Princesse Margaret | l'Encyclopédie Canadienne

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Princesse Margaret

Princesse Margaret Rose (S.A.R. la princesse Margaret, comtesse de Snowdon) (née le 21 août 1930 à Angus, au Royaume-Uni; décédée le 9 février 2002 à Londres, au Royaume-Uni). La princesse Margaret était la sœur de la défunte reine Elizabeth II et la tante du roi Charles III. Elle a été colonelle en chef de trois régiments militaires canadiens et a ouvert l’hôpital Princess Margaret à Toronto (aujourd’hui, le Princess Margaret Cancer Centre).

Jeunesse et éducation

Margaret voit le jour au château de Glamis sous le règne de son grand-père, le roi George V. C’est la cadette des deux filles du futur roi George VI et de la reine Elizabeth (née Lady Elizabeth Bowes-Lyon). Sa mère fait partie de l’aristocratie écossaise et Margaret est la première princesse à naître en Écosse depuis la petite-fille de la reine Victoria, Victoria Eugenie de Battenberg, future reine d’Espagne, en 1887. En 1936, le père de Margaret accède au trône à la suite du décès de son père et de l’abdication de son frère aîné, le roi Edward VIII; la famille s’installe alors au palais de Buckingham.

Margaret et sa sœur aînée, la future reine Elizabeth II, reçoivent leur éducation à la maison sous la supervision d’une gouvernante écossaise du nom de Marion Crawford. Margaret suit des cours de piano et aime se produire en spectacle dans un cadre amateur, étant tour à tour pianiste, chanteuse et actrice. Elle est connue pour son sens de l’humour et sa personnalité délurée. Elizabeth et Margaret passent toute la période de la Deuxième Guerre mondiale au château de Windsor; c’est d’ailleurs de cet endroit qu’elles diffuseront une émission de radio à l’intention des enfants de l’Empire britannique et du Commonwealth en 1940. Margaret accompagne ses parents et sa sœur lors d’une tournée officielle en Afrique du Sud en 1947.

Début du règne d’Elizabeth II

Le 6 février 1952, le roi George VI meurt dans son sommeil. C’est la sœur aînée de Margaret qui lui succède au trône en tant que reine Elizabeth II. Margaret et sa mère (désormais la reine mère) quittent le palais de Buckingham pour s’installer à Clarence House, à Londres. Margaret, dévastée par la mort de son père, trouve du réconfort dans les bras de l’écuyer de ce dernier, le colonel d’aviation Peter Townsend.

Peter Townsend

Lors du couronnement de la reine Elizabeth II, le 2 juin 1953, un journaliste raconte avoir vu Margaret retirer un morceau de peluche de la veste de Peter Townsend, ce qui a déclenché de spéculations quant à leur relation. Peter Townsend, un homme divorcé, n’est pas considéré comme un époux convenable pour la sœur de la reine. On encourage Margaret à reporter sa décision à l’âge de 25 ans; quant à Peter Townsend, on l’affecte à un poste à l’étranger. En 1955, Margaret décide de ne pas épouser Peter Townsend, faisant la déclaration officielle suivante : « Désireuse de suivre l’enseignement de l’Église selon lequel le mariage chrétien est indissoluble, et consciente de mon devoir envers le Commonwealth, j’ai choisi de faire passer ces considérations avant toute autre. »

Intérêts culturels, philanthropie et le Princess Margaret Cancer Centre

Au cours de sa vie, Margaret agit comme mécène ou présidente de plus de 80 organismes différents au Royaume-Uni et dans le Commonwealth. Son travail philanthropique se concentre sur les soins de santé, le bien-être des enfants, et les arts. En 1957, la princesse Margaret devient la première présidente du Royal Ballet du Royaume-Uni. La même année, elle se voit décerner un doctorat honorifique en musique de l’Université de Londres. Les activités de mécénat de Margaret au Canada incluent l’hôpital Princess Margaret (aujourd’hui, le Princess Margaret Cancer Centre) à Toronto et le Princess Margaret Lodge, situé à proximité, où les patients atteints d’un cancer venant de l’extérieur de la ville peuvent à l’époque séjourner pendant leur traitement.

Tournées royales au Canada

La princesse Margaret représente la reine lors de tournées royales dans tout le Commonwealth et visite le Canada à dix reprises (en plus d’un bref arrêt de ravitaillement à Dorval en route vers la Jamaïque, lors de sa première tournée solo du Commonwealth en 1955). (Voir aussi 10 tournées royales mémorables au Canada.)

Au cours de sa tournée de 31 jours au Canada en 1958, la princesse Margaret célèbre le centenaire de la Colombie-Britannique, assiste à une représentation de A Winter’s Tale au festival de Stratford, visite les chutes du Niagara et assiste à une revue militaire à la base des Forces canadiennes de Gagetown, avec au programme une simulation de « bataille atomique ». En 1967, elle assiste à un bal visant à amasser des fonds pour l’hôpital Princess Margaret à Toronto en compagnie de son mari Antony Armstrong-Jones, puis visite l’Expo 67 à Montréal. Elle visite Winnipeg à deux reprises dans les années 1970 avec son mari, d’abord pour inaugurer le Musée des beaux-arts de Winnipeg en 1971, puis pour célébrer le centenaire de la ville en 1974.

En 1980, Margaret visite la Saskatchewan et l’Alberta à l’occasion du 75e anniversaire de l’entrée de chaque province dans la Confédération. Elle réalise une tournée de l’Ontario en 1981, puis se rend en Colombie-Britannique pour l’Expo 86 cinq ans plus tard. En 1988, elle souligne le 75e anniversaire des Women’s Institutes of Nova Scotia à Canning. Dans les années 1990, la princesse Margaret effectue deux visites de travail privées à Toronto, l’une pour soutenir l’hôpital Princess Margaret en 1993 et l’autre, pour assister à la réouverture de l’école primaire Princess Margaret à Etobicoke en 1996.

La princesse Margaret agit à titre de colonelle en chef de trois régiments militaires canadiens : les Royal Highland Fusiliers of Canada (voir aussi 31e Groupe‑brigade du Canada), les Princess Louise Fusiliers (voir aussi 36e Groupe-brigade du Canada) et le Royal Newfoundland Regiment.

John Turner

Lors de sa tournée du Canada en 1958, Margaret rencontre le futur premier ministre John Turner à l’occasion d’un bal organisé à la base navale de Deadman’s Island, à Vancouver. On peut lire dans le Telegram de Toronto à l’époque : « La princesse Margaret a eu hier soir un tête-à-tête intime au clair de lune avec un jeune avocat célibataire, prenant place à une table placée en retrait sur la pelouse de la base navale du NCSM Discovery...À peu près personne n’a remarqué le jeune couple, bavardant, riant, sirotant des cocktails et fumant des cigarettes. » Margaret et John dansent ensemble lors d’un bal tenu à Rideau Hall plus tard lors de cette tournée. Dans une lettre adressée à un ami en 1966, Margaret écrit : « J’ai bien failli l’épouser. » Cependant, John Turner, de confession catholique romaine, n’est pas non plus un prétendant convenable pour elle. En effet, à cette époque, les membres de la famille royale, s’ils souhaitent conserver leur place dans la ligne de succession, ne peuvent épouser de membres de cette religion.

La princesse Margaret est mentionnée à des moments clés de la carrière politique ultérieure de John Turner. Pendant la campagne électorale fédérale de 1984, le futur premier ministre Brian Mulroney lance une boutade : « Tandis que j’étais occupé à conduire des camions, John Turner, lui, dansait avec la princesse Margaret. » En 1988, un porte-parole de John Turner en tant que chef de l’opposition réfute les allégations selon lesquelles le politicien aurait raté un vote clé à la Chambre des communes, portant sur le libre-échange, parce qu’il dînait en privé avec « sa vieille partenaire de danse ».

Mariage et enfants

Le 6 mai 1960, la princesse Margaret épouse Antony Armstrong-Jones, photographe mondain, à l’abbaye de Westminster de Londres. Son beau-frère, le prince Philip, duc d’Édimbourg, la conduit à l’autel, tandis que sa nièce, la princesse Anne, est au nombre des huit demoiselles d’honneur. Le mariage de Margaret est le tout premier mariage royal à être retransmis en direct à la télévision. Il sera visionné par environ 300 millions de personnes dans le monde.

Le premier ministre canadien John Diefenbaker et son épouse, Olive, assistent à l’événement. À l’époque, le cadeau de mariage du Canada au couple royal est un ensemble de meubles, de tableaux et de draperies destiné à une pièce de son appartement au palais de Kensington.

En 1961, la reine Elizabeth II confère le titre de comte de Snowdon à son beau-frère. De l’union de Margaret et Antony naissent deux enfants, David (né le 3 novembre 1961), qui deviendra designer de mobilier et succédera à son père en tant que comte de Snowdon en 2017, et Sarah (née le 1er mai 1964), qui deviendra une artiste et épousera Daniel Chatto en 1994.

Divorce et réputation

L’échec du mariage de la princesse Margaret fait l’objet d’analyses poussées de la presse à sensation britannique, donnant un avant-goût de la couverture médiatique des problèmes conjugaux que subiront plus tard Charles et Diana, prince et princesse de Galles. En février 1976, des photos prises par un paparazzi, montrant Margaret en vacances sur l’île de Moustique aux Caraïbes en compagnie de Roddy Llewellyn, un paysagiste de 17 ans son cadet, paraissent dans un journal à sensation. Margaret et Antony se séparent le mois suivant, puis divorcent en 1978. Ce scandale suscite des débats parlementaires sur la question de savoir si Margaret devait conserver son statut sur la liste civile et continuer à représenter la reine. Finalement, Margaret conservera ses revenus et ses fonctions royales.

Fin de vie et décès

Margaret ne se remariera jamais. Plus tard dans sa vie, elle souffre d’une mauvaise santé. Elle meurt dans son sommeil à l’âge de 71 ans, à la suite d’une série d’accidents vasculaires cérébraux, à l’hôpital King Edward VII de Londres. Ses enfants sont à son chevet.

La reine Elizabeth visitant le Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa, vers 1943-1965.
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