Femmes entrepreneures remarquables dans l’histoire du Canada | l'Encyclopédie Canadienne

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Femmes entrepreneures remarquables dans l’histoire du Canada

Les femmes ont une longue histoire en matière d’entrepreneuriat au Canada et leur participation ne cesse de croître dans ce domaine. Les entrepreneures énumérées ci‑dessous ne sont que quelques exemples des nombreuses femmes qui ont marqué l’histoire des affaires canadienne.

Suzanne Oland (1818-1885)

Susannah Oland

Susannah Oland commence à brasser de la bière dans un hangar derrière sa maison à Dartmouth, en Nouvelle‑Écosse, pour subvenir aux besoins de sa famille. La popularité de sa bière brune d’octobre attire des investisseurs, qui aident la famille à établir une brasserie commerciale, la Turtle Grove Brewery, à Halifax, en 1867. (Voir aussi Industrie brassicole au Canada.) Alors que son mari John Oland figure sur le papier comme directeur, c’est elle qui supervise les opérations quotidiennes de l’entreprise et le processus de brassage. En 1877, sept ans après la mort de son mari, elle rachète les parts des autres actionnaires et des investisseurs et donne à la brasserie le nom de S. Oland, Sons and Company. Elle dirigera la brasserie jusqu’à la fin de ses jours, Après sa mort, son plus jeune fils prend la direction de l’entreprise qui deviendra, ultérieurement, la Moosehead Breweries Limited, maintenant basée à Saint John, au Nouveau‑Brunswick. En 2022 elle est encore détenue et exploitée par les membres de la famille Oland. La société revendique également le titre de plus ancienne entreprise brassicole familiale au Canada.

Olivia Poole (1889-1975)


Olivia Poole s’inspire, pour l’invention de son Jolly Jumper, des planches porte‑bébé que les mères utilisent pour leurs enfants dans la réserve de White Earth, au Minnesota, où elle grandit. En 1910, utilisant des matériaux trouvés autour de sa maison, en Ontario, elle invente une première version de ce système permettant à son bébé d’être solidement fixé et distrait pendant qu’elle se livre à ses activités quotidiennes. Contrairement à une planche porte‑bébé classique, son invention permet de faire rebondir le bébé dont les jambes pendent librement. Elle utilise le Jolly Jumper pour tous ses enfants et petits‑enfants et ne cesse d’en améliorer la conception. La demande du public pour ce dispositif débute dès qu’elle en fait la première démonstration, en 1948. Au début des années 1950, le Jolly Jumper est produit en série. En 1956, elle devient l’une des premières autochtones au Canada à breveter une invention. (Voir aussi Inventeurs et innovations.) Elle crée également, avec son fils aîné Joseph, la Poole Manufacturing Co. pour fabriquer le Jolly Jumper. La famille cède ensuite l’entreprise, mais le Jolly Jumper est toujours produit, aujourd’hui, plus de cent ans après son invention.

Jean Lumb (1919-2002)

Jean Lumb ouvre sa première entreprise, un magasin de fruits, à proximité de l’intersection entre la rue Bathurst et l’avenue St Clair Ouest, à Toronto, alors qu’elle n’a que 17 ans. En quelques années seulement, son entreprise connaît un succès suffisant pour qu’elle puisse faire venir ses parents, ainsi que ses frères et sœurs, de Vancouver à Toronto. En 1959, elle ouvre, avec son mari, la Kwong Chow Chop Suey House dans le quartier chinois de Toronto. Ce restaurant, qui devient rapidement un endroit prisé, est fréquenté par des premiers ministres, des politiciens et d’autres célébrités. Grâce à des démonstrations culinaires et à ses prestations à la télévision et à la radio, elle fait connaître la cuisine chinoise à une grande partie de la population canadienne. (Voir aussi : Cuisine chinoise au Canada; Mets chinois populaires au Canada.) Parallèlement à son esprit d’entreprise, elle s’implique dans la lutte pour l’abrogation de la législation discriminatoire à l’égard des immigrants chinois et est le fer de lance du mouvement visant à sauver le quartier chinois de Toronto de la destruction ( voir aussi : Politique d’immigration au Canada; Racisme anti‑asiatique au Canada). Pour son travail communautaire, elle est intronisée membre de l’Ordre du Canada en 1976, devenant ainsi la première Canadienne d’origine chinoise et la première restauratrice à recevoir cet honneur.

Beverly Mascoll (1942-2001)

Beverly Mascoll receiving the Order of Canada, Ottawa, 22 October 1998.

C’est alors qu’elle travaille comme réceptionniste chez Toronto Barber and Beauty Supply, que Beverly Mascoll note que le secteur de la beauté canadien offre peu de produits destinés aux femmes noires (voir Communautés noires au Canada). Elle fonde Mascoll Beauty Supply en 1970, avec seulement 700 $, et commence à vendre des produits de beauté ciblant les femmes noires qu’elle stocke dans le coffre de sa voiture. Elle approche Johnson Products, un fabricant de produits de beauté appartenant à des Afro‑Américains, dont elle devient la distributrice exclusive au Canada, permettant ainsi la croissance de son entreprise. Elle étend géographiquement sa société sur cinq sites, organisant également des démonstrations de beauté et des séminaires. Les activités qu’elle déploie permettent la création d’un marché canadien pour les produits de beauté à destination des personnes noires, leur offrant, en outre, un accès à des occasions dans l’industrie cosmétique. Elle est intronisée membre de l’Ordre du Canada, aussi bien pour ses activités économiques que pour son travail communautaire.

Heather Reisman (1948‑)

Roméo Dallaire et Heather Reisman

S’appuyant sur l’amour de la lecture de toute une vie, Heather Reisman fonde Indigo Books & Music en 1996. Le premier magasin de l’entreprise ouvre l’année suivante à Burlington, en Ontario et est devenu depuis la plus grande librairie au Canada. Elle cofonde également la société spécialisée en lecture électronique Kobo Inc., en 2009. Parallèlement à ses activités d’entrepreneure, Heather Reisman est aussi productrice déléguée de documentaires primés, auteure et animatrice de baladodiffusions. En 2004, elle crée la Indigo Love of Reading Foundation, qui contribue au financement de livres pour les bibliothèques scolaires sous‑financées. Elle est intronisée au Temple de la renommée de l’entreprise canadienne et nommée officier de l’Ordre du Canada.