Les parcs nationaux du Canada sont des aires protégées, établies en vertu de la législation fédérale, qui visent à protéger le patrimoine naturel du pays. Les Canadiens vivent dans un pays riche en beautés naturelles, qu'il s'agisse des grands paysages nordiques, des immenses bandes de forêt boréale, des forêts pluviales tempérées ou des pâturages des Prairies. Les troupeaux de bisons et de caribous, les grizzlys et les loups, les ours polaires et bien d'autres espèces rendent ces territoires encore plus vivants et inspirants. En 1998, le Parlement a adopté une loi qui a fait de Parcs Canada un organisme distinct responsable d'administrer le réseau de parcs du Canada. On compte aujourd'hui plus de 40 parcs nationaux et réserves de parcs nationaux au pays.

Protection et préservation

L'objectif des parcs nationaux du Canada est de représenter et de protéger des spécimens représentant la diversité du patrimoine naturel du pays et d'inciter la population à connaître, à respecter et à apprécier ce patrimoine naturel de manière à le conserver intact pour les générations futures. Les parcs nationaux sont une composante essentielle des stratégies de préservation de la biodiversité du pays. Parmi les divers symboles nationaux, on compte notamment les majestueuses montagnes du parc national Banff, les pâturages du parc national des Prairies et de la toundra arctique du parc national Ivvavik. Les parcs nationaux offrent un trésor de possibilités éducatives allant des expériences pratiques pour les visiteurs aux programmes de recherche en passant par les programmes éducatifs conçus pour faire connaître les parcs dans les écoles et les foyers. De plus, ils ont des retombées économiques importantes pour les collectivités locales et l'industrie touristique canadienne.

Pendant des millénaires, les paysages du Canada ont été principalement façonnés par les forces de la nature. De nos jours, cependant, l'agriculture et les activités industrielles modifient l'environnement à un rythme accéléré. La création et la gestion des parcs nationaux contribuent à endiguer ces changements causés par l'activité humaine et à protéger les zones naturelles. Chaque parc nous offre la possibilité non seulement de protéger et de préserver les paysages et la faune, mais aussi de restaurer les écosystèmes dégradés pour leur permettre de survivre sainement année après année.

Les parcs procurent aussi des possibilités d'activités récréatives compatibles avec la préservation à long terme de leurs ressources. Il est nécessaire de maintenir cet équilibre délicat entre la préservation des parcs dans leur état naturel et leur utilisation en toute sécurité, telle qu'on l'encourage, par la population. Le maintien de cet équilibre constitue une tâche d'envergure pour le personnel des parcs, qui doit étudier et documenter les ressources des parcs pour ensuite appliquer ces connaissances afin de réduire au maximum l'impact de l'activité humaine sur les écosystèmes des parcs, en plus d'inspirer et d'informer les visiteurs au cours de leur visite.

Les débuts

Le réseau des parcs nationaux canadiens a été créé en novembre 1885, quand le gouvernement a réservé à l'usage du public une zone d'environ 26 km2 située sur le versant nord du mont Sulphur. Cette région, le lieu historique national Cave and Basin, est à l'origine de ce qui est maintenant le parc national Banff. Des sources d'eau chaude y ont été découvertes en 1883 par trois employés qui travaillaient à la construction du premier chemin de fer transcontinental à travers les montagnes Rocheuses. Le gouvernement a décidé de ne pas accorder de titres fonciers privés pour ces terres, mais plutôt de les préserver au bénéfice de tous les Canadiens, une décision similaire à celle qui a conduit à la création dans l'Arkansas, en 1832, du parc national de Hot Springs, la première réserve naturelle des États-Unis.

En 1886, un arpenteur-géomètre du gouvernement fédéral est chargé de procéder au levé officiel de la réserve de sources chaudes. Dans un rapport faisant suite à ce travail, le commissaire des terres fédérales souligne qu'« un vaste territoire se trouvant à l'extérieur de la réserve originale présente des attraits de la plus grande beauté et possède toutes les caractéristiques pour devenir un parc national ». Un projet de loi visant la création du premier parc national au Canada est présenté à la Chambre des communes en avril 1887. La Loi du parc des Montagnes-Rocheuses est adoptée le 23 juin 1887, établissant ce qui est maintenant le parc national Banff. Réputé pour ses montagnes et ses sources d'eau chaude, Banff est considéré à l'échelle continentale comme l'une des principales zones protégées du corridor s'étendant de Yellowstone au Yukon, où un effort commun est déployé pour que les grizzlys et les loups puissent continuer à migrer à travers les grands écosystèmes.

Développement et organisation

Le parc de Banff devient un symbole du nouveau respect manifesté pour la nature. Les députés au Parlement et les dirigeants du Chemin de fer du Canadien Pacifique expriment un vif intérêt envers la création d'autres réserves. Dans les années qui précèdent 1895, on établit trois nouvelles réserves en montagne, où la vente, la colonisation et l'occupation des terres sont dorénavant interdites. Ces réserves deviendront plus tard les parcs nationaux Yoho, des Glaciers et des Lacs-Waterton. La disponibilité de vastes étendues de terres publiques vierges dans l'Ouest canadien et la volonté du gouvernement d'attirer les touristes dans l'Ouest grâce à la nouvelle voie ferrée continentale facilitent la mise sur pied des parcs nationaux des Rocheuses. Au début du 20e siècle, des mesures sont prises pour étendre le réseau des parcs nationaux dans l'est du Canada, en commençant par la création en 1904 du parc national des Îles-du-Saint-Laurent.

Le premier organisme au monde spécifiquement chargé de parcs nationaux, la Division des parcs du Dominion, voit le jour au Canada en 1911 sous l'autorité du ministère de l'Intérieur. James B. Harkin en est le premier commissaire, de 1911 à 1936. Au cours de son mandat, neuf parcs nationaux voient le jour : Elk Island (1913), Mont-Revelstoke (1914), Pointe-Pelée (1918), Kootenay (1920), Wood Buffalo (1922), Prince-Albert (1927), Mont-Riding (1929), Îles-de-la-Baie-Georgienne (1929) et Hautes-Terres-du-Cap-Breton (1936). Harkin met l'accent sur la protection des ressources naturelles de ces nouveaux parcs, les avantages d'explorer ces espaces naturels et la valeur touristique des parcs pour l'économie de la nation. Il veille à l'élaboration de la Loi sur les parcs nationaux, qui est approuvée par le Parlement en 1930. L'article 4 de la Loi énonce les principes directeurs de la gestion des parcs nationaux, qui sont « créés à l'intention du peuple canadien pour son agrément et l'enrichissement de ses connaissances; ils doivent être entretenus et utilisés conformément à la présente loi et aux règlements de façon à rester intacts pour les générations futures ». Cette déclaration continue d'être le principe fondamental qui guide la gestion des parcs nationaux, mais la Loi a été l'objet de deux mises à jour et porte maintenant le nom de Loi sur les parcs nationaux du Canada.

D'autres parcs nationaux s'ajoutent rapidement à celui de Banff pour finalement former un ensemble cohérent lorsque la Division des parcs du Dominion est créée, en 1911. Depuis, le réseau des parcs nationaux continue de prendre de l'ampleur grâce à d'autres programmes gérés par Parcs Canada. Aujourd'hui, les parcs nationaux sont une composante du réseau de lieux historiques du Canada, qui comprend les parcs historiques nationaux, les lieux historiques nationaux, les canaux historiques, les rivières du patrimoine canadien, les aires marines nationales de conservation et le site canadien des Pingos, qui comprend notamment le pingo Ibyuk et est situé à proximité de Tuktoyaktuk, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Il y a aujourd'hui plus de 40 parcs nationaux et réserves de parc national au Canada. Les réserves de parc national sont établies sur des territoires qui font l'objet de revendications territoriales non résolues. Ces territoires sont appelés à devenir des parcs nationaux, mais les délimitations et d'autres modalités ne seront fixées qu'au moment de la résolution des revendications territoriales. Les parcs nationaux et les réserves de parc national vont du Quttinirpaaq, à 660 km du pôle Nord, à la Pointe-Pelée, située à l'extrême sud du territoire continental canadien, et du Terra-Nova, sur la côte est de Terre-Neuve, au Gwaii Haanas, dans l'archipel Haida Gwaii (anciennement connu comme les îles de la Reine-Charlotte).

La superficie totale des parcs nationaux canadiens est de plus de 300 000 km2, un territoire équivalant à 53 fois la superficie de l'Île-du-Prince-Édouard, ou encore à 2,2 fois celle des trois provinces maritimes, et correspondant à plus de 3 % de la masse continentale du territoire canadien. Les parcs nationaux sont de tailles variées; la superficie du parc national Wood Buffalo se compare à celle de la Suisse, alors que le parc national de la Pointe-Pelée s'étend sur à peine 15 km2, mais se distingue par sa diversité biologique.

Législation

La Loi sur les parcs nationaux du Canada protège les parcs nationaux contre toute forme d'exploitation des ressources, y compris l'exploitation minière et forestière, l'exploration et l'exploitation gazière et pétrolière, les aménagements hydroélectriques et les activités commerciales liées à l'exploitation des ressources, comme la chasse sportive. Tous les efforts visent à permettre la pratique d'activités compatibles avec la protection des ressources des parcs tout en offrant aux visiteurs des possibilités exceptionnelles.

La première politique sur les parcs nationaux, établie en 1964, insistait déjà sur l'importance de protéger les ressources naturelles des parcs. En 1986, on approuve une politique distincte pour les parcs marins nationaux, maintenant appelés aires marines nationales de conservation. Actuellement, le document intitulé Principes directeurs et politiques de gestion de Parcs Canada comprend des politiques pour les parcs nationaux et les aires marines nationales de conservation. Il stipule que, dans le but de protéger les ressources, les parcs doivent veiller à ce que l'activité humaine interfère le moins possible avec les processus écologiques naturels. La politique fournit aussi un cadre pour la planification à long terme de nouveaux parcs et pour la fourniture aux visiteurs de services de qualité et de possibilités récréatives adéquates.

En 1988 et en 2000, le Parlement a modifié la loi régissant les parcs nationaux pour mettre l'accent sur l'intégrité écologique. À l'heure actuelle, la loi stipule que « la préservation ou le rétablissement de l'intégrité écologique par la protection des ressources naturelles et des processus écologiques sont la première priorité du ministre pour tous les aspects de la gestion des parcs ». L'objectif est de laisser les processus écologiques se dérouler avec une interférence minimale, assurant ainsi la pérennité de l'évolution naturelle des milieux terrestres et aquatiques et des espèces qui y vivent.

Cependant, sous certaines conditions, il arrive qu'on intervienne activement dans les processus écologiques naturels. Une telle intervention est nécessaire si l'équilibre des écosystèmes d'un parc a été perturbé par l'activité humaine à un point tel que l'environnement ne peut être restauré par les processus écologiques ou si les visiteurs, les installations ou les terres avoisinantes sont menacés. L'abattage des espèces surabondantes qui menacent des espèces en voie de disparition (les chevreuils dévorant les pâturages dans le parc national de la Pointe-Pelée, par exemple), la réintroduction d'espèces menacées (comme le putois d'Amérique) et l'utilisation du brûlage dirigé pour rétablir les écosystèmes tributaires des feux sont autant d'exemples d'intervention active pratiquée au sein des écosystèmes des parcs nationaux dans le but de préserver ou rétablir l'intégrité écologique.

La chasse sportive est interdite dans les parcs nationaux, mais la pêche sportive est permise dans la plupart des parcs dans des zones désignées. Bien des parcs nationaux, en particulier dans le Nord, sont des territoires habités par les peuples autochtones, qui continuent de dépendre de leurs ressources naturelles et dont les cultures témoignent d'une étroite relation avec le territoire. Le prélèvement des ressources traditionnellement pratiqué par les communautés autochtones à des fins de subsistance a toujours lieu dans de nombreux parcs nationaux. Cette pratique est soumise à des mesures de préservation des ressources (voir Conservation) et se fait selon des méthodes de gestion coopérative élaborées par des conseils de gestion où les peuples autochtones sont fortement représentés.

La protection et la gestion efficaces des parcs nationaux exigent une compréhension approfondie de leurs ressources, des processus écologiques qui les régissent et qui agissent sur eux et des effets de la présence humaine, qui entraîne des changements dans les processus naturels. Parcs Canada a mis au point plusieurs outils destinés à aider à approfondir cette compréhension, notamment un mode de gestion des ressources naturelles dont l'élément fondamental est une base de données exhaustive sur les ressources naturelles, régulièrement mise à jour pour l'ensemble des parcs, et par laquelle certains indicateurs de santé de l'écosystème d'un parc sont surveillés. De cette manière, on s'assure que l'écosystème est sain, que les risques potentiels et les sources de stress sont identifiés et que des mesures efficaces sont prises.

Le zonage est une méthode intégrée selon laquelle les terres et les nappes d'eau sont classées en fonction de l'écosystème, des exigences de protection des ressources culturelles, ainsi que de leur capacité à accueillir des visiteurs et de la pertinence de leur en permettre l'accès. En d'autres termes, il s'agit d'une technique qui vise à assurer un équilibre entre la préservation et l'utilisation et qui garantit que la plupart des terres constituées en parcs nationaux sont conservées à l'état sauvage.

Le réseau définit cinq zones dans lesquelles sont classées les terres et les nappes d'eau d'un parc selon leur fragilité et leur capacité d'accueillir des visiteurs. Dans la zone I, l'accès est strictement limité ou interdit. La zone II englobe la presque totalité du parc et est prévue pour protéger la faune caractéristique de cette région et permettre des activités de plein air qui ne nécessitent pas ou guère de services ou d'installations. L'accès motorisé est interdit dans les zones I et II. Les zones III et IV procurent des installations plus nombreuses pour les visiteurs et permettent un plus grand nombre d'activités. La zone V comprend les zones habitées, les centres de services aux visiteurs ainsi que les bureaux d'administration du parc.

En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral, Parcs Canada joue un rôle de premier ordre dans la protection et le rétablissement des espèces en voie de disparition. En fait, au Canada, la moitié des espèces en voie de disparition sont présentes sur les terres administrées par Parcs Canada. La LEP est un outil important que Parcs Canada utilise pour protéger et gérer les espèces en péril et leur habitat. Parcs Canada s'acquitte de ces tâches en 1) dirigeant les équipes chargées du rétablissement et en y participant; 2) élaborant et appuyant les programmes de rétablissement et les mesures prioritaires; 3) sensibilisant les Canadiens aux espèces en péril; 4) recueillant de l'information détaillée sur la répartition des espèces et leur population; 5) évaluant comment les activités peuvent toucher des espèces en péril dans les aires patrimoniales protégées de Parcs Canada et surveillant les effets de ces activités.

Création de nouveaux parcs nationaux

En 1970, il existait 20 parcs nationaux déjà établis ou en voie de l'être à la suite d'ententes signées en ce sens avec les provinces. Jusqu'à cette époque, le réseau des parcs nationaux n'était pas développé de façon systématique. Il constituait plutôt une collection d'endroits particuliers choisis dans certains cas par opportunisme politique ou parce qu'ils présentaient des accidents de relief ou encore comme l'aboutissement des efforts héroïques de citoyens dévoués. La création des parcs poursuivait aussi des objectifs variés (préserver des sites pittoresques remarquables, offrir des espaces récréatifs à l'échelle régionale, créer des réserves naturelles ou stimuler une économie chancelante dans des régions de chômage chronique). Il n'y avait aucune vision ni aucun objectif à long terme.

En 1968, le gouvernement fédéral a annoncé sa vision à long terme de créer de 40 à 60 nouveaux parcs au cours des années précédant 1985, année du centenaire du parc national de Banff, quoique, à ce moment, il ignorait encore où établir ces nouveaux parcs. Cette vision a pris forme au début des années 1970 avec le Plan du réseau des parcs nationaux. Ce document a guidé le développement d'un réseau fini de parcs nationaux s'appuyant sur le principe de la « représentativité ». Suivant ce principe, le Canada se divise en 39 régions naturelles de parcs nationaux.

L'objectif est de représenter chaque région naturelle dans le réseau des parcs nationaux. On distingue près de 30 régions naturelles dans les parcs nationaux et les réserves de parc national (certaines régions naturelles comptent plus d'un parc). Les Principes directeurs et politiques de gestion de Parcs Canada précisent le plan du système, notamment lorsqu'ils stipulent qu'il faut que la taille et la configuration des parcs 1) permettent de protéger des écosystèmes et des éléments du paysage représentatifs de la région naturelle; 2) soient adaptées aux habitats des populations viables d'espèces fauniques; 3) englobent un noyau qui a échappé en grande partie aux bouleversements survenus dans le paysage environnant et permettent de conserver l'intégrité du bassin versant; 4) offrent au public des possibilités de s'y instruire et de s'y détendre.

Depuis 1985, année du centenaire des parcs nationaux au Canada, les parcs nationaux et réserves de parc national suivants ont été créés : Quttinirpaaq (au Nunavut), Gwaii Haanas (en Colombie-Britannique), Aulavik (dans les Territoires du Nord-Ouest), Péninsule-Bruce (en Ontario), Prairies (en Saskatchewan), Vuntut (au Yukon), Wapusk (au Manitoba), Tuktut Nogait (dans les Territoires du Nord-Ouest), Sirmilik (au Nunavut), Îles-Gulf (en Colombie-Britannique), Ukkusiksalik (au Nunavut), Monts-Torngat (à Terre-Neuve-et-Labrador), et Île de Sable (au large de la Nouvelle-Écosse).

Des terres sont également réservées dans plusieurs régions naturelles non représentées afin de créer un parc national. C'est le cas sur l'île Bathurst (au Nunavut), dans la zone Thaidene Nene du bras oriental du Grand lac des Esclaves (dans les Territoires du Nord-Ouest) et dans les monts Mealy (au centre du Labrador). Des études de faisabilité sont également en cours dans le but d'établir d'autres parcs nationaux dans la région South Okanagan-Lower Similkameen (au centre-sud de la Colombie-Britannique et dans les basses terres du Manitoba). Parcs Canada essaie par ailleurs d'établir des parcs nationaux dans plusieurs régions naturelles déjà représentées, comme dans la région abritant le Nááts'ihch'oh, aussi appelé mont Wilson, afin de protéger le cours supérieur de la rivière Nahanni Sud, qui remonte dans la réserve de parc national Nahanni.

La collaboration avec les communautés autochtones est essentielle à l'établissement de parcs nationaux. Par exemple, en 2009, le Parlement canadien a pu compléter l'agrandissement du parc national Nahanni (qui a désormais 6 fois sa superficie initiale) grâce aux efforts combinés de Parcs Canada et de la Première Nation Dehcho, qui souhaitait protéger le bassin versant de la rivière Nahanni Sud. En faisant de Nahanni le troisième plus grand parc national au Canada, le partenariat entre le gouvernement du Canada et la Première Nation Dehcho a abouti à l'une des décisions de conservation les plus importantes de cette génération, contribuant notamment à la protection de l'habitat du grizzly et du caribou de cette région.

Activités pour les visiteurs

Au début, les parcs nationaux mettaient l'accent sur les installations récréatives axées sur les loisirs, comme les terrains de golf, les terrains de tennis et les centres de ski. Aujourd'hui, ils visent à offrir des possibilités de loisirs de plein air compatibles avec la protection à long terme des ressources naturelles et nécessitant un minimum d'installations.

Les randonnées pédestres, le canotage, le ski de randonnée et la raquette, par exemple, sont des activités jugées compatibles avec l'aménagement d'un parc. Tous les parcs nationaux ont un service de naturalistes qui interprètent l'environnement du parc au profit des visiteurs et les renseignent sur les activités de loisirs. Les programmes d'interprétation sont conçus non seulement pour renseigner les visiteurs sur les attraits du parc, mais aussi pour faciliter l'apprentissage par l'expérience.

Rôle international

Le réseau canadien des parcs nationaux est associé à un réseau mondial qui compte plus de 100 000 régions protégées dans 120 pays et couvre près de 12 % de la surface du globe. En tant que membre de l'Union internationale pour la conservation de la nature, Parcs Canada contribue à l'élaboration de normes et de critères acceptés à l'échelle internationale. Parcs Canada est également le premier organisme responsable de l'acquittement des obligations contractées par le Canada en vertu de la Convention du patrimoine mondial, sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). La Convention reconnaît la responsabilité de toutes les nations de protéger les sites dont la valeur naturelle et culturelle est si remarquable que l'on considère qu'ils font partie du patrimoine de l'humanité. Les parcs nationaux et réserves de parc national Kluane, Nahanni, Wood Buffalo et du Gros-Morne et le parc national des Lacs-Waterton, le parc historique national de L'Anse aux Meadows, les schistes de Burgess du parc national Yoho et l'Île Anthony (mieux connu sous son nom haida : SGang Gwaay), la réserve de parc national Gwaii Haanas ont été désignés sites du patrimoine mondial. Les parcs nationaux Yoho, Jasper, Banff et Kootenay, ainsi que les parcs provinciaux du mont Robson, du Mont Assiniboine et Hamber (en Colombie-Britannique) forment ensemble le site du patrimoine mondial des parcs des montagnes Rocheuses canadiennes.

Quant aux parcs nationaux des Lacs-Waterton, du Mont-Riding, de la Péninsule-Bruce, des Îles-du-Saint-Laurent, Fundy, Kejimkujik et des Îles-de-la-Baie-Georgienne, ils ont été choisis comme réserves de la biosphère dans le cadre du Programme sur l'homme et la biosphère de l'UNESCO, qui souligne des exemples remarquables d'écosystèmes naturels partout dans le monde. Ainsi, non seulement ces régions contribuent de façon significative à la protection de zones naturelles déterminées, mais elles contribuent également à de plus vastes initiatives de conservation régionale et mondiale.

Défis

Onze des 39 régions naturelles ne sont toujours pas représentées dans le réseau des parcs nationaux. Parcs Canada doit obtenir l'appui des gouvernements provinciaux et territoriaux, des peuples autochtones et des communautés locales pour établir de nouveaux parcs nationaux. L'agence est actuellement en pourparlers concernant cinq des régions naturelles non représentées. Ces nouvelles zones contribueraient de façon significative à la protection de la forêt boréale canadienne, de l'habitat du caribou, des cours d'eau et des espèces en voie de disparition.

L'une des menaces les plus répandues qui pèsent sur l'intégrité écologique des parcs nationaux, en particulier ceux des régions du sud du Canada, est le morcellement des habitats. Cette menace se fait sentir lorsque les terres entourant un parc ont été transformées en terrains agricoles, urbains, miniers ou forestiers. Bon nombre des habitats des parcs du Sud ne sont que des parcelles de l'habitat original et subissent ainsi directement les effets des changements apportés aux terrains adjacents. Des espèces qu'on trouve actuellement dans les parcs pourraient ne pas survivre à long terme, à moins que des mesures ne soient prises avec la coopération des responsables de la gestion locale et régionale des terres.

Parcs Canada entend établir une approche coopérative régionale en formant des partenariats avec les industries agricole et forestière, les communautés autochtones, les propriétaires de terres privées, les groupes environnementalistes, les organismes de parcs provinciaux et d'autres groupes. Les programmes de forêts modèles des parcs nationaux Pacific Rim, Prince-Albert, Jasper et Fundy et les programmes de réserves de la biosphère sont des exemples concrets de cette approche de vaste coopération régionale dans la gestion des parcs.

Au moment de son centenaire en tant que premier service de parcs nationaux au monde, Parcs Canada a pour objectif de veiller à ce que les parcs nationaux demeurent pertinents pour la société canadienne en conservant et mettant en valeur quelques paysages emblématiques du Canada. Cet intérêt se reflète dans les efforts déployés pour protéger des spécimens importants pour la diversité biologique de la nation et garantir que les parcs nationaux contribuent à endiguer les effets du changement de climat sur les écosystèmes. L'agence souhaite également que la population davantage urbanisée, qui comprend de nouveaux arrivants et des jeunes de plus en plus étrangers à la nature, ait l'occasion unique et inspirante de profiter de la nature dans les parcs nationaux pour qu'ainsi ils comprennent l'importance de préserver la nature et de conserver les parcs nationaux dans leur état actuel au bénéfice des générations à venir. Conformément à ce mandat, Parcs Canada a annoncé, en 2013, la conclusion d'un accord avec l'Ontario visant à créer le parc national urbain de la Rouge, dans la vallée de la Rouge, près de Toronto.

Liste des parcs nationaux et des réserves de parcs nationaux du Canada

Parc/Réserve nationaux Province / Territoire Année de création Superficie du parc (km2)
Parc national du Canada Banff Alberta 1885 6 641
Parc national du Canada des Glaciers Colombie-Britannique 1886 1 349,3
Parc national du Canada Yoho Colombie-Britannique 1886 1 313,1
Parc national du Canada des Lacs-Waterton Alberta 1895 505
Parc national du Canada Jasper Alberta 1907 10 878
Parc national du Canada Elk Island Alberta 1913 194
Parc national du Canada du Mont-Revelstoke Colombie-Britannique 1914 259,7
Parc national des Mille-Îles (autrefois parc national des îles-du-Saint-Laurent) Ontario 1914 24
Parc national du Canada de la Pointe-Pelée Ontario 1918 15
Parc national du Canada Kootenay Colombie-Britannique 1920 1 406,4
Parc national du Canada Wood Buffalo Alberta et Territoires du Nord-Ouest 1922 44 802
Parc national du Canada de Prince Albert Saskatchewan 1927 3 874,3
Parc national du Canada du Mont-Riding Manitoba 1929 2 973,1
Parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne Ontario 1929 25,6
Parc national du Canada des Hautes-Terres-du-Cap-Breton Nouvelle-Écosse 1936 948
Parc national du Canada de l'Île-du-Prince-Édouard Île-du-Prince-Édouard 1937 21,5
Parc national du Canada Fundy Nouveau-Brunswick 1948 205,9
Parc national du Canada Terra-Nova Terre-Neuve et Labrador 1957 399,9
Parc national du Canada Kejimkujik Nouvelle-Écosse 1974 403,7
Parc national du Canada Kouchibouguac Nouveau-Brunswick 1979 239,2
Réserve de parc national du Canada Pacific Rim Colombie-Britannique 2001 285,8 (land only)
Parc national du Canada Forillon Québec 1974 240,4
Parc national du Canada de la Mauricie Québec 1970 536,1
Parc national du Canada Pukaskwa Ontario 1978 1 877,8
Parc national et réserve de parc national du Canada Kluane Yukon 1976 22 013,3
Réserve de parc national du Canada Nahanni Territoires du Nord-Ouest 1976 30 000 (approx.)
Parc national du Canada Auyuittuq Nunavut NPR 1976; NP 2001 19 089
Parc national du Canada du Gros-Morne Terre-Neuve et Labrador 1970 1 805
Parc national du Canada des Prairies Saskatchewan 1981 906,4
Réserve de parc national du Canada de l'Archipel-de-Mingan Québec 1984 150,7
Parc national du Canada Ivvavik Yukon 1984 9 750
Parc national du Canada Quttinirpaaq Nunavut 1988 37 775
Parc national du Canada de la Péninsule-Bruce Ontario 1987 156
Réserve de parc national, réserve d'aire marine nationale de conservation, et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas Colombie-Britannique 1993 1 495
Parc national du Canada Aulavik Territoires du Nord-Ouest 1992 12 200
Parc national du Canada Vuntut Yukon 1995 4 345
Parc national du Canada Wapusk Manitoba 1996 11 475
Parc national du Canada Tuktut Nogait Territoires du Nord-Ouest 1998 18 181
Parc national du Canada Sirmilik Nunavut 1999 22 252
Réserve de parc national du Canada des Îles-Gulf Colombie-Britannique 2010 36 (land only)
Parc national du Canada Ukkusiksalik Nunavut 2003 20 500
Parc national du Canada Monts-Torngat Terre-Neuve et Labrador NPR 2005; NP 2008 9 700
Parc marin national du Canada Fathom Five Ontario 1987 112
Aire marine nationale de conservation du Canada du Lac-Supérieur Ontario 2007 10 000
Réserve de parc national Nááts'ihch'oh Territoires du Nord-Ouest 2012 4 850
Réserve de parc national de l'île de Sable Nouvelle-Écosse 2011 34
Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent Québec 1998 1 246