Première Nation de Nipissing (Nbisiing)

Les membres de la Première Nation de Nipissing (ou Nbisiing) sont d’origine algonquine et ojibwée. (Voir aussi Anichinabé et Algonquien.) La Première Nation est composée de plusieurs communautés vivant le long de la rive nord du lac Nipissing. Leur devise est une affirmation en faveur de la protection de l’A-Kii (terre), du Bemaadzijik (peuple) et de l’E-Niigaanwang (avenir). En 2014, la Première Nation de Nipissing a été la première nation anichinabée de l’Ontario à ratifier sa propre constitution. Sa population, en date de novembre 2020, était de 2909 personnes. Les deux tiers de la population résident hors réserve, tandis que 916 vivent sur la réserve.

Les membres de la Première Nation de Nipissing (ou Nbisiing) sont d’origine algonquine et ojibwée. (Voir aussi Anichinabé et Algonquien.) La Première Nation est composée de plusieurs communautés vivant le long de la rive nord du lac Nipissing. Leur devise est une affirmation en faveur de la protection de l’A-Kii (terre), du Bemaadzijik (peuple) et de l’E-Niigaanwang (avenir). En 2014, la Première Nation de Nipissing a été la première nation anichinabée de l’Ontario à ratifier sa propre constitution. Sa population, en date de novembre 2020, était de 2909 personnes. Les deux tiers de la population résident hors réserve, tandis que 916 vivent sur la réserve.

Territoire

Le territoire de Nbisiing est connu en anishinaabemowin (la langue anichinabée) sous le nom de Nbisiing E-Wiijidgbenmang Gete Naadziwin Gda Kiimaan. Des études archéologiques confirment que le territoire des Nbisiing est occupé depuis au moins 9000 ans.

Le territoire traditionnel cédé en vertu du traité Robinson-Huron de 1850 couvre 26 530 kilomètres carrés. Les droits d’usage des Nbisiing sur leur territoire sont protégés par ce traité. (Voir aussi Traités autochtones au Canada.)

La réserve indienne no 10 de Nipissing est la Nbisiing Shkon'gan. Le mot Shkon'gan signifie « terres restantes du territoire traditionnel ». Les appropriations de terres au milieu des années 1800 ont entraîné une réduction importante de l’assise territoriale des Nbisiing. Suite à des négociations avec la Couronne, le territoire de la Première Nation est actuellement de 210 km2. Il est situé immédiatement à l’ouest de North Bay, en Ontario.

La Première Nation protège les zones naturelles autour du lac Nipissing. En 2003, le Code foncier de Nipissing, promulgué en vertu de la Loi sur la gestion des terres des Premières Nations, octroie l’autonomie gouvernementale sur les terres et les eaux des Nbisiing.

Le saviez-vous ?
On trouve des médicaments naturels sur tout le territoire Nbisiing. Traditionnellement, les Nbisiing ont organisé des cérémonies pour la préparation de ces médicaments, par exemple par les Midewiwin. Ce sont possiblement ces cérémonies qui ont incité les premiers missionnaires français et les Wendats (Hurons) à décrire à tort dans leurs récits les Nbisiing comme des sorciers.


Débuts de l’histoire

En 1615, Samuel de Champlain rencontre les Nbisiing au lac Nipissing. Les documents européens, comme les Relations des Jésuites, décrivent les Nbisiing comme des gens astucieux sur le plan commercial, et dotés d’une société liée par les principes de solidarité, d’égalité et de liberté.

Les Nbisiing ont à l’époque une forte influence en tant que commerçants. Connues sous le nom de passage du Nipissing, les routes commerciales régionales se rejoignent sur le territoire des Nbisiing au lac Nipissing. Cela permet aux Nbisiing de participer à un vaste réseau commercial continental. Le poisson, les fourrures et les canots sont exportés vers d’autres Premières Nations, comme les Cris, les Kanyen'kehà:ka (Mohawk) et les Wendats (Hurons), en échange de maïs, de tabac et d’autres marchandises. Les Nbisiing font également du commerce avec les Français et les Anglais. En échange des fourrures, les Nbisiing reçoivent des tissus et des couvertures, des fusils et des articles en métal. (Voir aussi Traite des fourrures au Canada.)

La concurrence croissante pour les fourrures donne lieu à la guerre des castors (ou guerre iroquoise), une série de conflits au 17e siècle entre les Français, les Anglais et leurs alliés autochtones respectifs. À la suite de ces conflits, les Nbisiing se retirent géographiquement et retournent au lac Nipissing en 1671.

Les Nbisiing participent également à d’autres guerres coloniales. Pendant la guerre de Sept Ans, en 1756, 80 Nbisiing font partie de l’attaque du fort Edward dirigée par Louis-Joseph de Montcalm. Les Nbising prennent aussi les armes lors de la guerre de 1812 et comptent des anciens combattants des guerres du 20e et du 21e siècles. (Voir aussi Participation des Premières Nations et des Métis à la guerre de 1812 et Les peuples autochtones et les guerres mondiales.)

Le saviez-vous ?
Traditionnellement, les doodems, ou clans, étaient importants pour la structure sociale des Nbisiing. Ils désignaient les groupes en fonction de la lignée, affirmaient les alliances et étaient utilisés pour choisir les chefs. Avant la Loi sur les Indiens de 1867, les leaders nbisiing choisissaient leur chef dans le cadre de la fête des morts. Le chef Michel Shabogesic est possiblement le dernier chef affirmé lors d’un tel rassemblement. Aujourd’hui, les Nbisiing considèrent le cerf comme leur logo et identifient leurs doodems comme étant ceux du héron, de l’aigle, du faucon à queue rouge, du castor, du huard, de l’ours, de la martre, de l’orignal, du faucon, du poisson et du loup.


Politique et gouvernance

La sélection politique du Eniigaanziwaand (conseil) a lieu tous les trois ans, conformément au code électoral coutumier de la Première Nation de Nipissing. En 2014, les Nbisiing promulguent leur Gichi Naaknigewin (constitution). Ils deviennent ainsi la première nation anichinabée de l’Ontario à ratifier une constitution.

En 2021, les Nbisiing votent pour l’adoption de l’Accord en matière de gouvernance de la Nation des Anichinabés, une proposition d’autonomie gouvernementale. Cet accord reconnaît l’autorité des Nbisiing en matière de citoyenneté, de sélection des dirigeants, de langue et de culture, ainsi que de gestion et de fonctionnement. L’entente est signée avec le gouvernement fédéral en 2022.

En vertu du système d’éducation anichinabé, les Nbisiing ont le contrôle de l’éducation dans la réserve. L’école secondaire nbisiing se trouve dans le village de Duchesnay. (Voir aussi Éducation des Autochtones au Canada.)

Emploi et commerce

La Première Nation de Nipissing participe à diverses entreprises commerciales, notamment le parc commercial Bineshii (un immeuble de bureaux à locataires multiples), le projet de pont sur le ruisseau Duchesnay et le partenariat du réseau d’énergie solaire. Les entrepreneurs et les baux commerciaux nbisiing offrent des possibilités d’emploi par le biais de leurs entreprises commerciales individuelles.

Arts et culture

Les Nbisiing font de l’art dans divers médiums, notamment la peinture, la sculpture, le fer forgé, la performance artistique, l’écriture, les médias numériques et l’illustration. Ils poursuivent également leur tradition d’artisanat, en utilisant le métier à tisser et le perlage, les piquants de porc-épic, le cuir, le traitement des fourrures et le tannage des peaux de cerfs.

Aanmitaagzi, un studio autochtone géré par des artistes, est basé sur la Première Nation de Nipissing. L’engagement d’Aanmitaagzi est de favoriser « une communauté artistique dynamique grâce à des projets communautaires qui favorisent le bien-être, renforcent les relations avec la terre et intègrent des approches et des méthodologies intergénérationnelles ». (Voir aussi Art autochtone contemporain.)