Kim Mitchell

Joseph Kim Mitchell, guitariste, auteur-compositeur-interprète et animateur de radio (né le 10 juillet 1952 à Sarnia, Ontario).

Kim Mitchell

Joseph Kim Mitchell, guitariste, auteur-compositeur-interprète et animateur de radio (né le 10 juillet 1952 à Sarnia, Ontario). Guitariste de rock créatif et compositeur de chansons pop au talent exceptionnel, Kim Mitchell est, depuis le milieu des années 1970, une figure incontournable de la scène musicale canadienne. D’abord chanteur principal survolté du groupe de hard rock progressif et excentrique Max Webster, il gagne en notoriété comme artiste indépendant dans les années 1980 grâce à des chansons rock diffusées à la radio, telles « Go for Soda », « Patio Lanterns » et « Rock N Roll Duty ». Par la suite, il s’impose comme une personnalité célèbre et incontournable de la radio et des festivals d’été. Il vend plus de 1,5 million de disques tout au long de sa carrière et reçoit 17 nominations et 3 trophées aux prix Juno.

Débuts et groupe Max Webster

Kim Mitchell grandit à Sarnia, Ontario, et commence à jouer dans des groupes dès le secondaire. À 17 ans, il déménage à Toronto, où il joue avec des groupes dans des bars et suit des cours de guitare avec le célèbre Tony Bradan. Après une brève tournée en Grèce, il revient à Toronto et forme un groupe avec le claviériste de Sarnia Terry Watkinson, le bassiste Mike Tilka et le batteur Paul Kersey, auxquels se joint un cinquième membre non officiel, le poète Pye Dubois, parolier principal du groupe. (Kim Mitchell a toujours écrit sa propre musique tout en disant qu’il déteste écrire des paroles et qu’il s’exprime plutôt avec les six cordes de sa guitare.) S’inspirant de l’idée d’un nom fictif tel que Jethro Tull et du titre de la chanson « Webster », que Mike Tilka avait enregistrée avec son précédent groupe, ils prennent le nom de Max Webster.

Grâce à son éclectisme alliant folles bravades et excentricités « Zappaesques », Max Webster devient l’un des groupes de rocks canadiens les plus originaux et populaires des années 1970 et font l’objet d’un culte planétaire. Ses trois premiers albums, Max Webster (1976), High Class in Borrowed Shoes (1977) et Mutiny Up My Sleeve (1978), reçoivent la distinction de disque d’or au Canada. Le groupe est peu à peu réputé pour la magie de ses concerts, en grande partie due au style vestimentaire loufoque et souvent androgyne de Kim Mitchell et à l’extravagance de ses pitreries sur scène. Max Webster fait la première partie du concert des Rush lors de leur tournée de 1977 et s’apprête à remporter un immense succès grâce à son album A Million Vacations qui lui vaut, en 1979, un disque de platine au Canada et à Paradise Skies, 43e au classement des meilleurs singles au Royaume-Uni. Après une tournée triomphale au Royaume-Uni et en Europe, en 1979, le groupe remporte un disque d’or au Canada pour son album enregistré en public Live Magnetic Air (1979). Cependant, le groupe souffre du manque de promotion et de la faible notoriété de leur maison de disque, en plus du stress généré par les tournées, et finit par se séparer. Terry Watkinson et le bassiste Dave Myles qui avait remplacé Mike Tilka avant la sortie de l’album Mutiny Up My Sleeve quittent le groupe en 1980. Mitchell dissout Max Webster en 1981.

Kim Mitchell est coauteur, avec Pye Dubois, de chansons populaires du groupe Max Webster, telles que « Hangover », « High Class in Borrowed Shoes », « Diamonds, Diamonds » et « Paradise Skies ». Une compilation des meilleurs succès du groupe, The Best of Max Webster, sort en 1989 et ses trois premiers albums sont réédités en Angleterre sous étiquette Rock Candy Music en 2011 et 2012.

Carrière solo (1982-1999)

Après avoir travaillé brièvement en studio, comme guitariste et producteur, Kim Mitchell accepte l’offre que lui fait Alert Records d’enregistrer un album solo. Par la suite, il forme un groupe, comportant notamment le remarquable chanteur et multi-instrumentiste Peter Fredette (guitare rythmique, guitare basse, claviers, batterie) et garde Pye Dubois comme parolier, ce dernier apportant une touche de plus en plus mélancolique au style du groupe.

Durant sa carrière de soliste, Kim Mitchell abandonne les excentricités auxquelles il se livrait avec le groupe Max Webster pour faire place à une musique pop rock parfois teintée de rock garage. Il conserve néanmoins son étrange allure, presque clownesque, avec sa tête ébouriffée couverte de longues mèches de cheveux et coiffée d’une casquette de la Police provinciale de l’Ontario. Avec sa musique plus tendance, il gagne en popularité. Son album court éponyme, sorti en 1982, lui vaut un prix Juno du chanteur le plus prometteur, et son premier 33 tours, Akimbo Alogo (1984), comportant les titres à succès « Go for Soda », « All We Are » et « Lager and Ale », se vend à plus de 100 000 exemplaires. Le single Go for Soda, très largement diffusé aux États-Unis, où il est utilisé dans les messages d’intérêt public de l’association des Mères contre l’alcool au volant (MADD), atteint la 12e place au classement Billboard des chansons rock.

La carrière de Kim Mitchell culmine lorsque sort l’album Shakin' Like a Human Being (1986), dans lequel on retrouve les titres populaires « Alana Loves Me », « Patio Lanterns », « That’s the Hold » et « Easy to Tame ». Vendu à plus de 300 000 exemplaires, le disque est couronné en 1987 du prix Juno d’album de l’année. Kim Mitchell remporte un autre succès grâce à l’album Rockland (1989), qui lui vaut le prix Juno de chanteur de l’année 1990. Le disque est certifié double platine au Canada, grâce à la chanson autobiographique « Rock N Roll Duty » et aux titres au succès modeste « Rocklandwonderland » et « Expedition Sailor ». L’album I Am a Wild Party (Live), qui restitue bien la frénésie des meilleurs concerts de Kim Mitchell, se vend à plus de 100 000 exemplaires et un single est produit à partir de sa chanson-titre.

Après les triomphes des années 1980, Kim Mitchell traverse une période d’inactivité. L’album Rockland est une pomme de discorde entre Mitchell et Dubois en raison de la décision de Mitchell d’écarter pour la première fois Pye Dubois des séances d’enregistrement. Kim Mitchell travaille avec les paroliers Jim Chevalier et Andy Curran sur l’album Aural Fixations (1992), qui obtient la certification or, mais n’engendre aucun single. Il fait ensuite à nouveau équipe avec Pye Dubois pour produire l’album Itch (1994), qui culmine à la 55e place au palmarès canadien, soit le pire échec commercial de tous ses albums jusqu’à Kimosabe (1999), qui ne figure sur aucun classement. Sa compilation Greatest Hits est certifiée platine en 1995 et la même année, Kim part en tournée avec le groupe Max Webster à nouveau réuni, celui-ci s’étant également reformé brièvement, à l’occasion d’un concert aux Toronto Music Awards, en 1990.

Retraite et carrière à la radio

Mitchell met fin à sa carrière de chanteur en 2001 et compose pendant un certain temps des refrains publicitaires. En août 2004, il fait ses débuts d’animateur et DJ à la radio rock de Toronto Q107 (CILQ-FM) aux heures de grande écoute de l’après-midi. Il enregistre également des dizaines de vidéos didactiques, mises en ligne sur le site Web de la radio et intitulées « Kim Mitchell’s Guitar Lessons » (Les cours de guitare de Kim Mitchell). En 2007, il reprend du service pour enregistrer l’album Ain’t Life Amazing et entreprendre une tournée à travers le pays. Il continue à se produire régulièrement au Canada, où il est particulièrement populaire sur les scènes des concerts d’été.

Récompenses

Chanteur le plus prometteur de l’année, prix Juno (1983)

Album de l’année, Shakin’ Like a Human Being, prix Juno (1987)

Chanteur de l’année, prix Juno (1990)

Une version de cet article est parue initialement dans l’Encyclopédie de la musique au Canada.


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