Gordon Lightfoot

Gordon Meredith Lightfoot, C. C., O. Ont., auteur-compositeur-interprète et guitariste (né le 17 novembre 1938 à Orillia, Ontario). Gordon Lightfoot est un des auteurs-compositeurs les plus acclamés et les plus respectés du 20e siècle, ainsi qu’un des musiciens les plus importants que le Canada a connus. Avant de devenir l’artiste country phare des années 1970, il s’est d’abord attiré l’attention du public au début des années 1960 en composant des chansons comme « Early Morning Rain » et « For Lovin’ Me », qui sont devenues les succès d’autres artistes comme Ian and Sylvia et Peter, Paul and Mary. Il a ensuite obtenu un succès international en tant qu’artiste solo grâce à une série de succès populaires et country, dont « If You Could Read My Mind », « Sundown », « Carefree Highway », « Rainy Day People » et « The Wreck of The Edmund Fitzgerald ». Selon Ian Tyson, du groupe Ian and Sylvia, personne « ni avant ni après n’a eu sur la culture canadienne et la musique folk et populaire le même effet que Gordon Lightfoot ». En tout, les albums certifiés or et platine du chanteur se sont vendus à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde. Il a gagné 12 prix Juno en 27 nominations, dont celui du chanteur de l’année à quatre reprises (1971-1973, 1975) et celui du chanteur folk de l’année à cinq reprises (1970, 1975-1978). En plus d’être membre de l’Ordre de l’Ontario et compagnon de l’Ordre du Canada, Gordon Lightfood a été intronisé au Panthéon de la musique canadienne, sur l’Allée des célébrités du Canada, aux panthéons canadien et américain des auteurs-compositeurs, au Panthéon de la musique country du Canada et à l’Allée des célébrités de la musique folk du Canada, entre autres honneurs.

Gordon Lightfoot
Gordon Lightfoot au Massey Hall

Débuts

Dès son plus jeune âge, Gordon Lightfoot reçoit le soutien de ses parents, Jessica et Gordon Lightfoot père, en ce qui a trait à son intérêt pour la musique. En tant que sopraniste à Orillia, Gordon Lightfoot donne des prestations à la radio locale, dans des oratorios et des opérettes, ainsi que dans des mariages un peu partout au sud de l’Ontario et aux festivals-concours Kiwanis. À 13 ans, il participe au concert des gagnants du festival Kiwanis à Massey Hall, une salle de concert qu’il fréquentera très souvent au cours de sa carrière. En 1952, il gagne la première place au festival Kiwanis dans la catégorie « voix soprano non muée ».

À 14 ans, Gordon Lightfoot commence à travailler dans l’établissement de nettoyage à sec de son père. Il y reste tout le long de son secondaire. Adolescent, il est une vedette d’athlétisme et fait partie de l’équipe de football de son école. Il étudie aussi le piano, apprend la batterie de façon autodidacte et chante dans un quatuor vocal appelé The Collegiate Four. En 1954, le quatuor remporte le premier prix du concours Pick The Stars, diffusé sur les ondes télévisuelles de la CBC. En 1955, Gordon Lightfoot gagne aussi plusieurs prix au sein du quatuor Teen-Timers. De 1957 à 1958, il vit à Los Angeles, où il étudie l’orchestration jazz au Westlake College of Music et gagne sa vie en composant des refrains publicitaires.

Premiers succès d’auteur-compositeur

À son retour au Canada, il travaille comme caissier dans une banque et conduit un camion pendant 14 mois. De 1959 à 1961, on le voit à l’émission de variétés Country Hoedown (produite par la CBC), avec les groupes The Singing Swinging Eight et The Gino Silvi Singers. C’est à cette époque que Gordon Lightfoot se met aussi à interpréter des chansons folk et à jouer de la guitare dans les cafés de Toronto (voir Riverboat).

En 1962, il lance deux simples, « (Remember Me) I’m the One » et « Negotiations/It’s Too Late », qui bénéficient d’une bonne diffusion sur les radios canadiennes. Il s’associe ensuite à Terry Whalen, un ancien membre des Teen-Timers, pour se produire dans les coffeehouses du sud de l’Ontario sous le nom Two Tones. Le duo fait paraître un album live intitulé Two Tones at the Village Corner en 1962, qui est présenté cette année-là au Festival de folklore Mariposa.

En 1963, Gordon Lightfoot part pour l’Europe, où il est pendant une saison l’animateur de l’émission Country and Western Show, produite par la BBC. De retour au Canada, il offre des prestations dans les coffeehouses et les bars de l’Ontario, du Québec et de l’est des États-Unis. Malgré ses nombreuses performances aux États-Unis, Gordon Lightfoot y est surtout connu en tant qu’auteur-compositeur. En 1964, Ian and Sylvia voit un spectacle Gordon Lightfoot; la même année, le groupe décide d’enregistrer les chansons « For Lovin’ Me » et « Early Morning Rain ». « For Lovin’ Me » est également un grand succès du groupe Peter, Paul and Mary en 1965, et sera plus tard enregistré par Chad and Jeremy, The Johnny Mann Singers et Elvis Presley, entre autres.

Ian et Sylvia présentent Gordon Lightfoot à leur gérant, Albert Grossman. Ce dernier représentera le chanteur tout au long des années 1960. En 1965, Gordon Lightfoot obtient un premier succès canadien grâce au simple « I’m Not Sayin’ ». Une reprise par le chanteur country américain Leroy Van Dyke obtient un certain succès aux États-Unis, tandis que Marty Robbins se hisse en première place du palmarès country américain grâce à sa reprise du simple suivant de Lightfoot, « Ribbon of Darkness ». Les chansons de Gordon Lightfoot trouvent ainsi un nouveau public au milieu des années 1960 par l’intermédiaire de Harry Belafonte, Judy Collins, George Hamilton IV (qui lance plus tard Lightfoot Country, un album entièrement composé des chansons de Gordon Lightfoot), Richie Havens et The Kingston Trio.

Années 1960 : albums solos

L’an 1966 marque le lancement de Lightfoot!, un premier album qui remporte un tel succès critique et commercial qu’il fait de Gordon Lightfood un des premiers Canadiens à s’illustrer à l’étranger sans même quitter le Canada. En l’honneur du centenaire du Canada, la CBC demande au chanteur d’écrire une chanson pour l’émission spéciale 100 Years Young, diffusée le 1er janvier 1967. Naît de cette commande « Canadian Railroad Trilogy », une chanson qui relate la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique dans les années 1880 et qui se retrouve sur le deuxième album de Gordon Lightfoot, The Way I Feel (1967). Cette année-là, Gordon Lightfoot entreprend sa première tournée pancanadienne.

Fort de ce succès, Gordon Lightfoot lance trois autres albums à la fin des années 1960 : Did She Mention My Name? (1968), Back Here on Earth (1968) et Sunday Concert (1969), un album live enregistré à Massey Hall. Au cours de la décennie, les sondages des lecteurs du périodique RPM lui décernent le titre du meilleur chanteur folk de l’année à quatre reprises, en 1965, 1966, 1968 et 1969.

Artiste phare de la décennie 1970

En 1970, la réputation du « chanteur et compositeur folk de renommée internationale » Gordon Lightfoot est si bien établie qu’il est nommé officier de l’Ordre du Canada. La même année, il reçoit le prix Juno (alors appelé Gold Leaf Award) du meilleur chanteur folk. En 1971, il obtient son premier succès international avec le simple « If You Could Read My Mind », qui trône au sommet du palmarès des simples de RPM et se tient en cinquième position au palmarès Hot 100 de Billboard. La chanson est également nommée aux Prix Grammy pour la meilleure performance pop masculine en 1971 et est entre autres reprise par Liza Minnelli, Stars on 54 et Barbra Streisand. « If You Could Read My Mind » paraît sur Sit Down Young Stranger (1970), le sixième album de Gordon Lightfoot. Renommé If You Could Read My Mind à la suite du succès de la chanson, l’album se retrouve en 12e position du palmarès 200 de Billboard et obtient une certification or en 1972.

À sa sortie, le septième album de Gordon Lightfoot, Summer Side of Life (1971), atteint la troisième position du palmarès des ventes canadiennes. Gordon Lightfoot trône toutefois au sommet de ce palmarès l’année suivante avec son huitième album, Dox Quixote (1972). Il obtient le Juno du meilleur chanteur en 1971 et celui du meilleur chanteur de l’année en 1972.

Le chanteur poursuit sur sa lancée avec un neuvième album intitulé Old Dan’s Records (1972), qui se rend en première position du palmarès des albums de RPM et en 95e position du palmarès Billboard 200, en grande partie grâce à la chanson-titre. En mars 1972, alors qu’il donne un spectacle à Massey Hall, Gordon Lightfoot souffre d’une crise de paralysie de Bell qui fige une partie de son visage et l’oblige à suspendre ses activités pour se remettre sur pied. Il ne revient sous les projecteurs qu’en 1973, pour recevoir les Juno du chanteur et du compositeur de l’année. En 1974, Old Dan’s Records gagne le prix de l’album folk de l’année.

Sundown (1974), le dixième album de Gordon Lightfoot, trône au sommet des palmarès Billboard 200 et RPM 100 en 1974. La chanson-titre n’est pas en reste : elle se hisse en première position des simples canadiens de RPM et du palmarès Hot 100 de Billboard, devenant la seule chanson de l’artiste à être numéro un aux États-Unis. Sundown marque aussi l’apogée du son folk country acoustique de Gordon Lightfood avant qu’il se tourne vers les instruments électriques.

Gordon Lightfoot
Gord's Gold Vol. 1 (1975)

« Rainy Day People », le plus grand succès de Cold on the Shoulders (1975), atteint la 10e position des simples RPM et se place dans le top 40 aux États-Unis. Il atteint également la première position dans les palmarès « adulte contemporain » de RPM et « variétés » de Billboard. L’album double Gord’s Gold est lancé la même année. Contenant certains des plus grands succès de Gordon Lightfoot (dont certaines chansons qui sont réenregistrées), l’album est certifié double platine aux États-Unis et au Canada.

Gordon Lightfoot retrouve le sommet des palmarès canadiens avec l’album platine Summertime Dream (1976), qui constitue son plus grand succès commercial. L’album se démarque surtout pour le simple mélancolique « The Wreck of The Edmund Fitzgerald », qui raconte le naufrage d’un bateau en 1975 ayant fait 29 morts dans le lac Supérieur. Chanson préférée de l’artiste, « The Wreck of The Edmund Fitzgerald » se hisse en première position au Canada et au deuxième rang du Hot 100 de Billboard. Elle vaut à Gordon Lightfoot le prix Juno du compositeur de l’année en 1977, ainsi que les nominations de la chanson de l’année et de la meilleure performance populaire masculine aux Prix Grammy.

Le treizième album de Gordon Lightfoot (son neuvième de la décennie 1970), Endless Wire (1978), atteint la deuxième position des palmarès canadiens, même si on le décrit comme moins bon que ses prédécesseurs. En 1978, Gordon Lightfoot remporte le prix Juno du chanteur folk de l’année pour une quatrième année consécutive.

En 1980, Gordon Lightfoot et Anne Murray sont nommés chanteurs de la décennie par l’Association de l’industrie canadienne de l’enregistrement (aujourd’hui appelée Music Canada). Dans les années 1970, Gordon Lightfoot a obtenu trois certifications platine et neuf certifications or aux États-Unis, ainsi que quatre nominations aux prix Grammy.

Années 1980 et 1990

Dans les années 1980 et 1990, les chansons de Gordon Lightfoot connaissent un déclin, tant en matière de ventes que de diffusion sur les ondes radiophoniques. Dream Street Rose (1980), un album fidèle aux influences country et enjouées qui ont fait de Gordon Lightfoot une vedette incontournable du folk, est suivi d’un son plus adulte et contemporain; en effet, on assiste à une utilisation plus marquée des synthétiseurs et de l’orgue dans les albums Shadows (1982), Salute (1983) et East of Midnight (1986). Ce dernier comprend « Anything for Love », un simple coproduit par David Foster et sur lequel ce dernier joue du clavier, qui se hisse au 13e rang du palmarès adulte contemporain de Billboard.

L’étoile de Gordon Lightfoot dans l’industrie est loin de s’étioler, même si l’artiste jouit de succès commerciaux et critiques moins nombreux dans les années 1980. En effet, il est nommé pour le Juno de l’artiste folk de l’année en 1980, 1981 et 1983, et reçoit le prix du chanteur de l’année pendant quatre années consécutives, de 1981 à 1984. Puis, aux Prix Juno de 1986, il est intronisé au Panthéon de la musique canadienne par son ami de longue date, Bob Dylan.

En 1988, Gordon Lightfoot donne une prestation aux cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver à Calgary. La même année paraît le volume deux de Gord’s Gold, certifié platine au Canada. L’album inclut de nouvelles versions de ses vieilles chansons ainsi qu’une foule de pièces populaires n’apparaissant pas sur Gord’s Gold Vol. 1. L’artiste s’essaie aussi au jeu dans les années 1980, défendant un rôle de maréchal états-unien dans Harry Tracy: the Last of the Wild Bunch (1983) avec Bruce Dern et Helen Shaver, et décrochant une apparition dans le mélodrame Hotel (1988), diffusé sur la chaîne ABC.

En 1993, Gordon Lightfoot renoue avec ses racines acoustiques pour l’album autoproduit Waiting For You. Cinq ans plus tard, il lance A Painter Passing Through (1998), sur lequel Daniel Lanois joue de la guitare. Toujours en 1998, Gordon Lightfoot est intronisé à l’Allée des célébrités du Canada. En 1999, Songbook, un ensemble de quatre disques comprenant des chansons des dernières années et 16 pièces inédites, est lancé.

Des années 2000 à aujourd’hui

En janvier 2002, Gordon Lightfoot a écrit plus de 30 nouvelles chansons et entreprend l’enregistrement de l’album studio Harmony. En avril, la collection Complete Greatest Hits est lancée; elle obtient une certification or au Canada. En septembre 2002, Gordon Lightfoot frôle la mort à cause d’un anévrisme de l’aorte abdominale qui le plonge dans le coma pendant six semaines et nécessite une longue convalescence.

En 2003, Gordon Lightfoot est promu au titre de compagnon de l’Ordre du Canada. Lors de la cérémonie, le gouverneur général salue chez l’artiste son « unique habileté à mélanger la musique contemporaine urbaine à nos racines traditionnelles », notant également le fait qu’« il a influencé une foule d’autres musiciens grâce à sa polyvalence et ses paroles senties » et qu’il demeure « un des musiciens les plus aimés du Canada. »

Harmony, le 20e album studio de Gordon Lightfoot, est lancé en 2004. La même année, il chante à l’émission Canadian Idol, sur les ondes de CTV. En 2006, Gordon Lightfoot subit un accident vasculaire cérébral sur scène; il poursuit toutefois sa tournée plus tard la même année.

En février 2010, Gordon Lightfoot est victime d’un canular après que David Akin, un journaliste de la CTV, annonce son décès sur les réseaux sociaux. L’artiste apprend la nouvelle de sa mort à la radio, alors qu’il est en route vers chez lui. Il ne tardera pas à téléphoner à la station de radio pour remettre les pendules à l’heure.

En février 2012, Gordon Lightfoot reçoit la Médaille du jubilé de diamant de la reine pour son travail au sein de la communauté. En avril, il lance All Live, une collection de chansons enregistrées lors de ses concerts de 1998 et 2001 à Massey Hall. En novembre 2012, l’artiste chante « Canadian Railroad Trilogy » dans le cadre du centième anniversaire de la Coupe Grey à Toronto.

En 2015, Gordon Lightfood produit la reprise, par son ami de longue date Ronnie Hawkins, de la chanson « Christmas Must Be Tonight », chantée à l’origine par Robbie Robertson. Les deux collaborent également à la reprise de la chanson « The Pony Man » (1970), que Gordon a écrite pour ses enfants. L’âge avancé de Gordon Lightfoot (il a plus de 70 ans dans les années 2010) ne le freine pas : en 2015, il fait une tournée nord-américaine de 67 spectacles. En 2016, il entreprend une tournée de 11 dates au Royaume-Uni et en Irlande, sa première tournée dans la région en 35 ans.

Tout au long de sa carrière, Gordon Lightfoot a donné des concerts à Massey Hall sur une base presque annuelle; en novembre 2016, il performe dans l’iconique salle de spectacle pour la 160e fois. Le 18 novembre, il lance sa première chanson en 12 ans, le simple « Plan of My Own », qu’il a enregistrée en 2001.

Style particulier

Les chansons de Gordon Lightfoot se démarquent évidemment par son envoûtante voix de baryton, mais également par un romantisme noir et sans pathos et des paroles ponctuées d’images impressionnistes, presque picturales, de la nature. L’auteur-compositeur-interprète Matthew Good a un jour dit de Gordon Lightfoot qu’il est « l’Emily Carr de la chanson canadienne », tandis que Brian D. Johnson, de la revue Maclean’s, le désigne comme « la réponse musicale au Groupe des sept ».

Dans une critique de Sundown en 1974, Geoffrey Stokes, du Village Voice, note chez Gordon Lightfood une « extraordinaire sensibilité à la douleur — la sienne et celle des autres — et la joie… Ouvert et vulnérable d’une manière dont il se défendait pourtant à ses débuts, Lightfoot a la voix d’un romantique. » Toujours en 1974, Stephen Holden affirme dans un article du Rolling Stone que « les réflexions de Lightfoot sont celles d’un homme mature, capable d’émotions politiques et romantiques fortes, mais adoucies par une sexualité puissante et un mysticisme élégiaque… Le chant de Lightfood est presque mielleux — un style qui le sauve des conventions sentimentales et rhétoriques de toute chanson formelle. »

Joel Rubinoff, du Toronto Star, observe en 2016 que la chanson « Early Morning Rain » capte « l’ambiance réfléchie et douce-amère à laquelle Lightfoot doit sa popularité. » Mike Sacks, du Vanity Fair, décrit les œuvres de cette légende du folk rock comme du « rock mélancolique, des chansons pour ceux qui aiment ressentir les choses, des chansons sur le deuil, les regrets et les désastres marins, des chansons transportées par un contre-courant envoûtant et superbe. »

Vie personnelle

Gordon Lightfoot se marie en 1963 à Brita Ingegerd Olaisson. Ils ont deux enfants, Fred et Ingrid, avant de mettre fin à leur union en 1973. La rupture est due en grande partie à l’aventure extra-conjugale que Lightfoot entretient pendant trois ans avec Cathy Smith, qui a fréquenté les membres du groupe The Band et qui a plus tard été condamnée à 15 mois de prison pour avoir tué John Belushi en lui injectant une dose fatale de cocaïne et d’héroïne en 1982.

Les relations amoureuses houleuses de Gordon Lightfoot lui inspirent de nombreuses chansons. Dans une entrevue menée en 2016 avec le Toronto Star, il avoue avoir arrêté de chanter « For Lovin’ Me » après 25 ans, parce que « c’est une chanson que j’ai écrite alors que j’étais dans un mariage que je savais voué à l’échec et je me disais que ça devait être très insultant pour ma femme. Après un moment, la chanter m’énervait trop, parce que ça me rappelait à quel point j’étais une personne horrible à l’époque. » Il raconte également avoir écrit « If You Could Read My Mind » par un après-midi en 1969 dans une maison vide à Toronto, lors d’une séparation qui mènerait à son premier divorce, et que sa relation avec Cathy Smith a inspiré la chanson « Sundown ».

En 1989, il épouse Elizabeth Moon, avec qui il a deux enfants, Miles et Meredith. L’union prend officiellement fin en 2011, après une séparation qui dure depuis 2003. Il s’unit à l’actrice hollywoodienne Kim Hasse en 2014. Gordon Lightfoot, qui a le coude léger pendant la majeure partie de sa carrière, renonce à l’alcool en 1982. Il continue toutefois à fumer la cigarette, même une fois passé le cap des 70 ans.

Reprises et hommages

Au cours de sa carrière s’étendant sur six décennies, Gordon Lightfoot lance près de 300 chansons dans une foule de styles différents, dont, si l’on en croit son profil à la SOCAN, « des épopées historiques, des ballades romantiques, des chansonnettes country, des chants de protestation folk et des chansons blues entraînantes ». Les prouesses musicales et la poésie de Gordon Lightfoot ont influencé des générations de musiciens et d’artistes partout sur la planète, dont les auteurs-compositeurs-interprètes Dan Fogelbert, Jimmy Buffett, Jimb Croce, Ron Sexsmith et Bob Dylan. Ce dernier considère d’ailleurs Gordon Lightfoot comme son compositeur préféré et a dit : « Chaque fois que j’entends une de ses chansons, j’aimerais qu’elle dure pour toujours ». The Guess Who a aussi été influencé par l’artiste : on retrouve, dans l’album Wheatfield Soul (1968), la chanson « Lightfoot », dont les paroles font référence à plusieurs titres de chansons de Gordon Lightfoot. Le producteur David Foster, quant à lui, décrit la voix de Gordon Lightfoot comme « un morceau de l’identité du Canada ».

En plus des reprises mentionnées plus haut, les chansons de Gordon Lightfoot ont fait l’objet de reprises par un nombre presque incalculable d’artistes, dont les Irish Rovers, Sarah McLachlan, John McDermott, Anne Murray, Rheostatics, Ian Tamblyn, Carroll Baker, Stompin’ Tom Connors, The Good Brothers, Hagood Hardy, Ronnie Hawkins, Rob McConnell et The Boss Brass, The Mercey Brothers, Ronnie Prophet, The Rankin Family, Hank Snow, Valdy, Elvis Presley, Bob Dylan, Barbra Streisand, Olivia Newton-John, Glen Campbell, Johnny Cash, Eric Clapton, The Grateful Dead, Waylon Jennings, Alison Krauss, Jerry Lee Lewis, Johnny Mathis, Don McLean, Nana Mouskouri, Lou Rawls, The Replacements, Bobby Sherman, Peter Tosh, Conway Twitty, Paul Weller, Roger Whittaker et Andy Williams.

De nombreux spectacles en l’honneur de Gordon Lightfoot sont organisés tout au long de sa carrière, dont un spectacle au Hugh’s Room de Toronto en janvier 2009, lors duquel il chante « Song For A Winter’s Night ». Un album hommage intitulé Beautiful: A Tribute To Gordon Lightfoot est lancé en 2003 et inclut des performances d’importants artistes canadiens comme les Cowboy Junkies, Bruce Cockburn, Blue Rodeo, Blackie and the Rodeo Kings, The Tragically Hip et Murray McLauchlan.

En 2010, le peintre canadien Ian Wallace publie un livre de dessins au pastel illustrant la « Canadian Railroad Trilogy » de Gordon Lightfoot. En 2011, le blogue de musique canadienne Herohill lance un album en hommage à l’artiste intitulé Turning Back the Pages of My Sweet Shattered Dreams, qui comprend des performances d’artistes canadiens indépendants comme Shotgun Jimmies, Octoberman et Folly the Hunter.

Patrimoine et importance culturels

Qualifié de « trésor national » par Robbie Robertson (du groupe The Band), Gordon Lightfoot est un des compositeurs les plus acclamés et les plus respectés du 20e siècle, ainsi qu’un des musiciens les plus importants que le Canada a connus. Lorsqu’il est intronisé au Panthéon américain des auteurs-compositeurs en 2012, on le décrit comme un chanteur qui « aidé à définir le son pop-folk dans les années 1960 et 1970 ». En novembre 2016, le Toronto Star écrit : « Pour la génération de Canadiens qui a grandi dans les années 1960 et 1970, il est l’équivalent musical du sirop d’érable et la police montée; il ne représente pas seulement le Canada à un moment clé de son histoire culturelle, il en est la voix ».

La musique et les paroles de Gordon Lightfoot, avec leurs nombreuses mentions du Canada, sont bien entendu une source de fierté nationale pour les Canadiens. La musique de l’artiste est souvent qualifiée d’éminemment canadienne, et la chanson « Canadian Railroad Trilogy », en particulier, est souvent décrite comme un hymne national non officiel. Selon Ian Tyson, du groupe Ian and Sylvia, personne « ni avant ni après n’a eu sur la culture canadienne et la musique folk et populaire le même effet que Gordon Lightfoot ».

Honneurs

Outre son entrée à de nombreux panthéons, Gordon Lightfoot a également été récompensé de nombreux honneurs au cours de sa carrière. En 1990, il reçoit le prestigieux prix William Harold Moon de la SOCAN, « décerné à un membre qui a, par sa musique, offert au Canada une vitrine incroyable à l’international ». On lui décerne également le prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle, en plus de l’introniser aux panthéons de la radiodiffusion canadienne et de la musique country du Canada. Enfin, il reçoit le Toronto Arts Award pour l’ensemble de son œuvre.

« If You Could Read My Mind » entre au Panthéon canadien des auteurs-compositeurs en 2003. En 2007, Postes Canada émet un timbre en l’honneur de Gordon Lightfoot, dans le cadre d’une série mettant aussi en vedette Anne Murray, Paul Anka et Joni Mitchell. En 2014, la CBC classe « Sundown » au 17e rang des 100 meilleures chansons canadiennes jamais écrites.

En juin 2014, la SOCAN offre à Gordon Lightfoot le Prix Excellence pour ses quelque « 300 chansons éditées, dont plusieurs [sont] des grands classiques de notre répertoire ». Le 23 octobre 2015, la ville natale de Gordon Lightfoot, Orillia, lui rend honneur en dévoilant un bronze de quatre mètres intitulé Golden Leaves – A Tribute to Gordon Lightfoot. La sculpture montre le musicien assis, les jambes croisées, jouant de la guitare acoustique. Une gerbe de feuilles d’érable s’échappent de la guitare pour former un arc au-dessus de lui.

Gordon Lightfoot \u00e0t Interlochen, Michigan, julliet 2009.

Prix

Prix Juno

Meilleur chanteur ou groupe folk (1970)

Meilleur chanteur (1971)

Chanteur de l’année (1972)

Chanteur de l’année (1973)

Compositeur de l’année (1973)

Album folk de l’année (1974)

Chanteur de l’année (1975)

Chanteur folk de l’année (1975)

Chanteur folk de l’année (1976)

Chanteur folk de l’année (1977)

Compositeur de l’année (1977)

Chanteur folk de l’année (1978)

Intronisé, Panthéon de la musique canadienne (1986)

Prix RPM

Meilleur chanteur folk (1965, 1966, 1968, 1969)

Meilleur chanteur (1967)

Diplômes honorifiques

Doctorat honorifique en droit, Université Trent (1978)

Doctorat honorifique en musique, Université Lakehead (2015)

Autres

Officier, Ordre du Canada (1970)

Intronisé, Panthéon des célébrités d’Orillia (1971)

Chanson pop de l’année (« Sundown »), Music Operators of America (1974)

Chanteur canadien de la décennie, Association canadienne de l’industrie de l’enregistrement (1980)

Membre, Ordre de l’Ontario (1988)

Prix d’excellence, Toronto Music Awards (1989)

Prix William Harold Moon, SOCAN (1990)

Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle (1997)

Intronisé, Allée des célébrités du Canada (1998)

Intronisé, Panthéon de la radiodiffusion canadienne Fame (2001)

Intronisé, Panthéon de la musique country du Canada (2001)

Prix Œuvres magistrales pour la préservation de l’audiovisuel du Canada (2001)

Prix d’excellence, Toronto Arts Awards (2001)

Compagnon, Ordre du Canada (2003)

Intronisé, Panthéon canadien des auteurs-compositeurs (2003)

Intronisé, Allée des célébrités de la musique folk du Canada (2003)

Intronisé, Temple de la renommée des chemins de fer du Canada (2003)

Intronisé, Temple de la renommée de l’industrie de la musique canadienne (2005)

Intronisé, Panthéon des auteurs-compositeurs (États-Unis) (2012)

Médaille du jubilé de diamant de la reine (2012)

Prix d’excellence, SOCAN (2014)


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