Chronologie

Oka Crisis (Résistance à Kanesatake)

La crise d’Oka, également connue sous le nom de la résistance de Kanesatake ou résistance des Mohawks de Kanesatake, a été un affrontement de 78 jours (du 1er juillet au 26 septembre 1990) entre les manifestants mohawks, la police de Québec, la Gendarmerie royale du Canada (GRC), et l’armée canadienne. Cette confrontation a eu lieu dans la communauté de Kanesatake, qui comprend une région commune appelée la pinède. Elle est située près de la ville d’Oka, sur la rive nord de Montréal. Des manifestations et des actes de violence reliés à la crise ont eu lieu sur la réserve de Kahnawake, au sud de Montréal. La crise a été déclenchée par le projet d’expansion d’un terrain de golf et le développement de maisons en rangée sur le terrain contesté de la pinède qui comprend un cimetière mohawk. Les tensions étaient élevées, plus particulièrement après le décès du caporal Marcel Lemay, un agent de police de la Sûreté du Québec. Éventuellement, l’armée a été appelée et les manifestations ont cessé. L’expansion du terrain de golf a été annulée et la terre a été achetée par le gouvernement fédéral. Cependant, ces terres n’ont pas été établies en tant que réserve, et il n’y a toujours pas eu de transfert de terre aux Mohawks de Kanesatake. La crise a servi d’inspiration aux peuples autochtones à travers le Canada et les a incités à agir. Elle a été liée au mouvement Idle No More, ainsi qu’aux demandes d’enquêtes pour les femmes et filles autochtones disparues et assassinées au Canada.

Affrontement d'Oka

janvier 01, 1676

Séminaire des Sulpiciens

 

Les sulpiciens établissent la mission Mont-Royal

Les sulpiciens, une société de prêtres catholiques fondée à Paris en 1641, établissent une mission à Mont-Royal sur le site de ce qui est maintenant Montréal. Leur objectif est de convertir les peuples mohawks, algonquins et nipissing locaux au christianisme.

janvier 01, 1717

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La mission des Sulpiciens déménage

Le roi Louis XV, âgé de sept ans, accorde aux sulpiciens 9 miles2 de terrain sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, en face de Montréal, à la condition qu’ils construisent une mission à cet endroit.

janvier 01, 1721

 

Les sulpiciens saisissent et vendent les terres

Les sulpiciens déménagent donc sur la rive nord. Ils construisent un village pour le peuple mohawk, et un autre pour les Algonquins et les Nipissing. Mais au lieu de détenir les terres en fiducie, comme convenu, les sulpiciens conservent les droits de propriété exclusifs et commencent à vendre les terres aux colons blancs. 

janvier 01, 1761

Bataille des plaines d'Abraham

 

Les Mohawks de Kanesatake demandent des changements

Avec la bataille des plaines d’Abraham en 1759, et la capitulation de Montréal en 1760, la Grande-Bretagne fait la conquête de la Nouvelle-France. En 1761, le peuple mohawk de Kanesatake écrit aux représentants de gouvernement en Grande-Bretagne. Ils expliquent qu’ils vivent dans des conditions défavorables qui menacent leurs moyens de subsistance. Ils contestent leurs droits aux terres et demandent d’être libérés de l’autorité des sulpiciens. Ces demandes sont ignorées. Les Mohawks contestent leurs droits aux terres au moins huit fois pendant plus de 150 ans ; toutes ces requêtes sont rejetées.

janvier 01, 1763

Guerre de Sept Ans (carte)

 

Traité de Paris

La guerre de Sept Ans entre la Grande-Bretagne, la France et l’Espagne se termine avec le Traité de Paris en 1763. La France cède officiellement le contrôle du Canada à la Grande-Bretagne.

janvier 01, 1851

James Bruce Elgin, 8e comte de

 

Les Mohawks de Kanesatake pétitionnent auprès de Lord Elgin

Les Mohawks de Kanesatake soumettent une pétition à Lord James Bruce Elgin, gouverneur général du Canada, lui demandant de reconnaître leur droit à leurs terres. Leur requête est refusée.

janvier 01, 1853

kahnawake-vers-1860

 

Établissement de réserves

La province du Canada établit des réserves à Maniwaki et Doncaster. On demande aux Mohawks et aux Algonquins de la région de s’y installer.

janvier 01, 1859

Sir George-Étienne Cartier

 

Les sulpiciens reçoivent un titre foncier officiel

La province du Canada adopte un projet de loi piloté par George-Étienne Cartier à l’Assemblée législative. Le projet de loi accorde aux sulpiciens le titre officiel des terres. Ils continuent de les vendre aux colons blancs.

janvier 01, 1868

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Le gouvernement canadien rejette la revendication territoriale

Le gouvernement du nouveau Dominion du Canada nie le fait que la concession initiale des terres des Mohawks de Kanesatake réservait des terres spécifiquement pour eux.

janvier 01, 1877

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Le nom change de Kanesata à Oka

Les sulpiciens changent le nom de Kanesatake pour Oka.

janvier 01, 1881

Les chefs des Six Nations expliquant leurs ceintures wampum, 1871

 

Tentative de relocalisation des Mohawks de Kanesatake

Le gouvernement fédéral offre aux Mohawks de Kanesatake de les déplacer sur une réserve à Gibson, en Ontario. Environ deux tiers des Mohawks refusent de partir.

janvier 01, 1886

 

La pinède est ensemencée

Entre 1886 et 1897, près de 100 000 arbres sont plantés par les Mohawks de Kanesatake, sous la supervision du prêtre du village d’Oka, Joseph-Daniel Lefebvre. Les arbres sont plantés sur et à la base de la montagne à l’extérieur d’Oka, afin de stabiliser la terre après qu’une série d’avalanches ait menacé le village.

janvier 01, 1912

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Les tribunaux se prononcent contre les Mohawks de Kanesatake

L’affaire des Mohawks de Kanesatake concernant leurs droits fonciers est entendue devant la Cour supérieure du Québec en 1910 ; en 1912, elle est entendue devant la Cour du banc du Roi, et finalement, devant le Comité judiciaire du Conseil privé, la plus haute cour d’appel du Canada à l’époque. Le Comité judiciaire décide que le titre foncier officiel appartient aux sulpiciens. Pendant ce temps, le gouvernement fédéral considère que Kanesatake est un territoire provisoire et non une réserve. Il n’est donc pas couvert par la Loi sur les Indiens (voir aussi Revendications territoriales des Autochtones). 

janvier 01, 1924

 

Implantation du système de bande

En vertu de la Loi sur les Indiens, le gouvernement fédéral instaure un système de conseils de bande élus. Cependant, il refuse de reconnaître Kanesatake comme une réserve ou comme un territoire Mohawk officiel. De nombreuses communautés Haudenosaunee refusent de se conformer au système de conseils de bande jusqu’à ce qu’ils y soient forcés par la GRC.

janvier 01, 1936

 

Les sulpiciens vendent les terres

Les sulpiciens vendent la plupart de leurs terres d’Oka. Les Mohawks de Kanesatake sont alors confinés sur environ 6 km2, comparativement aux 687 km2 qu’ils détenaient autrefois. À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les sulpiciens ont vendu les terres restantes et ont quitté la région. Toutefois, la propriété de la pinède demeure irrésolue.

janvier 01, 1961

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Construction d’un golf de neuf trous

En 1959, le Club de golf d’Oka commence à louer une partie de la pinède à la ville d’Oka. Le terrain de golf de neuf trous de la pinède est construit deux ans plus tard, sans le consentement des Mohawks de Kanesatake.

janvier 01, 1968

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Blocus du pont international de la voie maritime à Akwesasne

Les manifestants mohawks forment un blocus sur le pont international de la voie maritime entre Cornwall, en Ontario et l’État de New York, exigeant que le gouvernement fédéral reconnaisse le Traité de Jay.

janvier 01, 1968

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Fondation de la Société des guerriers mohawks

La Société des guerriers mohawks est fondée en tant que société de chant, pour perpétuer les coutumes et chants traditionnels mohawks. Inspirée par le American Indian Movement (AIM) aux États-Unis, la société prône la défense armée pour défendre les communautés autochtones et leurs intérêts contre l’ingérence de l’État. Plus tard cette même année, la société occupe deux îles du fleuve Saint-Laurent. En 1971, elle aide une bande Onondaga de l’État de New York à arrêter un projet de construction (voir aussi Autochtones : organisations et activisme politiques).

octobre 01, 1973

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La Société des guerriers mohawks expulse les colons de Kahnawake

À la suite de l’occupation de Wounded Knee dans le Dakota du Sud par AIM au printemps de 1973, la Société des guerriers mohawks expulse les résidents non autochtones de Kahnawake. Un affrontement d’une semaine avec la Sûreté du Québec s’ensuit.

janvier 01, 1974

 

La Société des guerriers mohawks occupe des terres dans l’État de New York

Enhardie par son succès à Kahnawake, la Société des guerriers occupe un camp d’été abandonné à Moss Lake aux monts Adirondack. Ils le détiennent pendant trois ans avant d’obtenir un règlement. 

janvier 01, 1975

 

La revendication territoriale des Mohawks est rejetée

Les Mohawks de Kahnawake, de Kanesatake et d’Akwesasne revendiquent leur titre autochtone sur leurs terres ancestrales. Leur revendication territoriale est rejetée sous prétexte que, comme ils ne détiennent pas ces terres depuis des temps immémoriaux, leur titre autochtone est donc annulé. 

janvier 01, 1977

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Fondation de Ganienkeh

Après une occupation armée de trois ans et près de 200 négociations avec les autorités de l’État de New York, la Société des guerriers mohawks abandonne le camp de Moss Lake en échange de deux parcelles de terrain totalisant 23 km2 près d’Altona, New York, à environ 20 km de la frontière du Canada et des États-Unis, au sud de Kahnawake. L’endroit devient une « colonie permanente non-réserve » appelée Ganienkeh, un rare exemple d’un peuple autochtone qui a réussi à revendiquer ses terres auprès du gouvernement. Pour commémorer la fondation de la colonie, l’auteur et artiste Louis Karoniakatajeh Hall (un Mohawk de Kanesatake) crée le drapeau de l’Unité, aussi connu sous le nom de drapeau des guerriers mohawks. 

octobre 20, 1979

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David Cross est abattu à Kahnawake

Après avoir été pris en filature pour excès de vitesse, David Cross, âgé de 28 ans, est poursuivi sur le pont Mercier par la Sûreté du Québec jusqu’à son domicile de Kahnawake. Il ressort de sa maison avec une queue de billard, avec laquelle il frappe le capot de la voiture de police. Il est abattu par balle devant sa famille. En réponse, la SQ ordonne à ses officiers de rester en dehors de Kahnawake, à moins d’être appelés sur la réserve.

janvier 01, 1981

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Descente de la SQ chez les Micmacs de Restigouche

La Sûreté du Québec effectue deux descentes contre la Première Nation Micmac de Listuguj, à Restigouche au Québec, dans le but d’imposer de nouvelles restrictions sur la pêche au saumon. En réponse, les Mohawks de Kahnawake commencent à élaborer des plans de défenses pour leur territoire.  

janvier 01, 1986

 

Une deuxième revendication territoriale refusée

Après le rejet de sa première revendication territoriale en 1975, la bande de Kanesatake dépose une deuxième revendication territoriale auprès du gouvernement fédéral en 1977. Elle est rejetée en 1986, sous prétexte qu’elle ne répond pas à tous les critères juridiques.

juin 01, 1988

 

Descente de la GRC dans les magasins de tabac de Kahnawake

Plus de 200 agents de la GRC prennent d’assaut la réserve de Kahnawake afin de sévir contre la vente présumée de cigarettes de contrebande. En réponse, les guerriers mohawks bloquent les autoroutes et s’emparent du pont Mercier.

mars 01, 1989

 

Oka annonce un plan d’expansion du terrain de golf

La ville d’Oka annonce son intention de construire un complexe de maisons en rangée et d’agrandir le terrain de golf dans la pinède et sur le cimetière ancestral de Kanesatake. Comme la revendication territoriale de la bande de Kanesatake avait été refusée en 1986, la bande n’est pas consultée. Le Chef Clarence Simon demande immédiatement que l’expansion du terrain de golf soit annulée.

juillet 01, 1989

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Manifestations et ajournement

Après des semaines de manifestations de la part des Mohawks de Kanesatake, les gouvernements fédéral et provincial demandent à Oka de reconsidérer ses plans. Le maire d’Oka, Jean Ouellette, émet un ajournement. 

juillet 01, 1989

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Descente du FBI à Akwesasne

En raison d’allégations d’évasion fiscale, plus de 200 agents du FBI et de la police de l’État de New York effectuent des descentes dans plusieurs casinos d’Akwesasne et ils saisissent des registres commerciaux, et des machines à sous (la réserve enjambe la frontière et est jointe à la réserve indienne St. Regis du côté américain). 

mars 01, 1990

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Terrain de golf approuvé : barricade érigée

Le maire d’Oka donne le feu vert pour la construction du terrain de golf. Peu de temps après, les Mohawks de Kanesatake érigent une barricade sur le Chemin du Milieu, un chemin de terre qui relie la route 344. 

mars 30, 1990

 

Affrontement à Ganienkeh

Un hélicoptère de la Vermont National Guard est forcé d’atterrir après avoir été présumément abattu alors qu’il vole au-dessus de Ganienkeh. Une confrontation de plusieurs jours s’ensuit avec le FBI et la police de l’État de New York. 

avril 26, 1990

 

Le tribunal accorde une injonction à Oka

La Cour supérieure du Québec ordonne à la communauté de Kanesatake d’enlever les barricades qui bloquent le Chemin du Milieu. 

mai 01, 1990

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Deux Mohawks sont tués à Akwesasne

Les conflits entre les factions pro-jeu et anti-jeu d’Akwesasne mijotent depuis des années, entraînant des assauts, des attaques à la bombe, et des tirs de « milliers de balles ». La violence atteint son point culminant avec la mort par balle de deux hommes mohawks. Des centaines d’agents de la SQ, de la police de l’État de New York et des Forces armées canadiennes sont déployés pour calmer la situation. Plus de 600 personnes mohawks d’Akwesasne se réfugient temporairement dans une auberge de Transports Canada à Cornwall.   

mai 01, 1990

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La route 344 demeure barricadée

La Société des guerriers mohawks se joint aux gens de la pinède et les aide à renforcer la barricade. 

juin 30, 1990

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Deuxième injonction accordée à Oka

La Cour provinciale du Québec accorde une injonction à la ville d’Oka pour faire enlever les barricades. Pendant ce temps, les Mohawks de Kanesatake élaborent une stratégie d’affrontement : les femmes vont prendre les devants, et les guerriers sont à l’arrière en tant que réserves. 

juillet 05, 1990

 

Ultimatum

Le gouvernement du Québec prévient les manifestants que si les barrages routiers ne sont pas enlevés, des mesures seront prises. Le nombre d’officiers de la SQ augmente, alors que des Mohawks de Kahnawake et d’Akwesasne viennent se joindre aux manifestants. 

juillet 08, 1990

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John Ciaccia demande à Oka de se retirer

John Ciaccia, le ministre des Affaires autochtones du Québec implore le maire d’Oka, Jean Ouellette, de ne pas faire avancer la SQ.

juillet 10, 1990

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Les Mohawks de Kanesatake se préparent à une descente

Les Mohawks de Kanesatake sont informés d’une descente de la SQ la nuit avant qu’elle ne se produise, apparemment par un répartiteur de la SQ. Ils sont donc capables de renforcer leurs positions défensives et de poser des pièges, comme des hameçons de pêche sur des branches à hauteur des genoux, et des boîtes de conserve attachées à des câbles.

juillet 11, 1990

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La crise d’Oka commence, 5 h 15

Une centaine d’officiers de l’escouade tactique de la SQ s’engage dans la pinède, où se trouvent environ 30 guerriers mohawks. La SQ demande à parler aux représentants des guerriers ; ceux-ci négocient une pause de 45 minutes pour faire une cérémonie de combustion de tabac. Pendant ce temps, ils alertent les Mohawks de Kahnawake, qui utilisent leurs voitures pour bloquer la circulation et installer une barricade sur le pont Mercier. En moins de deux heures, ils repoussent la circulation jusqu’à Châteauguay.

juillet 11, 1990

 

8 h 30

Le chargeur frontal se déplace pour enlever la barricade. Les officiers de la SQ sautent par-dessus la barricade à la poursuite des Mohawks qui s’enfuient dans la pinède. Autour de 9 h, une fusillade de trente secondes s’ensuit. Le caporal de la SQ, Marcel Lemay, est tué lorsqu’une balle pénètre dans l’espace sous l’aisselle de son gilet pare-balles (l’identité du tireur n’est jamais déterminée). La police bat en retraite immédiatement, abandonnant plusieurs véhicules ainsi que le chargeur frontal ; les Mohawks l’utilisent pour écraser les autres véhicules et construire une autre barricade. 

juillet 11, 1990

 

7 h 30

Dans la pinède, la police et les Mohawks, qui sont maintenant près de 70, savent que les Mohawks de Kahnawake occupent le pont Mercier. La SQ lance des gaz lacrymogènes (qui reviennent pour la plupart vers eux), et des grenades incapacitantes, et ils apportent un chargeur frontal pour enlever la barricade. 

juillet 12, 1990

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Les négociations commencent

Les demandes des Mohawks incluent : le titre sur le terrain contesté qui est utilisé pour l’expansion du terrain de golf, le retrait des forces policières de Kanesatake et Kahnawake, deux jours pour pouvoir entrer et sortir librement de Kanesatake et Kahnawake, et l’arbitrage de toutes les disputes par la Cour internationale de justice de La Haye. Toutes ces demandes sont rejetées par les représentants fédéraux et provinciaux.

juillet 17, 1990

 

Les ravitaillements de nourriture arrivent

La Croix-Rouge envoie une cargaison de nourriture à Kanesatake. Celle-ci est stockée dans le gymnase de la communauté, qui sert de banque alimentaire temporaire. L’Association des femmes autochtones du Québec de Montréal, de concert avec des églises et d’autres organismes, organise avec succès des collectes de nourritures pour les Mohawks de Kanesatake. Une grande partie de la nourriture doit être passée clandestinement par les bois ou la rivière.    

juillet 18, 1990

 

D’autres barricades apparaissent à travers le Canada

En signe de solidarité avec les Mohawks de Kanesatake, les Premières Nations à travers le pays organisent des manifestations ou érigent des barricades, dont plusieurs en Colombie-Britannique qui bloquent les routes et les chemins de fer. John Cox, de la compagnie de chemin de fer du Canadien Pacifique, déclare aux médias : « la quasi-totalité de notre trafic transcontinental est interrompue. Nous sommes à la merci de bandes individuelles, et des décisions qu’elles prendront. »

août 01, 1990

Mercredi, Ovide

 

Ovide Mercredi visite Kanesatake

Le vice-chef de l’Assemblée des Premières Nations, Ovide Mercredi, arrive à Kanesatake avec de l’aide et des conseillers.

août 01, 1990

 

Des manifestants de Châteauguay brûlent l’effigie d’un Mohawk

Dix mille personnes marchent à travers la ville voisine de Châteauguay, demandant que le blocus du pont Mercier soit levé. Les manifestants pendent et brûlent l’effigie d’un guerrier mohawk. Cela continue pendant plusieurs nuits de suite.

août 05, 1990

Robert Bourassa

 

Deuxième ultimatum

Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, donne 48 heures aux Mohawks de Kanesatake et de Kahnawake pour démanteler leurs barricades.

août 08, 1990

Brian Mulroney

 

Le Québec fait appel aux militaires

Robert Bourassa invoque la Loi sur la défense nationale et demande au premier ministre Brian Mulroney d’envoyer les militaires pour qu’ils interviennent dans cette crise.

août 12, 1990

 

Accès à l’aide garanti

Une entente est conclue entre les Mohawks, le ministre des Affaires autochtones du Québec John Ciaccia, et le ministre fédéral des Affaires autochtones Tom Siddon. L’entente garantit aux Mohawks de Kanesatake un accès à de l’aide, incluant des fournitures médicales, de la nourriture et des conseillers juridiques et spirituels.   

août 14, 1990

 

Des soldats à Montréal

Des membres des Forces armées canadiennes sont déployés dans les banlieues de Montréal, à Saint-Benoît, Blainville, Saint-Rémi, Saint-Hubert, Longue-Pointe et Farnham.

août 20, 1990

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Les Forces armées déployées à Oka

L’Opération Salon commence. Quatre mille soldats prennent position à Kanesatake et Kahnawake et dans les environs, accompagnés de véhicules militaires blindés, d’hélicoptères, d’artillerie, de navires de la marine sur le fleuve Saint-Laurent, ainsi que d’autres équipements (pour fournir un contexte, près de 5100 militaires canadiens ont servi dans la guerre du golfe Persique, avec un maximum d’environ 2700 militaires à la fois dans la région. Selon l’historien Timothy C. Winegard, les forces armées ont utilisé leur stock national de barbelés en entier à Oka).

août 21, 1990

Kanehsatake (film)

 

Les négociations continuent

Leurs demandes antérieures ayant été rejetées, les Mohawks de Kanesatake en font de nouvelles. Ils demandent qu’aucun d’entre eux ne soit arrêté, que les gouvernements québécois et canadien reconnaissent le peuple mohawk du Québec, de l’Ontario et de l’État de New York comme une nation unifiée et souveraine, et que le gouvernement fédéral achète les terres disputées de Kanesatake et qu’il crée une réserve appropriée pour les Mohawks. 

août 27, 1990

 

Les négociations échouent

Le premier ministre du Québec Robert Bourassa met fin aux négociations. L’Armée canadienne déclare qu’elle commence le démantèlement des barricades.

août 28, 1990

 

L’ordre est donné d’évacuer Oka

Anticipant l’avancée de l’armée, les représentants du gouvernement vont de porte en porte dans la ville d’Oka afin d’ordonner l’évacuation aux résidents qui restent. Un convoi de 75 voitures de femmes, enfants et aînés mohawks quitte également Kahnawake. Une foule en colère lance des pierres aux voitures, blessant plusieurs personnes à l’intérieur (l’incident a été documenté par Alanis Obamsawin dans son documentaire Rocks at Whiskey Trench).

août 29, 1990

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Réouverture du pont Mercier

Les guerriers mohawks concluent un accord qui consiste à démanteler la barricade du pont Mercier. Il faut huit jours pour que la barricade soit démantelée et que le pont puisse rouvrir. 

septembre 01, 1990

Affrontement d'Oka

 

La prise d’une photo célèbre

La photo d’un guerrier mohawk et d’un soldat canadien qui se font stoïquement face est prise par le photographe de la presse canadienne Shaney Komulainen. Elle devient une image déterminante de la crise. 

septembre 01, 1990

 

L’armée avance sur les barricades

Avec environ 40 guerriers mohawks restants sur les barricades, l’armée avance. Les guerriers battent en retraite au centre de traitement Onen:to’ken, qui est utilisé comme centre de négociations, sur la route 344 en face de la pinède. 

septembre 02, 1990

 

La barricade démantelée

L’armée démantèle la barricade principale, sur la route 344. 

septembre 03, 1990

Parlement canadien

 

Les négociations se poursuivent, encore une fois

Les quelques Mohawks qui restent sont isolés dans le centre de traitement. Ils continuent de négocier, mais ont peu d’influence. Leur objectif est de tenir jusqu’à la rentrée parlementaire le 24 septembre (le Parlement est toujours fermé pendant l’été). Ils espèrent que leurs revendications feront l’objet du débat. La nuit, l’armée inonde le centre de traitement de lumière avec des projecteurs de recherches, et les hélicoptères le survolent en permanence.

septembre 12, 1990

 

L’armée renforce sa position

L’armée dépose de nouveaux rouleaux de barbelés autour du centre de traitement et elle construit une plate-forme d’observation dans les arbres. Le lendemain, les lignes téléphoniques du centre sont coupées. 

septembre 18, 1990

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Affrontement de l’île Tekakwitha

Des officiers de la SQ et des soldats de l’armée débarquent sur l’île Tekakwitha, aux abords de Kahnawake, et ils se dirigent vers la communauté. Au pont qui mène à la réserve, ils sont accueillis par des centaines de Mohawks. Les soldats tentent de poser des barbelés, mais ceux-ci sont démantelés par les Mohawks qui lancent également des pierres aux soldats et les attaquent. Les soldats ripostent en tirant des gaz lacrymogènes et des tirs d’avertissement, et ils attaquent les Mohawks avec la crosse de leurs fusils. Au bout de sept heures, les soldats sont transportés en avion par huit hélicoptères Chinook. Vingt-deux soldats sont blessés, ainsi que 75 Mohawks, âgés de 5 à 72 ans.   

septembre 24, 1990

 

Rentrée parlementaire

Le déploiement des troupes à la fois à Oka et dans le golf Persique domine les débats au Parlement lors de la session d’automne, à la rentrée parlementaire.

septembre 25, 1990

Brian Mulroney

 

La promesse de Brian Mulroney

À la Chambre de communes, le premier ministre Brian Mulroney promet de satisfaire certaines des demandes non spécifiées des Mohawks.

septembre 26, 1990

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La crise d’Oka prend fin

Le journaliste de la CBC Neil Macdonald rapporte que 28 guerriers, 16 femmes et 6 enfants ont subitement quitté le centre surprenant ainsi le commandement militaire qui s’attendait à ce que la capitulation se déroule de façon ordonnée. Dans la confusion, Waneek Horn-Miller, 14 ans, est poignardée à la poitrine par la baïonnette d’un soldat. Au moment de l’incident, elle tente d’amener sa sœur de 4 ans, Kaniehtiio, à un endroit sûr. Elles ont passé des semaines derrière la barricade, alors que leur mère, Kahn-Tineta Horn, agissait en tant que négociatrice. Plusieurs guerriers sont détenus par l’armée. La Sûreté du Québec dépose plus tard des accusations contre un certain nombre de manifestants. Cinq d’entre eux sont éventuellement reconnus coupables d’actes criminels, dont voies de fait et vol. Un seul purgera une peine de prison.

septembre 29, 1990

 

L’armée quitte Oka

Les soldats des Forces armées se retirent de leurs positions. 

août 26, 1991

 

Commission royale sur les peuples autochtones

La Commission royale sur les peuples autochtones est créée par le premier ministre Brian Mulroney afin d’enquêter sur les questions relatives au statut d’Indien et sur d’autres enjeux que la résistance a fait ressortir.


novembre 21, 1996

 

La Commission royale publie son rapport

Le rapport, comprenant cinq volumes, est diffusé à l’issue d’une cérémonie spéciale tenue à Hull (Québec). La principale conclusion du rapport est la nécessité d’une restructuration complète des relations entre les peuples autochtones et les peuples non autochtones du Canada. Parmi les recommandations plus générales, on note la proposition de promulguer une nouvelle Proclamation royale, ce qui exigerait du gouvernement qu’il s’engage à respecter une série de nouveaux principes d’éthique visant à protéger la relation entre les peuples autochtones et l’État. Cette nouvelle relation permettrait de reconnaître et de respecter la culture des peuples autochtones, leurs valeurs, leurs origines et leur droit à l’autodétermination. (Voir Autonomie gouvernementale des Autochtones.) La mise en œuvre d’un grand nombre des recommandations préconisées par la Commission royale aurait nécessité une modification de la Constitution. La plupart des recommandations n’ont pas été mises en application.

juin 14, 2001

 

Loi sur le gouvernement du territoire provisoire de Kanesatake

Pendant la crise, le gouvernement fédéral accepte d’acheter la pinède pour empêcher d’autres projets d’exploitation. Le projet d’agrandissement du terrain de golf et la construction des immeubles en copropriété sont annulés. Après la crise, le gouvernement achète d’autres parcelles de terre pour la réserve de Kanesatake. Le 14 juin 2001, la Loi sur le gouvernement du territoire provisoire de Kanesatake statue que le territoire est réservé aux Mohawks de Kanesatake. Cela étant dit, elle ne le désigne pas comme réserve autochtone, et aucune structure de transfert du territoire n’est mise sur pied.

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