ses débuts au Metropolitan Opera dans le rôle d’Erda dans Das Rheingold, la première de plusieurs représentations qu’elle donnera cette année du cycle L’Anneau du Nibelung de Wagner. Elle chante aussi la même année au Met dans Un Ballo in Maschera de Verdi (ce qui se révélera sa dernière prestation au Met). Elle apparaît aussi fréquemment, et fait des tournées en tant que soliste avec l’OSM (aux États-Unis en 1981-1982) et le TSO (au Japon et en Chine en 1978). Elle retourne en Chine en 1982 avec Claude Corbeil et le pianiste Claude Savard. Elle reçoit son unique nomination aux Prix Juno en 1980 pour The Stratford Ensemble (1980).

Carrière ultérieure, de 1983 à 2002

Sa voix acquérant une qualité plus nasillarde à la fin des années 1980, Maureen Forrester commence à inclure moins de musique contemporaine dans son répertoire. Elle chante aussi occasionnellement de la musique populaire, dont les chansons de Jerome Kern et Stephen Sondheim au Royal York Hotel de Toronto. Elle parle de sa vie et sa carrière dans son autobiographie de 1986, Out of Character : A Memoir.

Dans les années 1990, elle réduit son programme à une cinquantaine d’engagements par année, tout en continuant à entreprendre de nouveaux défis, comme prêter sa voix à la série de télévision de dessin animés The Adventures of Tintin (1991-1992). Elle fait aussi ses débuts à l’Opéra de Montréal en 1994 dans le rôle de la Marquise dans La Fille du régiment. En 1995, elle chante avec le British Columbia Boys Choir et dans le concert hommage de la Deuxième Symphonie de Mahler du TSO, où on lui présente le Prix de la Banque Royale d’une valeur de 125 000 $.

Maureen Forrester réduit encore son nombre de prestation d’opéra et de récital classique. En 1996, elle se lance dans une tournée nationale avec le pianiste et compositeur David Warrack de Interpretations of a Life, comprenant des chansons humoristiques que Warrack a écrites pour elle. En 2000, Radio 2 de CBC présente Maureen Forrester dans In Performance, et la télévision de CBC diffuse le documentaire « Maureen Forrester : The Diva in Winter » dans sa série Life and Times. Souffrant de la maladie d’Alzheimer et des effets de l’alcoolisme, Maureen Forrester ne chante plus qu’occasionnellement jusqu’à 2002. Elle vit dans une maison de soins de Toronto jusqu’à sa mort en 2010.

Qualité vocale

Dès le début de sa carrière, le chant de Maureen Forrester se distingue par sa sensibilité émotionnelle et un travail musical solide et sophistiqué. Ces qualités, soutenues par l’endurance, une prestance et une justesse impeccable, la rendent populaire auprès des chefs et directeurs au pays et à l’étranger. 

Tôt dans sa carrière, on la compare avantageusement à la contralto britannique Kathleen Ferrier. La voix de Maureen Forrester est, à l’origine, une mezzo-soprano riche et chaude, avec la clarté et la puissance d’une trompette. Elle se développe ensuite en une contralto extrêmement réactive, aussi à l’aise dans des rôles de mezzo, maîtrisant pratiquement tout le répertoire dans ce registre. On peut dire qu’elle est plus efficace dans le lieder (particulièrement Brahms, Schumann, Mahler et Strauss), dans l’oratorio et les œuvres orchestrales avec voix, comme Das Lied von der Erde de Mahler.

Principaux collaborateurs et répertoire

Au sommet de sa carrière, Maureen Forrester donne jusqu’à 120 représentations par année, sur cinq continents. À une certaine époque, elle donne en moyenne plus de 30 concerts par année au Canada seulement. Elle joue avec pratiquement tous les principaux orchestres et chœurs du monde, sous la direction de chefs aussi renommés que Barbirolli, Beecham, Bernstein, Casals, von Karajan, Klemperer, Krips, Levine, MacMillan, Ozawa, Reiner, Sargent, Stokowski, Szell, Walter et plusieurs autres.

En plus de John Newmark, Maureen Forrester collabore pour les récitals avec les pianistes Stuart Hamilton, Donald Nolan, John Arpin, Derek Bampton et David Warrack. Parmi les cycles et les rôles solistes qu’elle donne régulièrement, on retrouve la Rhapsodie pour Alto de Brahms, des airs de la Passion selon Saint-Mathieu de Bach, A Child’s Garden of Verses d’Oskar Morawetz, You Are Happy de Stephen Chatman, Iolanthe de Gilbert et Sullivan et les Vêpres romaines de Haendel.

Création d’œuvres canadiennes

Souvent présentée comme une des plus grandes contraltos au monde, Maureen Forrester reste loyale à ses origines canadiennes et à la musique canadienne. Elle créé de nombreuses œuvres importantes de compositeurs canadiens, dont Trois poèmes de Saint Jean de la Croix de Gabriel Charpentier (1954), Mort de Jean Papineau-Couture (1956), The Confession Stone de Robert Fleming (Stratford, 16 juillet 1967), Poems of Young People de Harry Freedman, I Never Saw Another Butterfly de Srul I. Glick, (Toronto, le 6 septembre 1969), quatre des Six Folk Songs from Eastern Canada de Keith Bissell (au Festival CBC, le 12 juillet 1971), A Child’s Garden of Verses d’Oskar Morawetz (sous le titre From the World of a Child, au Festival CBC, le 10 février 1973) ainsi que Psalm 22 : God Why Have You Forsaken Me? (4 janvier 1984), Adieu Robert Schumann de R. Murray Schafer (avec l’Orchestre du Centre national des arts, le 14 mars 1978), et du même compositeur, Beauty and the Beast (avec le Quatuor à cordes Orford, 1er avril 1981) et The Garden of the Heart (avec le NACO, le 6 mai 1981), Three Sonnets of Shakespeare de Jean Coulthard (Vancouver, le 2 avril 1978) et You Are Happy de Stephen Chatman (Vancouver, le 15 mars 1989).

Opéra

Bien qu’elle finira par être considérée comme une grande chanteuse d’opéra, Maureen Forrester chante en fait peu d’opéra avant les années 1970. En plus des rôles précédemment mentionnés, on retrouve parmi ses prestations en opéra : Brangäne dans Tristan und Isolde à Buenos Aires (1963), et pour l’Opéra de Québec (1975) et la Canadian Opera Company (COC, 1979), la sorcière dans la production télévisée de Norman Campbell’s pour la CBC de Hansel and Gretel (1970) (un rôle qu’elle tiendra à nouveau au Guelph Spring Festival en 1979 et à l’Opéra de San Diego en 1984), Ulrica dans Un Ballo in Maschera avec l’Edmonton Opera (1971), Fricka dans Die Walküre de la COC (1971), Carmen dans une version concert avec l’Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo (1972), Madame Flora dans The Medium de Menotti (au Festival de Stratford en 1974 et à nouveau en 1977 pour une production de COMUS Music Theatre à Toronto, aussi télédiffusée par CBC en novembre 1978), Alice Ford dans Falstaff pour l’Opéra de Québec (1974), la comtesse dans La Dame de Pique au Festival Canada (Festival Ottawa) en 1976 et 1979, Herodias dans Salome avec l’Edmonton Opera en 1977 et la COC en 1986, la marquise dans La fille du régiment de la COC en 1977 et pour le Festival Ottawa en 1980, Clytemnestre dans Elektra pour la COC (1983), madame de la Haltière dans Cendrillon de Massenet pour le San Francisco Opera (1982) et le New York City Opera (1983), la première prieure dans Dialogues des Carmélites (COC, 1986) et Amente-Nufe dans la première de Ra de Schafer en 1983. Elle fait ses débuts à la Scala, plutôt tard dans sa carrière, interprétant le rôle de la comtesse dans La Dame de Pique en 1990.

Maureen Forrester touche également au répertoire de Gilbert et Sullivan, jouant la reine des fées dans Iolanthe (Festival de Stratford, 1984) et Katisha dans Mikado pour la COC (1986). Dans le cadre des célébrations du centenaire de Carnegie Hall, elle est soliste avec le Minnesota Orchestra dans Falstaff de Verdi (15 novembre 1990) et avec l’Indianapolis Symphony Orchestra dirigé par Raymond Leppard dans la première mondiale d’un arrangement pour orchestre de A Charm of Lullabies de Benjamin Britten (17 janvier 1991).

Administration des arts

En plus d’un horaire de représentations et d’enseignement bien chargé, Maureen Forrester commence à s’occuper d’administration des arts dans les années 1970. Elle est présidente nationale des Jeunesses Musicales of Canada (JMC) de 1972 à 1975 et est la première directrice de la fondation COMUS Music Theatre en 1975. Elle est membre du conseil du Centre national des arts (1973-1979) et membre honoraire de l’International Music Council (1977). En 1985, elle donne des classes de maître pour le département de musique de l’Université de l’Alberta, et en 1986 elle est nommée présidente honoraire de L’année internationale de la musique canadienne.

Elle accomplit un mandat plein de défis comme présidente du Conseil des arts du Canada (1983-1988), voyageant énormément pour promouvoir la musique canadienne et rencontrer différents paliers de gouvernement afin de demander un meilleur soutien et plus de financement pour les arts. Elle est aussi chancelière de l’Université Wilfrid Laurier (1986-1990), qui crée une bourse d’études en musique et une salle de concert en son honneur en 1994. Elle est nommée directrice de Les Arts du Maurier en 1993, et présidente honoraire de la Toronto School of Music Canada.

Vie personnelle

Maureen Forrester a épousé le violoniste Eugene Kash en 1957. Ils ont eu cinq enfants, parmi lesquels les acteurs Linda Kash et Daniel Kash, et se sont séparés en 1974. Maureen Forrester a poursuivi sa carrière internationale tandis qu’elle élevait ses enfants. Plus tard, elle a souffert de la maladie d’Alzheimer et des effets de l’alcoolisme, et a vécu dans une maison de soins de Toronto de 2002 jusqu’à sa mort en 2010.

Engagements caritatifs

Jusqu’en 2001, Maureen Forrester donne des concerts bénéfices au profit de plusieurs fondations caritatives, notamment pour l’arthrite et le sida.

L'étoile de Maureen Forrester
L'étoile de Maureen Forrester's sur « Canada's Walk of Fame. »

Honneurs et postérité

Maureen Forrester est probablement la chanteuse classique canadienne la plus connue depuis Dame Emma Albani. Elle a connu le sommet de sa carrière à une époque où le Canada atteignait sa maturité au plan musical, et où ses artistes classiques, comme Glenn Gould ou Teresa Stratas, commençaient à acquérir une renommée internationale. Elle a produit quelque 130 enregistrements à partir des années 1950.

En 1967, elle est faite compagnon de l’Ordre du Canada et reçoit le Prix national en musique de l’Université de l’Alberta. Elle reçoit le Prix Molson en 1971, le Diplôme d’honneur de la Conférence canadienne des arts en 1980, le Canada Music Day Award en 1981 et la Médaille du Conseil canadien de la musique en 1983. Elle reçoit aussi plus de 30 diplômes honorifiques.

En 1990, elle devient la seule interprète classique, avec Glenn Gould, à être intronisée dans le Panthéon de la musique canadienne. Elle devient membre de l’Ordre de l’Ontario la même année, et en 2003 elle est nommée officière de l’Ordre national du Québec.

Elle reçoit le Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle pour l’œuvre de toute une vie en 1995 pour sa contribution aux arts et à la musique canadiennes. En 2000, elle reçoit le premier prix « Ruby » d’Opéra Canada dans la catégorie artiste créatif, et en 2004 elle est sélectionnée parmi les « œuvres magistrales » du Trust pour la préservation de l’audiovisuel du Canada. Les Jeunesses Musicales Canada (JC) administrent un prix Maureen Forrester.

De nombreux hommages sont publiés après sa mort, et elle est honorée à Stratford, Ontario, en 2011. Ses archives sont conservées à l’Université Wilfrid Laurier.

Une version de cet article a d’abord été publiée dans l’Encyclopédie de la musique au Canada.

Prix

Diplômes honorifiques

Écrits

  • « Why I Love Mahler », Music Journal, (juin 1972).
  • « This is our music: putting words to our musical history », Imperial Oil Review, nº 5, 1980.
  • « Beyond La Belle Province », Music Magazine, novembre 1986.
  • – avec Marci McDonald, Maureen Forrester : au-delà du personnage, trad. fr. de Out of Character : A Memoir (1986) par Jean Chapdelaine Gagnon, 1989.
  • Préface de David W. Barber, When the Fat Lady Sings: Opera History as It Ought to Be Taught, 1990.
  • – in James Strecker, « Glenn Gould: Man, Musician, and Legacy: Nine Canadians talk about the legendary pianist », Bulletin of The International Glenn Gould Society, mars 1991.

Discographie choisie

  • Arne Songs to Shakespeare’s Plays, Young ténor, Chœur de chambre de l’Académie de Vienne, Orchestre de la Radio de Vienne, Priestman chef d’orchestre, 1964, West WST-17075.
  • Bach Arias, Bach Aria Group, Priestman chef d’orchestre, 1972, 2 -Desto DC -7139-40.
  • - Cantates nº 35 et 42, Chœur de chambre de l’Académie de Vienne, Orchestre de la Radio de Vienne, Scherchen chef d’orchestre, 1964, West WST-17080 et West Gold WGS-8303.
  • - Cantates nº 53, 54 et 169, Chœur de chambre de Vienne, I Solisti di Zagreb, chef d’orchestre, 1965, Bach  Guild BGS-70670.
  • - Cantate nº 170, D. Scarlatti Salve regina, Wiener Solisten, Heiller chef d’orchestre, 1966, Bach Guild BGS-70683.
  • - Oratorio de Pâques, Orchestre de Philadelphie, Ormandy chef d’orchestre, 1963, Columbia MS-6539.
  • - Passion selon saint Jean, Singing City Chorale, Orchestre de Philadelphie, Ormandy chef d’orchestre, 1971, 3-Columbia M3-30517.
  • C.-P.-E. Bach, J.W. Franck, Schumann, Loewe, Newmark piano, 1958, RCI 149, (sélections) RCI 615.
  • M.C. Baker Seven Wonders, Bampton piano, 1984, 2-Centredisques CMC-14-1584 et 2-RCI 585.
  • Beethoven Missa solemnis, Singing City Choirs, Orchestre de Philadelphie, Ormandy chef d’orchestre, 1970, 2-Columbia M2-30083.
  • - 9e Symphonie, Saint Hedwig’s Cathedral Choir-Berlin, Orchestre philharmonique de Berlin, Fricsay chef d’orchestre, 1959, 2-Decca DXSA-7157 et DG 2535-203, (« Ode à la joie ») Polydor 2310-071.
  • - 9e Symphonie, New England Cons. Chorus, Orchestre symphonique de Boston, Munch chef d’orchestre, 1958, 2-RCA Victor LSC-6066, 2-RCA VICS-6003 et RCA AGL -1-3007.
  • - « Ode à la joie » de la 9e Symphonie, Ch de l’Université Rutgers, OSM, Pelletier chef d’orchestre, 1967, CBC Expo-1.
  • Brahms Four Serious Songs, Wagner Wesendonck Lieder, Newmark piano, 1968, CBC SM-100, RCI 330, London CCL-6003 et London STS-15113.
  • - Two Songs op. 91, W. Trampler alto, C. Wadsworth piano, 1975, Classics Record Library SMQ-80-5731.
  • A Brahms-Schumann Recital, Schumann Frauenliebe und leben, Brahms Zigeunerlieder, Two Songs, op. 91, O. Joachim alto, Newmark piano, 1958, RCA LSC-2275.
  • Brott Songs of Contemplation, Quatuor à cordes Orford, 1985, SNE 516.
  • Casals El Pessebre, Chœur du Cons. de Porto Rico,Orchestre du Festival Casals, Casals chef d’orchestre, 1972, Columbia Masterworks M2-32966.
  • A Charm of Lullabies, Britten, Brahms, Coulthard, Dela et autres, Newmark piano, 1967, West 17137, West Gold WGS-8124.
  • Cherubini Missa solemnis en ré mineur, Orchestre et Chorale des Clarion Concerts, Jenkins chef d’orchestre, 1972, 2-Vanguard VCS-10110-11.
  • Christmas With Maureen Forrester, 1982, RCA KXL 1-0477.
  • Custer Comments on This World, Quatuor Phoenix, Serenus SRS-12031.
  • Duos, Schumann, Mendelssohn, Brahms, Streich soprano, Machwilsky piano, 1979, ETCETERA ETC-1010.
  • Elgar Sea Pictures, Steven Pages of Solitary Delights, Forsyth Three Métis Songs From Saskatchewan, Ouellet harpe, Orchestre symphonique de McGill, Hoenich chef d’orchestre, 1986, McGill University Records 85025 et McGill University Records 750-028-2 (CD).
  • An Evening With Maureen Forrester and Andrew Davis, Davis piano, 1985, Fanfare DFL-9024.
  • Fleming The Confession Stone, Schumann Liederkreis op. 39, Newmark piano, 1982, RCA KRL 1-0437 et CTL S-5245.
  • From Kern to Sondheim, Great American Theater Songs, Arpin piano, 1987, Pro Arte CDD-374.
  • Glick I never saw another butterfly, Freedman Poems of Young People, Beckwith Fives Songs, Newmark piano, 1970, CBC SM-77 et Sel CC-15-073, (Glick) 4-ACM 34 (CD), (Freedman) 6-ACM 8, (Beckwith) 5-ACM 26.
  • Gluck Orfeo ed Euridice, Orchestre de l’Opéra d’État de Vienne, Chœur de l’Académie de Vienne, Mackerras chef d’orchestre, Forrester (Orfeo), 1966, 2-Bach Guild BGS-70686-87 et 2-Bach Guild HM-66-67.
  • Haendel Hercules, Chœur de l’Académie de Vienne, Orchestre de la Radio de Vienne, Priestman chef d’orchestre, 1966, 2-RCA Victor LSC-6181.
  • - Jephtha, Amor Artis Chorale, English Chamber Orchestra, Somary chef d’orchestre, Forrester (Hamor), 1969, 3-Vanguard VCS-10077-79.
  • - Julius Caesar, Chorale et Orchestre du New York City Opera, Rudel chef d’orchestre, 1967, 2-RCA Victor LSC-6182, (extraits) RCA LSC-3116.
  • - Rodelinda, Orchestre de la Radio de Vienne, Priestman chef d’orchestre, Forrester (Bertarido), 1964, 3-West WST 320 et 3-West WGSO-8205, (extraits) West WST-17102 et West WST-17114.
  • - Roman Vespers, Psalms 110, 127, Philadelphia Singers, Concerto Soloists Chamber Orchestra of Philadelphia, Korn chef d’orchestre, 1985, 2-RCA ARC-2-7182.
  • - Serse, Chœur de chambre de l’Académie de Vienne, Orchestre de la Radio de Vienne, Priestman chef d’orchestre, 1964, 3-West WST 321 et 3-West Gold WGSO-8202, (extraits) West WST-17115 et West WST-17114.
  • - Theodora, Amor Artis Chorale, English Chamber Orchestra, Somary chef d’orchestre, Forrester (Didimus), 1968, 3-Vanguard VCS-10050-52.
  • Haendel, Purcell, Mahler, Duparc, Paladilhe, Debussy, Fleming, Newmark piano, 1967, CBC Expo-4 et RCI 246.
  • Haydn Ariadne auf Naxos, Coulthard Spring Rhapsody, K. Jones To Music, Newmark piano, v. 1961, RCI 203, (Haydn) RCI 615, (Coulthard) 6-ACM 10, (Jones) 5-ACM 24.
  • Le Lied, Schubert, Beethoven, Schumann, Brahms, Wolf, Strauss, Dvorak, Ladhuie alto, Newmark piano, 1955, Éd. du Club national du disque CND-7 et Everest SDBR-3247.
  • Lullabies, Dela, Arpin et autres, Arpin piano, 1988, Pro Arte CDD-411.
  • Mahler Des Knaben Wunderhorn, Rehfuss basse chantante, Orchestre du Festival de Vienne, Prohaska chef d’orchestre, 1963, Vanguard VSD-2154, Vanguard SRV-285-SD et Harmonia Mundi HM-B-5116.
  • - Kindertotenlieder, Songs of a Wayfarer, Orchestre symphonique de Boston, Munch chef d’orchestre, 1958, RCA LSC-2371 et RCA Gold Seal AGL 1-1338.
  • - Das Lied von der Erde, R. Lewis ténor, Orchestre symphonique de Chicago, Reiner chef d’orchestre, 1959, RCA Victor LSC 6087, RCA Gold Seal AGL -1-5248 et RCA 5248-2-RC (CD).
  • - Das Lied von der Erde, Orchestre philharmonique de New York, Walter chef d’orchestre, 1960, Curtain-Call CD-206.
  • - Das Knaben Wunderhorn, « Rheinlegendchen », « Verlor’ne Müh », Orchestre symphonique de Winnipeg, Gamba chef d’orchestre, 1979, MMG 112.
  • - Symphonie nº 2, Cundari soprano, Choeur Westminster, Orchestre philharmonique de New York, Walter chef d’orchestre, 1958, 2-Columbia M2S-601, 2-Odyssey Y2-30848 et 2-CBS M2K-42032 (CD).
  • - Symphonie nº 2, Ardwyn Singers, BBC Welsh Chorus, Cardiif Polyphonic Choir, Dyfed Choir, Orchestre symphonique de Londres, Kaplan chef d’orchestre, 1988, 2-MCA 2-11011.
  • - Symphonie nº 2, Orchestre symphonique et Chorale de Saint Louis, Slatkin chef d’orchestre, 1982, 2-Telarc CD-80081.
  • - Symphonie nº 3, Netherlands Radio Women’s Chorus, Boys’ Chorus of Saint Wilibrord’s Church-Amsterdam,Orchestre du Concertgebouw, Haitink chef d’orchestre, 1966, 2-Philips PHS-2996, 2-Philips SAL-3593-4 et 2-Philips 420-113-2 (CD).
  • - Symphonie nº 3, Orchestre philharmonique de Los Angeles, Mehta chef d’orchestre, 1978, 2-London CSA-2249.
  • Maureen Forrester Sings Famous Arias of Bach and Handel, I Solisti di Zagreb, Janigro chef d’orchestre, 1964, Vanguard-Bach Guild BGS-70669, (« O Thou That Tellest ») Moss MMG-1136.
  • Maureen Forrester Sings Mahler and Brahms, Brahms Rhapsodie pour contralto, Mahler Five Rückert Songs, Orchestre symphonique de la Radio de Berlin, Fricsay chef d’orchestre, 1957, DG LPE-17199 et Heliodor 89-857.
  • Maureen Forrester Sings Operatic Arias and Songs, Haendel, Gluck, Mozart, Purcell, Chœur de l’Académie de Vienne, Orchestre de l’Opéra d’État de Vienne, Zeller chef d’orchestre, 1964, West WST-17074 et HMV Concert Classics SXLP-20096.
  • Meet Me in St. Louis, Fanfare Palm Court Ens, Arpin chef d’orchestre, 1989, Pro Arte CDD-456.
  • Mozart After Hours, Chœur de l’Académie de Vienne, membres de l’Orchestre de l’Opéra d’État de Vienne, Jazz Rhythm Group, Kingsley chef d’orchestre et clavecin, 1964, Vanguard VRS-79165.
  • Mozart Ombra felice, Somers Five Songs for Dark Voice, OCNA, Bernardi chef d’orchestre, 1970, RCI 286 et RCA LSC-3172, (Somers) 10-ACM 7.
  • The Other Me, 1981, RCA KKL-1-0440.
  • Papineau-Couture Églogues, Duschenes flûte, Newmark piano, 1954, Hallmark RS-6.
  • Purcell Songs and Orchestral Interludes, Young ténor, Orchestre de la Radio de Vienne, Priestman chef d’orchestre, Isepp clavecin, 1968, West WST-17113.
  • Rachmaninov Vêpres op. 37, Choral Arts Soc de Washington, Rostropovitch chef d’orchestre, 1985-86, Erato ECD-75319 (CD).
  • Ravel Trois Poèmes de Mallarmé, Wolf Two Sacred Songs, Stratford Ens, Armenian chef d’orchestre, 1978, Cantabile CSPS-1349.
  • Respighi Lauda Per la Natività del Signore, Philadelphia Singers, Concerto Soloists Instr Ens, Korn chef d’orchestre, 1988, RCA Victor 7787-2-RC (CD).
  • Rodgers Carousel, Ambrosian Singers, Royal Philharmonic Orchestra, Gemignani chef d’orchestre, 1987, MCA 6209.
  • Schafer Adieu Robert Schumann, OCNA, Bernardi chef d’orchestre, 1978, CBC SM-364.
  • - « Aria of Amente-Nufe » de RA, Wyre percussions, 1983, Centredisques CMC-1283.
  • Schubert « An Die Musik », « Ständchen », Schafer The Star Princess and the Waterlilies, Tor Children’s Chorus, Bartle chef d’orchestre, Cameron narr, 1986-1987, Toronto Children’s Chorus TCC-D-004.
  • Strauss Elektra, Orchestre national de France, Perick chef d’orchestre, 1984, 2-Rodolphe RP-12420 et 2-Rodolphe RPC-32420 (CD).
  • Verdi Requiem, Amara soprano, Tucker ténor, London baryton, Chorale Westminster, Orchestre de Philadelphie, Ormandy chef d’orchestre, 1964, 2-Columbia M2S-707 et 2-Odyssey Y2-35230.
  • Weigel Three Songs, Quatuor à cordes Phoenix, 1976, Serenus SRS-12062.
  • Willan Songs and Folk Songs, Fleming Folk Lullabies, Bissell quatre des Six Folk Songs From Eastern Canada, Newmark piano, 1971, CBC SM-144.
  • Wagner Wesendonck Lieder, Archer 4 mélodies, Newmark piano, 1954, RCI 108, (Archer 3 mélodies) 6-ACM 17.

Filmographie

  • Iolanthe, VHS, CBC/Festival de Stratford, 1985, 1998.
  • Extraits de Tristan und Isolde de Richard Wagner, VHS, Video Artists International/Radio-Canada, 1975.

Music of
Forrester, Maureen

Liens externes