Agence spatiale canadienne

Fondée en 1990, l’Agence spatiale canadienne (ASC) promeut l’exploitation et l’usage pacifiques de l’espace dans l’intérêt social et économique de l’ensemble de la population canadienne. Elle coordonne également les diverses contributions du gouvernement fédéral en faveur de plusieurs des partenaires de l’Agence, au Canada et à l’étranger. Le mandat actuel de l’ASC comprend le Programme des astronautes canadiens, la mise au point de satellites, la science spatiale et les programmes technologiques, les stations spatiales, ainsi que la robotique.

Agence spatiale canadienne
La conception architecturale du siège de l'Agence spatiale canadienne, construit en 1992 et situé à Saint-Hubert au Québec, s'inspire de celle de la Station spatiale internationale.

Mots clés

Expédition :  Dans le contexte de l’exploration spatiale, une expédition est un séjour de longue durée (habituellement près de six mois) à bord de la Station spatiale internationale.   

National Aeronautics and Space Administration (NASA) :  L’agence spatiale américaine. L’Agence spatiale canadienne collabore avec la NASA depuis 1982 pour envoyer des astronautes canadiens dans l’espace à bord de missions dirigées par la NASA.    

Station spatiale internationale (SSI) : Un laboratoire de recherche scientifique et technologique, occupé en permanence, qui gravite autour de la Terre à une altitude de 400 km.

Système de transport spatial (STS) :  Programme de navettes spatiales de la NASA. Les missions à bord des navettes spatiales de la NASA sont identifiées par l'abréviation STS suivi d’un numéro (par exemple STS‑77, STS‑99). Une mission de la navette spatiale dure habituellement entre une et deux semaines.

Historique

Avant la création de l’Agence spatiale canadienne en1990, les investissements du Canada dans les activités spatiales émanaient de multiples entités relevant du gouvernement fédéral. Il s’agissait notamment des ministères supervisant la recherche scientifique, la défense, les ressources naturelles et les communications par satellite.

Début 1959, la NASA approuve une proposition de construction du satellite Alouette1 émanant du Conseil de recherches pour la défense du Canada. Alouette1 a pour but d’étudier l’ionosphère, une couche située au‑dessus de l’atmosphère terrestre. La NASA lance le satellite canadien en orbite le 29 septembre 1962. Cela a fait du Canada le troisième pays (après l’URSS et les États‑Unis) à concevoir, construire et mettre en orbite son propre satellite artificiel terrestre. Alouette2 est lancé le 29 novembre 1965 et d’autres satellites canadiens vont suivre rapidement.

Alouette
Les premières expériences du Canada dans l'espace remontent à 1962; avec le lancement du satellite scientifique Alouette-1.
(avec la permission de l'Agence spatiale canadienne)

En 1962, le rapport de la Commission royale d’enquête sur l’organisation du gouvernement recommande que le Canada crée une agence spatiale unique. La même recommandation est formulée, cinq ans plus tard, dans un autre rapport du gouvernement fédéral, Upper Atmosphere and Space Programs in Canada (Programmes de la haute atmosphère et de l’espace au Canada),également connu sous le nom de rapport Chapman.

En 1982, la NASA cherche des partenaires internationaux pour l’aider à construire ce qui allait devenir la Station spatiale internationale (SSI). Les Américains jugent la contribution canadienne suffisamment importante pour qu’en échange, ils offrent à des astronautes canadiens des possibilités de voler sur des missions spatiales américaines.

En 1983, un comité de sélection du Conseil national de recherches du Canada s’entretient avec les candidates et les candidats et en choisit six qui deviendront les premiers astronautes canadiens.

Le saviez‑vous?
Marc Garneau devient le premier Canadien à effectuer un vol spatial en participant à la mission STS‑41G à bord de la navette Challenger en octobre 1984.

En 1985, le premier ministre Brian Mulroney accepte l’invitation du président américain Ronald Reagan de participer au programme SSI. Cette participation crée de nouvelles possibilités pour les astronautes canadiens.

La mise en place de l’Agence spatiale canadienne (ASC) est annoncée en mars 1989. Le texte législatif régissant sa création reçoit la sanction royale en mai 1990.

Programme des astronautes canadiens

Première équipe d'astronautes canadiens

Première équipe d'astronautes canadiens sélectionnés en 1983. À l'arrière, de gauche à droite : Ken Money, Marc Garneau, Steve MacLean et Bjarni Tryggvason. À l'avant : Robert Thirsk et Roberta Bondar.
(© Agence spatiale canadienne)

L’ASC est aujourd’hui responsable du Programme des astronautes canadiens. Ce programme, créé en 1982, était géré à l’origine par le Conseil national de recherches du Canada, mais il a été transféré à l’ASC lors de la création de l’organisme en 1990.

Il a pour objectif de sélectionner et d’entraîner les astronautes canadiens et de gérer leurs vols dans l’espace. Depuis le premier groupe d’astronautes en 1983, l’ASC a recruté trois autres groupes en 1992, en 2008 et en 2016.

Quatorze Canadiennes et Canadiens ont achevé leur formation d’astronaute. Neuf d’entre eux ont participé à 17 missions spatiales: Marc Garneau (1984, 1996, 2000), Roberta Bondar (1992), Steve MacLean (1992, 2006), Chris Hadfield (1995, 2001, 2012‑2013), Bob Thirsk (1996, 2009), Bjarni Tryggvason (1997), Dave Williams (1998, 2007), Julie Payette (1999, 2009) et David Saint‑Jacques (2018‑2019).

Il y a actuellement trois astronautes canadiens et une astronaute canadienne en activité. Jeremy Hansen travaille au centre de contrôle de mission en attendant son affectation à une mission spatiale. En décembre 2018, David Saint‑Jacques s’est envolé vers la Station spatiale internationale en tant qu’ingénieur de vol dans le cadre de la mission « Expedition58 » et la mission « Expedition59 » en 2019. Joshua Kutryk et Jennifer Sidey‑Gibbons s’entraînent actuellement tous les deux en vue de leur première mission.

Mise au point de satellites

Les programmes de satellites constituent une part importante des activités de l’Agence spatiale canadienne. Lancé en 1995, RADARSAT, un satellite de télédétection mis au point conjointement par le Canada et les États‑Unis reste en activité jusqu’en 2013. Il utilisait une technologie à micro‑ondes sophistiquée connue sous le nom de radar à synthèse d’ouverture (SAR) capable d’acquérir des images de la Terre, de jour comme de nuit, sans égard aux conditions météorologiques, au couvert nuageux ou à la présence de fumée et de brouillard.

RADARSAT‑2, lancé en 2007 et toujours en activité, fournit des images haute résolution de la Terre à l’aide d’une technologie SAR améliorée. Ces images aident les scientifiques à gérer les ressources naturelles et à surveiller l’ environnement. La mission de la Constellation RADARSAT, une flotte de trois satellites SAR identiques lancés en 2019, constitue la dernière génération de satellites canadiens d’observation de la Terre.

Au Laboratoire David‑Florida à Ottawa, l’ASC intègre, assemble et essaye des satellites et d’autres engins spatiaux. Ce laboratoire est doté de « salles blanches » pour l’assemblage de pièces dans un environnement exempt de poussière, d’humidité et de micro‑organismes, des contaminants susceptibles d’entraîner une défaillance matérielle dans l’espace.

Depuis 2017, le projet canadien CubeSat a permis à des collèges et à des universités partout au Canada de participer à une véritable mission spatiale. Dans le cadre de ce projet, des équipes de professeurs et d’étudiants conçoivent, construisent, lancent et exploitent leurs propres satellites miniatures.

Programmes de science et de technologies spatiales

Des scientifiques et des ingénieurs canadiens participent à des missions spatiales internationales dans le cadre des programmes de science et de technologies spatiales de l’ASC. Des expériences dans les domaines de la physique spatiale, de l’astronomie, de la chimie atmosphérique, des sciences des matériaux et de la vie sont ainsi effectuées à bord de satellites et de navettes spatiales. Dans de nombreux cas, les astronautes canadiens mènent des expériences pour le compte de chercheurs canadiens.

Le programme des technologies spatiales de l’ASC finance des universités canadiennes dans le cadre de l’élaboration de nouvelles technologies sophistiquées utilisables dans l’espace.

Stations spatiales et robotique

Station spatiale internationale

Avec la Terre en toile de fond, la Station spatiale internationale (SSI) permet de manipuler le Canadarm 2. Modèle plus perfectionné que son prédécesseur, le Canadarm2 permet l'accès à la Station sur toute sa longueur.
(avec la permission de la NASA)

Le partenariat le plus important de l’ASC concerne le groupe de pays participant au projet de Station spatiale internationale (SSI). La SSI est une base spatiale, occupée en permanence, destinée à la recherche scientifique et technologique, en orbite à 400 km au‑dessus de la surface de la Terre. Le Canada, 11 pays européens, le Japon, la Russie et les États‑Unis ont tous contribué à la SSI depuis le lancement de son premier module en 1998.

Le Canadarm2, un immense bras robotique lancé à bord de la station en 2001, constitue la principale contribution canadienne à la SSI. Cette version améliorée du Canadarm original a été construite par un consortium de sociétés aérospatiales canadiennes dirigé par Spar Aerospace Ltd., une entreprise basée à Toronto, devenue aujourd’hui MDA, une société du groupe Maxar. Le bras a été utilisé pour assembler la station spatiale, déplacer des marchandises et des fournitures, réparer et remplacer des pièces et faciliter l’arrimage des navettes spatiales à la station.

Le saviez‑vous?
Le Canadarm original a été utilisé à bord des navettes spatiales pendant30ans, de 1981 à 2011. Il a déployé, capturé et réparé des satellites, positionné des astronautes, entretenu des équipements et transporté des cargaisons.

En février 2019, le premier ministre Justin Trudeau annonce que le Canada deviendra le premier pays à établir un partenariat avec les États‑Unis dans le cadre du Lunar Gateway, un programme de station spatiale en orbite autour de la Lune. Bien que la NASA promeuve et gère ce plan, elle espère financer partiellement la station grâce à des contributions de divers pays. Justin Trudeau a déclaré que le Canada contribuerait à ce projet à hauteur de 2,05 milliards de dollars canadiens sur 24 ans. L’ASC gérera les fonds, dont la majeure partie ira à un Canadarm amélioré de troisième génération doté de fonctions technologiques d’ intelligence artificielle sophistiquée.

Vue d'artiste du concept de système robotisé intelligent du Canada pour la station spatiale lunaire Gateway   

Vue d'artiste du concept de système robotisé intelligent du Canada arrimé à la petite station spatiale Gateway en orbite autour de la Lune.

(Sources : Agence spatiale canadienne, NASA)



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